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5 raisons qui font de Strasbourg une ville d’illustration (n’en déplaise à Macron)

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La Mairie a tiqué et nous aussi… La nouvelle est tombée la semaine dernière : Paris a été choisie pour héberger la Maison du dessin de presse et du dessin satirique, au détriment de Strasbourg qui fut « longtemps dans la course » comme l’écrit l’Eurométropole de Strasbourg dans un communiqué. Macron a tranché : c’est la capitale qui l’emporte. Un soufflet pour une ville qui a hébergé Tomi Ungerer, Gustave Doré et Gutenberg. Mais quoi qu’en pense le président de la République : voici cinq bonnes raisons (au moins) qui font de Strasbourg une ville riche d’illustration.


« Strasbourg prend acte de la décision du président de la République d’installer la Maison du dessin de presse à Paris ». C’est ainsi que commence le communiqué du service presse de l’Eurométropole de Strasbourg qui « tient à faire savoir sa déception de ne pas accueillir un tel établissement sur son territoire ». En lice aux côtés de Limoges et Paris, Strasbourg n’aura finalement pas convaincu Emmanuel Macron d’y implanter ce qui aura comme objectif d’être à la fois « un lieu de rencontres permettant la création, la valorisation et la promotion du dessin de presse et du dessin satirique » et de permettre « l’accompagnement de ses créateurs » comme l’explique le Ministre de la Culture Franck Riester, dans un communiqué de presse du 7 janvier. Un projet d’abord mené par feu Georges Wolinski – décédé lors de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015 – puis par Maryse Wolinski, son épouse.

© Charlie Picci-Claude / Pokaa « Le siège de Strasbourg 1870 », 1997. Collection privée Robert Walter. Tomi Ungerer, Mes Cathédrales, Éditions de La Nuée Bleue / DNA, Strasbourg, 2007, p.38.

Un choix qui ne favorise pas la décentralisation de la Culture, et qui nie l’apport de Strasbourg dans ce domaine. Jeanne Barseghian déclare d’ailleurs à ce propos : « Si le choix de Paris – profondément meurtrie en 2015 par les attentats de Charlie Hebdo –  fait sens à plus d’un titre, la candidature de Strasbourg était tout aussi pertinente, notamment grâce à la vitalité de son écosystème en matière d’illustration et de tradition satirique. Ce projet est aussi en totale cohérence avec les valeurs que nous défendons dans la Capitale européenne et des droits humains : celles, non négociables, de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ». Et en effet selon nous aussi, Strasbourg avait plusieurs raisons de l’emporter.


Son Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Figure locale et internationale, titulaire d’un prix Hans-Christian-Andersen d’illustration (une distinction proche du Prix Nobel de littérature pour le livre jeunesse), on ne présente plus Tomi Ungerer. À la fois illustrateur pour la jeunesse, et caricaturiste malicieux, le Strasbourgeois commence dès 1975 à partager certaines de ses œuvres personnelles aux Musées de Strasbourg. Ces derniers recueillent à ce jour plus de 14 000 de ses dessins (ainsi que 1 500 jouets collectionnés par celui qui resta toute sa vie un grand enfant).

Musée Tomi Ungerer- ©Thibaut Bernardin

En 2007, lui est dédié dans sa ville natale, un musée dans la magnifique demeure de la villa Greiner, place Broglie : le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration. En sus des œuvres de l’artiste, 1700 œuvres d’illustrateurs internationaux viennent compléter la collection, ainsi qu’un conséquent fonds documentaire (comprenant une bibliothèque, une vidéothèque et des archives de presse).

Le musée – qui renouvelle régulièrement ses accrochages – consacre par ailleurs depuis novembre une exposition inédite en France : « Rire à pleines dents. Six siècles de satire graphique ». À découvrir jusqu’en mars, c’est une première « depuis plus d’un demi-siècle dans une grande institution française », précise à ce propos l’Eurométropole de Strasbourg, qui note également que « la satire et le dessin de presse ont toujours été liés à Strasbourg. Au printemps dernier, la Ville de Strasbourg avait choisi ce thème à l’occasion des 6e Rencontres de l’Illustration, preuve de son attachement à cet exercice ».

© Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration


La HEAR – Haute-école des Arts du Rhin et ses illustres élèves

« Établissement public de coopération culturelle », situé entre Strasbourg et Mulhouse, la HEAR – Haute-école des Arts du Rhin regroupe plusieurs structures dont la très réputée École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Cette dernière, fondée en 1892, a depuis 1974 un « Atelier d’illustration » dont de nombreux illustrateurs et auteurs de bandes dessinées sont issus.

L’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg (HEAR) © Florian Crouvezier

La liste est longue mais citons par exemple le Canadien John Howe, chargé par Peter Jackson – aux côtés d’Alan Lee – de la direction artistique de la saga du Seigneur des Anneaux, ou toujours du côté du cinéma : John Coven, concepteur de story-board à Hollywood (le récent Jumanji, Venom, Le Roi Lion, mais aussi Jurassic World, des X-men, etc.). Sans oublier l’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, autrice de bédé et réalisatrice (Persepolis, Poulet aux prunes…). Mais également l’incontournable Blutch, qui s’est d’abord illustré dans Fluide Glacial avant de s’imposer dès les années 90 comme une des figures de sa génération.

Plus récemment : Boulet, ou les illustratrices Anouk Ricard, Lisa Mandel et Catel Muller (que vous avez certainement croisée, gamins, dans des bouquins aux éditions Bayard). Ou la jeune génération : les excellents Marion Fayolle et Simon Roussin, déjà en haut de l’affiche.

Planche de La beauté (2008), © Blutch


Un vivier d’artistes

Strasbourg regorge d’illustrateurs, attirés en partie par ses formations – à l’instar de la HEAR – ou par les avantages qu’elle propose pour de jeunes artistes en émergence. Chez Pokaa, on aime valoriser les artistes locaux et nombreux sont ceux qui témoignent être tombés amoureux de Strasbourg pour son cadre de vie propice à la création et pour son réseau d’artistes déjà installés.

On vous présentait en 2021, le Strasbourgeois Adrien Yeung qui s’apprêtait à sortir son premier bouquin, un recueil de ses planches BD : Tout brûle comme prévu.

Mais on peut reparler de l’imagerie pop-religieuse d’Alix Stemmelin, illustrateur-styliste-dessinateur BD ; de la Cathédrale au BIC 4 couleurs d’Alix Videlier, ou les « petits culs » d’Organe K. Sans oublier les univers colorés de Léonie Koelsch, Kamille Plumecocq ou Florimond Mochel, et bien d’autres…



Sans compter celles et ceux qui habillent les murs de la ville, voire même le réseau trams-bus de la CTS : les fresques écolo de Dan23, les jeux de mots poétiques des Murs ont des oreilles, la jungle de MissyOn est loin d’en avoir fait le tour : c’est qu’ils sont nombreux à Strasbourg !

À (re)découvrir : notre section « Artiste » avec des portraits d’artistes de Strasbourg et sa région


Les collectifs et ateliers cool de la ville

Comme la ville attire des centaines d’artistes, elle permet l’éclosion de pléthore de collectifs et d’assos, favorisée en partie par la mise à disposition d’ateliers à prix réduits par l’Eurométropole de Strasbourg. Le premier : le gigantesque Bastion 14 derrière la gare qui abrite une centaine d’artistes par an.

La cour du Bastion 14 © Fanny Soriano / Pokaa
Ainaz Nosrat au Bastion 14 © Fanny Soriano / Pokaa

Dans les locaux de la Coop se niche aussi une scène artistique vive, regroupée en partie au sein du collectif CRIC ou au Garage COOP. À l’instar de l’asso Central Vapeur qui fête ses 12 ans cette année. Créée dans l’optique de valoriser et diffuser les arts graphiques (illu, bande-dessinée et dessin contemporain), elle est connue pour son festival éponyme et les 24h de l’illustration. Mais elle a développé en parallèle un réseau d’aide aux jeunes artistes pour les épauler dans leurs démarches administratives, sociales, juridiques ou financières.

Et puis, chaque quartier a son lot de petits ateliers comme celui de l’Atelier du Bain aux Plantes à la Petite France, ou d’autres à découvrir lors des Ateliers Ouverts qui permettent chaque printemps depuis 1999, de s’immiscer dans l’intimité des artistes locaux, grâce à l’impulsion d’Accélérateurs de Particules. Une asso « dédiée à l’organisation d’évènements, d’expositions et à la valorisation d’artistes français, suisses et allemands ».

L’atelier du Bain aux Plantes
© Fanny Soriano / Pokaa


Berceau de l’imprimerie : de Gutenberg à de la BD 100% strasbourgeoise

En parallèle, la bédé strasbourgeoise a de l’avenir : on avait d’ailleurs préparé une sélec’ 100% locale. Mais bien avant les bouquins de Simon Roussin ou Timothée Ostermann, fervent supporter du Racing, Strasbourg a marqué l’histoire de l’imprimerie avec son inventeur, Gutenberg. C’est en 1434 qu’il y fait ses premiers essais d’impression, avec la Bible. Depuis, l’histoire du Livre a fait du chemin, mais notre ville continue de se positionner tant du point de vue de l’édition que des presses.


Le Garage COOP accueille ainsi l’Atelier Garage Print, où on retrouve le jeune studio d’édition Gargarismes, mais surtout : les éditions 2024. Nées en 2010 de l’envie commune d’anciens des Arts Déco’ (aujourd’hui la HEAR) « d’éditer les copains », elles ont réussi à se faire une place dans le milieu de l’édition française. Un de leurs gros succès : les ouvrages jeunesse en 3D Jim Curious de Matthias Picard qui ont cartonné dans le monde entier.


Plus alternatif et artisanal et à deux pas du Bastion 14, le discret Papier Gâchette, qui est à la fois un atelier partagé, et une imprimerie qui sort ses propres créations : édition, typographie, sérigraphie, gravure, lithographie et reliure. Une asso qui anime parfois des ateliers découverte de l’impression manuelle, et qui s’engage à ne proposer que des créations à tarifs abordables. On adore.



On vous le dit : entre Strasbourg et l’illustration, n’en déplaise à Macron, c’est une belle et longue histoire d’amour.

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Commentaires (1)

  1. Bonjour, et merci pour cet excellent papier. Je vous confirme, pour avoir rédigé le rapport préliminaire, que la ville avait un excellent dossier. Cependant, à l’époque de ce rapport, elle n’avait plus de lieu à proposer, le lieu retenu par l’ancien Maire de Strasbourg n’étant plus jugé opportun par la nouvelle municipalité. C’est ce qui m’avait conduit à faire de Paris mon premier choix et de Strasbourg mon second. La ville de Strasbourg était très partante pour le projet.

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