Nous continuons aujourd’hui de mettre en avant ces commerçants qui font tourner leur entreprise pendant la crise. Des maraîchers, des vignerons, des bouchers et des dizaines d’adresses qui proposent leurs produits en livraison, que nous avons recensé dans un annuaire complet. Ces entreprises et les personnes qui y travaillent, si précieuses en ce moment, nous souhaitons les mettre en lumière pour mieux comprendre leur métier, leurs valeurs, et parfois même leur combat permanent pour une alimentation plus saine et une agriculture durable.

Après vous avoir ouvert les portes de Balzac Café, de Ziegler Primeurs, de La Coccinelle d’Alsace, d’Omnino, de Thématis de la Boucherie Spiesser, ou encore du Domaine Lissner, nous allons aujourd’hui parler d’une petite entreprise devenue grande en quelques semaines seulement. Bienvenue chez Proxieat.

Un projet local né en 2018 qui démarre tout doucement

Proxieat est un tout jeune commerce dont l’activité de vente de fruits et légumes bio a débutée en octobre 2018. Pas de point de vente, l’entreprise vend ses produits uniquement sur internet. Des produits frais acheminés au Marché Gare et directement livrés par tous les temps à Strasbourg et alentours.

C’est Guillaume qui tient les rennes de ce petit projet aux grandes ambitions. C’est un jeune homme conscient des problématiques écologiques et des difficultés de chacun à s’approvisionner en fruits et légumes bio de qualité, surtout lorsque l’on vit en ville.

Guillaume le jeune patron de Proxieat
© B.P. / Pokaa

Il a donc tout mis en œuvre pour livrer ses pommes, ses fraises, ses asperges et ses 30 références de fruits et légumes bio à vélo, sans utiliser de carburant ni d’emballage.

Il l’avoue volontiers : les débuts ont été difficiles. L’entreprise est jeune et la mise en place du projet a nécessité de nombreux sacrifices pour respecter le strict cahier des charges écolo que Guillaume avait fixé. Mais doucement il y est arrivé. L’écologie et le « consommer mieux » ont alors pris tout leur sens puisqu’ils sont entrés dans chaque maillon de l’entreprise, de l’approvisionnement à la livraison aux pieds de nos habitations.

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En plus de proposer des fruits et légumes cultivés sans produits chimiques, Guillaume et sa troupe ont poussé le projet encore plus loin. Ils proposent à ceux qui le souhaitent de récupérer leur compost une fois par semaine, de le transformer en ressource (engrais bio) et de mettre cette ressource à disposition des maraîchers. Le consommateur est donc lui aussi un maillon de la chaîne, un acteur dans la production de fruits et légumes grâce à ses propres déchets organiques.

« Nous permettons aux consommateurs d’avoir un échange tout particulier avec les producteurs. Le compost est récupéré et transformé en ressource propre et utile pour les producteurs locaux. Chacun, à son niveau et avec ses moyens, fait partie de la chaîne éco-responsable. Non seulement les Strasbourgeois sont sensibles à notre démarche zéro carburant (zéro déchet et zéro emballage), mais ils sont aussi très satisfaits d’être acteurs du projet grâce au système de compostage. Le fait d’ajouter ce système à notre démarche les a conquis justement parce que celui-ci va au bout d’un projet écologique bien construit. Nous avons créé une chaîne de A à Z sans toxicité, entièrement éco-responsable et les Strasbourgeois l’ont adopté. »

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Une augmentation de 65% de l’activité depuis le début du confinement

Aussi, avant la crise, la plupart d’entre nous n’avaient pas entendu parler de Proxieat. Les supermarchés étant proches et la plupart des citadins y étant habitués, on ne se posait pas spécialement la question. Mais lorsque la crise est arrivée et que les files d’attente se sont allongées devant les Auchan, Super U et autres Leclerc, on a tous cherché d’autres alternatives de consommation plus responsables. C’est là que le bouche à oreille a fonctionné, et il a même très bien fonctionné… Proxieat a alors profité d’un nouveau souffle.

C’est colossal. Aujourd’hui Guillaume et ses collègues traitent en moyenne une cinquantaine de commandes par jour. Le responsable a pu (et même dû), pour répondre à la demande en temps de crise, investir dans un nouveau local pour stocker les produits et a au passage salarié 4 nouvelles personnes en 1 mois ! Il est difficile de savoir si ces nouveaux clients fuient les grandes surfaces par craintes du virus, s’ils ont pris conscience de l’urgence climatique ou s’ils souhaitent simplement consommer autrement. Les raisons d’une telle croissance sont nombreuses et Guillaume a sa petite idée sur la question :

« J’ai tendance à penser que les Strasbourgeois se rendent compte, en ces temps de crise, que la nature et les Hommes ne font qu’un. Naturellement, ces dernières semaines, ils ont voulu consommer mieux et s’éloigner des supermarchés. Alors ils ont cherché des commerçants comme moi capables de leur apporter une solution viable et durable. Avec la crise, les gens nous ont découvert, ils se sont rendu compte que nos valeurs leur correspondent, que nos produits sont de qualité et que nous pouvons leur proposer tout une chaîne de consommation éco-responsable.« 

© B.P. / Pokaa

Des efforts et une vision récompensés… Et après ?

Après les récents investissements pour faire évoluer le projet, une toute nouvelle voiture (électrique bien sûr) arrive également dans les prochains jours. Elle les aidera à livrer en temps et en heure les fruits et légumes d’été qui arrivent doucement, tout en respectant les valeurs si chères à Guillaume et son équipe. Toutefois, pas de précipitation, pas d’emballement, Guillaume sait qu’il ne faut pas aller trop loin, trop vite. La pérennité de son entreprise et l’emploi stable de ses salariés sont en jeu.

« Nous sommes très heureux d’avoir un local d’où partent les commandes toute la journée. Nous devons pour l’instant faire en sorte que celles-ci soient livrées en temps et en heure et après nous verrons pour l’évolution de l’entreprise. Car bien évidemment, cette croissance doit être gérée. Nous ne sommes par exemple plus capables de livrer aussi rapidement qu’avant. Les colis peuvent prendre entre deux et trois jours pour arriver, un délai qui varie en fonction du nombre de commandes bien sûr. L’activité grandit, certes, mais il faut maintenant la gérer, nous ne pouvons pas encore penser à l’après et nous ne savons pas si les clients de crise vont rester fidèles. Mais nous travaillons au maximum pour respecter nos engagements. D’ailleurs, je souhaite présenter mes excuses à ceux qui n’ont pas eu leur commande le jour souhaité. »

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Voilà, vous en savez plus sur cette jeune start-up pas tout à fait comme les autres, constituée d’une jeune équipe qui en veut. Une équipe qui semble très concernée, très consciente, qui travaille avec le goût du partage et du bon produit. En passant leur faire un coucou dans leur nouveau local, nous avons croisé des femmes et des hommes rieurs, des personnes qui sont conscientes qu’elles font un travail en accord avec leurs principes, et par les temps qui courent ça fait tout simplement chaud au cœur.

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