Hier après-midi, le Premier Ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran ont organisé une conférence de presse sur le parvis de Matignon. L’objectif ? Un état des lieux exhaustifs des forces et des faiblesses de la stratégie française pour lutter contre le coronavirus, avec toute la transparence possible. Trois stratégies ont été évoquées : la stratégie médicale, la stratégie épidémiologique, c’est-à-dire faut-il tester à grande échelle et enfin la stratégie de la protection du personnel médical. On vous a fait un résumé de ce qu’il fallait retenir.

Un rappel pédagogique sur le coronavirus

« Je veux parler clair aux Français. » Edouard Philippe commence fort. Il rappelle également que près de la moitié de l’humanité est confinée aujourd’hui. On doit faire face à un défi considérable, un effort qui doit s’inscrire dans la durée. « Le combat ne fait que commencer. Les 15 premiers jours d’avril seront plus difficile encore que ceux qui viennent de s’écouler. »

Le but de cette conférence de presse est d’expliquer le plus clairement possible les choix, stratégies et contraintes du gouvernement. Intervient alors Karine Lacombe, cheffe de service en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Elle déclare que le virus est très contagieux : chaque personne infectée peut en infecter deux ou trois autres. Il est également très difficile d’isoler les personnes concernées. 80 à 85 % des cas sont bénins. Les 15% restants sont des cas sévères, jusqu’à peut-être l’admission dans un service de réanimation. Elle donne enfin une donnée importante : 58 ans est l’âge médian des personnes en passage en réanimation.

Objectif : Aplanir la courbe

Un des nerfs de la guerre menée contre ce coronavirus concerne ainsi la capacité d’accueil des hôpitaux. En effet, si le virus se propage vite, la capacité d’accueil se voit mise à rude épreuve. En France, il y a pour le moment 5 000 lits dans les services de réanimation. Les deux grandes idées du gouvernement sont les suivantes :

  • Augmenter la capacité d’accueil des services de réanimation
  • Aplanir la courbe : moins de cas sévères donc moins de cas en réanimation.

C’est pour aplanir cette courbe qu’a été décidé le confinement avec distanciation sociale. Pour une raison simple : le nombre de cas positifs « double tous les trois à quatre jours » et il est impératif de permettre aux hôpitaux de pouvoir gérer l’afflux toujours plus important de patients.

Edouard Philippe poursuit avec entrain : « Le découragement ne fait pas partie de la gamme d’émotion que je m’autorise. Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu retard sur la décision. » En France, ce confinement a été décidé alors qu’il y avait moins de 8 000 cas et de 200 morts. Il faudra désormais attendre la fin de la semaine prochaine, pour que l’indicateur principal, à savoir les admissions quotidiennes en réanimation, ait du sens. Et ainsi que le gouvernement puisse en tirer des conséquences et donner une impulsion pour la suite à donner au confinement.

La question de la capacité d’accueil des hôpitaux et des EHPAD

Quant au renforcement de la capacité d’accueil des hôpitaux, c’est le ministre de la Santé Olivier Véran qui en parle. Plus de 600 établissements en France sont capables de recevoir des patients atteints du coronavirus. Certains conservent des « places libres », pour les autres régions ou quand l’épidémie frappera. L’enjeu majeur reste les réanimations et le ministre déclare : « De 5 000 lits on est passé à 10 000 lits. L’objectif de 14 000 à 14 500 lits. »

De plus, ce seront 50 patients qui seront transférés en train de la région Grand Est vers d’autres régions moins touchées ce week-end. Enfin, concernant les EHPAD, Olivier Véran pourquit : « Je demanderai que nous puissions tester en priorité le personnel des EHPAD ». Il appelle à un isolement individuel des personnes résidantes, mais aussi à ce que les personnels de ces établissements en sortent le moins possible.

Masques et dépistages, les deux grandes priorités d’actions

En France ce sont 8 millions de masques produits en France chaque semaine. Alors que dans le même temps, comme le précise Olivier Véran, « nous en consommons 40 millions. » Dès lors, forcément, c’est un sujet majeur au sein de cette crise sanitaire. C’est pourquoi il y a eu ces derniers temps une réorientation très forte de l’industrie textile et du papier, et l’usage de 60 millions de masques dits « périmés », mais toujours efficaces. Enfin, l’innovation française bat son plein pour la confection de masques destinés aux personnels non-soignants.

Certains masques destinés aux personnels non-soignants seront lavables « au moins cinq fois ». En outre, la France a commandé un milliard de masques à la Chine.

En ce qui concerne les tests, la stratégie du gouvernement a évolué avec l’épidémie et les données de la science. « Au stade 1, tout ce qui était cas suspect et cas contacts étaient dépistés. Le tout en suivant les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. » précise Olivier Véran. La France commence désormais à dépister massivement et d’ici la fin de la semaine prochaine, elle devrait être capable d’effectuer 29 000 tests par jour. « On est à 12 000 tests aujourd’hui et 30 000 tests d’ici la fin de semaine et 50 000 d’ici la fin du mois d’avril. » développe le ministre de la Santé.

Il existe deux enjeux majeurs dans cette question des dépistages. Le premier concerne les tests rapides. C’est-à-dire ceux étant réalisés au lit du malade ou dans la rue et qui permettent d’avoir un rendu de résultats en quelques minutes. Olivier Véran développe à ce sujet : « Ce sont 5 millions de tests rapides qui ont été commandés pour arriver aux 30 000 tests supplémentaires par jour en avril, 60 000 en mai, 100 000 tests rapides en juin pour la période de déconfinement. »

Cette période de déconfinement sera aussi importante en ce qui concerne la sérologie, à savoir être immunisé contre le virus ou non, parfois sans le savoir. L’heure est pour l’instant aux expérimentations de manière solide dans les prochaines semaines pour être prêt à l’heure du déconfinement. Enfin, concernant les traitements, le ministre est clair : « Pour l’instant, il n’en existe pas. » Néanmoins, la recherche avant et « il y a 13 projets de recherche clinique qui sont déjà en cours, et une dizaine obtiendront rapidement un agrément clinique. »

Rappel de la situation actuelle en Alsace

Enfin, plus en détail sur l’Alsace et Strasbourg, on fait le rappel de la situation :

Si aucune annonce est réellement novatrice, ce qui ressort de cette conférence de presse est un effort de pédagogie gouvernementale. En outre, désormais, chaque semaine, le mardi et le mercredi, le gouvernement répondra aux questions des députés et des sénateurs. Alors que le confinement s’inscrit sur la durée, il faudra attendre la fin de semaine prochaine avec attention : c’est normalement là que se mesureront les premiers effets du confinement sur la courbe des cas et des décès. En attendant : prenez soin de vous.

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