Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes noyés d’informations toutes plus anxiogènes les unes que les autres. Entre le nombre de victimes du virus qui s’alourdit de jour en jour, les appels à l’aide du corps médical et le travail acharné de milliers de personnes qui veillent à ce que le pays puisse tout de même accéder aux soins, à la nourriture, à la culture et au calme, il est tout à fait normal que certains d’entre nous puissent se sentir submergé par des angoisses, de l’anxiété, qu’on a bien envie d’évacuer. Voici donc dix choses que l’on peut faire chez soi, afin de se recentrer et de se détendre, dix conseils (non-exhaustifs) pour retrouver un peu de calme et de sérénité.

Conseil n°1 : Le sport

Oui je sais, c’est ce que tout le monde nous répète à longueur de journée ! Mais savez-vous pourquoi le sport peut être bénéfique surtout durant cette période ? Pendant la pratique du sport, le corps sécrète différentes hormones comme l’adrénaline et l’endorphine. Des études montrent que ces hormones ont un effet bénéfique sur le stress et l’état d’anxiété que l’on peut ressentir, et réduisent considérablement nos angoisses. Qu’il s’agisse de yoga, de cours de CrossFit en ligne, de gym ou de vélo d’appartement, le résultat est sans appel : rien de tel qu’une bonne séance de sport pour se défouler, se vider la tête, et laisser notre corps se remplir de toutes ces hormones euphorisantes qui nous font le plus grand bien.

Conseil n°2 : La méditation de pleine conscience

Depuis quelques temps, on entend parler de cette pratique à toutes les sauces. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement et quels en sont les effets ? La méditation consiste à s’arrêter quelques instants afin de prendre du temps pour soi et de prêter attention à nos émotions actuelles, nos pensées, nos ressentis, ainsi que notre environnement. C’est se concentrer sur le moment présent. Méditer régulièrement apporte de nombreux bienfaits : augmentation de la capacité de concentration au quotidien, baisse du stress et de l’anxiété, prise de recul par rapport au quotidien, hausse de l’estime de soi, meilleure gestion de ses émotions, relaxation, renforcement du système immunitaire, etc.

Comment s’y prend-on ? Rien de plus simple, installez-vous dans un endroit calme, loin de la télé ou du portable, mettez une musique relaxante, et déterminez un temps que vous vous accorderez pour cette méditation (pour commencer, 5 minutes c’est parfait). Installez-vous confortablement, fermez les yeux si vous le souhaitez, et vous pouvez par exemple vous concentrer sur votre respiration en prenant quelques inspirations profondes et agréables. Puis laissez-vous guider par vos pensées, et notez les bruits qui vous entourent, les sensations de votre corps pendant que vous vous détendez toujours plus. Si vous préférez méditer en étant guidé, il existe un nombre incalculable de ressources complètement gratuites : l’application Petit Bambou est par exemple très bien pour débuter mais il existe également des sites internet, des livres, des séances de méditation guidées en direct grâce auxquelles vous trouverez facilement votre bonheur.

Conseil n°3 : La respiration en cohérence cardiaque

En proie à une bouffée d’angoisse là tout de suite ? Pas de panique ! La respiration en cohérence cardiaque est là pour vous soulager. Vous le savez, il est impossible d’ordonner à son cœur de battre à rythme précis, ainsi, quand celui-ci s’emballe face à une personne qui nous plaît ou face à un examen, on a beau essayer de le raisonner, rien n’y fait. Et notre palpitant commence alors un concerto infernal pour percussions dans notre poitrine. La respiration en cohérence cardiaque est justement une technique qui permet de calmer les ardeurs de notre petit cœur en lui permettant de se calmer et de se synchroniser à notre rythme respiratoire. Les battements ralentissent, on se relaxe, et on retrouve sérénité et calme.

La respiration en cohérence cardiaque se fait pendant 5 minutes, l’idéal étant de pratiquer cet exercice plusieurs fois par jours (pour commencer, une fois le matin au réveil et une fois le soir avant de dormir c’est pas mal). L’exercice est simple : il consiste à effectuer 6 cycles respiratoires par minute, soit 30 cycles pendant l’exercice. Il s’agit donc d’inspirer en gonflant le ventre pendant 5 secondes, puis d’expirer en rentrant le ventre pendant 5 secondes, et cela 30 fois de suite. Naturellement, notre cœur se synchronisera sur notre respiration, et les bienfaits se feront alors sentir. Pour avoir un peu d’aide au début, il existe différentes applications ou vidéos qui peuvent être utile afin de trouver le bon rythme.

Conseil n°4 : Les interactions sociales

On s’en rend compte aujourd’hui plus que jamais : les interactions sociales sont plus que nécessaires à notre bien-être et à notre équilibre. Qu’il s’agisse d’interactions tactiles (qui sont malheureusement à éviter en ce moment) ou d’interactions verbales en face à face, mais aussi par téléphone ou par écrans interposés. Même le/la plus grand/e ermite de Strasbourg a besoin d’échanger avec d’autres de temps en temps ! Eh oui, encore une fois, discuter, partager avec autrui réduit le stress, augmente le sentiment de bien-être et d’appartenance à un groupe, donc nous rassure, et nous donne confiance en nous ! Alors à vos téléphones, mamie attend votre coup de fil !

Conseil n°5 : Faire du rangement / tri

Parce que notre environnement extérieur reflète souvent notre état, pourquoi ne pas se chouchouter en s’offrant un chez-soi cosy et cocooning, propre et bien rangé ? En plus de ça, avec le temps qu’on a devant nous, profitons-en pour vider toutes nos armoires et nos tiroirs pour faire un réel tri, et y voir plus clair. Se débarrasser des objets dont on n’a plus besoin, des classeurs remplis à ras-bord de papiers à jeter, des habits qu’on ne porte plus. Désencombrer notre environnement nous permettra alors de donner un nouveau souffle à notre appartement et nous laissera ainsi avec des idées plus claires. Ce sera aussi l’occasion de retomber sur d’ancien trésors qui dorment tranquillement sous des piles de manteaux qu’on a oubliées là, et de se remémorer tous ces bons moments. N’hésitez pas, par la suite, à vous débarrasser de tout ce qui vous encombre en donnant ou revendant, à des friperies locales par exemple. Et si vous ne connaissez pas encore sa série sur Netflix, c’est le moment idéal pour découvrir Marie Kondo et ses méthodes de rangement révolutionnaire !

Conseil n°6 : Créer de ses mains

Avec des journées entières pour faire tout ce qu’on veut chez nous, on devient créatif : cuisiner, jardiner, ou encore bricoler, des dizaines d’activités s’offre à nous afin de faire travailler nos petites mimines. Qu’on profite de ce temps pour s’adonner à une passion qu’on a déjà ou pour découvrir et tester de nouvelles activités, c’est le moment ou jamais de prendre le temps de créer des choses par nous-mêmes, de mettre la main à la pâte, ou dans la terre, à chacun de trouver ce qui le détendra. C’est économique, écologique, et ça crée un sentiment de fierté et d’accomplissement qui est excellent pour notre humeur !

Conseil n°7 : Rire

Rien de plus logique : le rire réduit la production de cortisol (l’hormone du stress), il détend, permet de relativiser et en plus, des études montrent qu’il renforce le système immunitaire et allonge même la durée de vie ! Alors que ce soit en discutant avec vos proches, en regardant un film ou un spectacle, en jouant à des jeux, ou en écoutant des blagues, ce n’est pas parce qu’on est en confinement qu’il faut se laisser aller, nos zygomatiques ont également besoin de se muscler, et en plus, ça fait travailler les abdos, c’est tout benef…

Conseil n°8 : Limiter l’alcool

Avec la fermeture temporaire des bars, des restos, et de tous les endroits dans lesquels on peut se retrouver pour boire un verre entre amis, nombreux sont ceux qui s’organisent alors un apéro-Skype, l’occasion de s’enivrer les sens à plusieurs même à distance. Évidemment, on a besoin de se retrouver, de se donner un peu de légèreté, de se changer les idées. Néanmoins restons mesurés dans notre consommation. Évidemment, on connaît les risques majeurs, mais passé le seuil du « j’suis pompette, tout est drôle », l’alcool à plus fort dosage a également pour effet d’amener des humeurs négatives comme la tristesse, la colère. Inutile de te faire un dessin : en cette période légèrement troublée, on n’a pas réellement besoin de se mettre dans de tels états. Alors les apéros en visio c’est sympa, on rigole, on échange mais on reste tout de même modéré pour garder une humeur positive et profiter de ce moment entre amis.

Conseil n°9 : Éviter de rester connecté toute la journée aux médias

Bien sûr, il est nécessaire de rester informé sur les décisions du gouvernement, les besoins des uns et des autres, mais inutile de laisser BFMTV en fond sonore toute la journée. A force d’entendre toutes ces infos anxiogènes en boucle, même sans prêter beaucoup d’attention, elles entachent notre moral. Alors déconnectons-nous quelques heures, et prenons le temps de se concentrer sur des choses plus gaies.

Conseil n°10 : Le meilleur pour la fin : L’orgasme

Quoi de mieux que cette période de confinement pour explorer les nombreuses facettes de notre sensualité ? En plus d’être agréable, les bienfaits de l’orgasme sur l’humeur et l’équilibre sont prouvés : augmentation de l’endorphine (apaise l’anxiété), de la confiance en soi, du bien-être (entre autres). Et je m’adresse bien sûr aux personnes en couple comme aux célibataires, quoi de mieux pour se découvrir vraiment ? Pour expérimenter de nouvelles choses ? Pour apprendre plein de choses encore tellement tabous mais si importantes ? Alors à vos expériences, et vive l’endorphine !

BONUS : Malgré des journées qui se suivent et se ressemblent, pourquoi ne pas prendre une nouvelle habitude qui nous rendra plus reconnaissant : tous les soirs, noter un moment, une chose qui s’est passé aujourd’hui et qui nous a fait plaisir ou nous a rendu heureux, pour laquelle on éprouve de la gratitude. Que ce soit le plaisir d’avoir entendu la voix de mamie au téléphone, d’avoir face-timé avec son chéri, d’avoir cuisiné un bon petit plat ou la sensation de partage éprouvée à nos balcons tous les soirs à 20 heures, il y a forcément un moment dans la journée qui a pu apporter un peu de soleil et de gaieté à notre petit cœur. Rien de tel pour terminer une journée de manière positive et pour nous réchauffer.

Si malgré tout, vous êtes toujours en proie à des angoisses fortes, ou des émotions trop négatives, sachez que des professionnels se tiennent à votre disposition. Des psychologues, thérapeutes et autres professionnels sont joignables en cette période soit par téléphone, soit en visio-conférence, n’hésitez pas à demander de l’aide.

YAËL BECKER


Sources :

De Matos, M. G., Calmeiro, L., & Da Fonseca, D. (2009). Effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression. La Presse Médicale, 38(5), 734‑739. https://doi.org/10.1016/j.lpm.2008.08.015

Fourquet-Courbet, M.-P., & Courbet, D. (2017). Anxiété, dépression et addiction liées à la communication numérique. Quand Internet, smartphone et réseaux sociaux font un malheur. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 11, Article 11. https://doi.org/10.4000/rfsic.2910

Gourrier, J. (2013). LE PLAISIR. QUEL EST LE CHEMIN ENTRE LE DESIR ET LE PLAISIR? Ces deux notions sont-elle liées et si oui, comment s’influencent-elles ? 7.

Granier, F. (2011). Art-thérapie. Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, 169(10), 680‑684. https://doi.org/10.1016/j.amp.2011.10.010

Guez, G. (2014). Pour se détendre un peu. Revue Francophone des Laboratoires, 2014(464, Part 1), 104. https://doi.org/10.1016/S1773-035X(14)72585-7

Herring, M. P., Jacob, M. L., Suveg, C., Dishman, R. K., & O’Connor, P. J. (2012). Feasibility of Exercise Training for the Short-Term Treatment of Generalized Anxiety Disorder : A Randomized Controlled Trial. Psychotherapy and Psychosomatics, 81(1), 21‑28. https://doi.org/10.1159/000327898

Kondō Marie. (2015). La magie du rangement. First éditions.

Marcadet, D. M. (2018). Stress et cohérence cardiaque. Pratiques en nutrition, 14(55), 41‑43. https://doi.org/10.1016/j.pranut.2018.05.011

Molitor, C., Maurage, P., Petit, G., Poncin, M., Leclercq, S., Rolland, B., & de Timary, P. (2018). Les symptômes thymiques liés à l’usage d’alcool. Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, 176(8), 813‑818. https://doi.org/10.1016/j.amp.2018.08.009

Ngô, T.-L. (2013). Revue des effets de la méditation de pleine conscience sur la santé mentale et physique et sur ses mécanismes d’action. Santé mentale au Québec, 38(2), 19‑34. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.7202/1023988ar

Seeman, T. E. (2000). Health Promoting Effects of Friends and Family on Health Outcomes in Older Adults. American Journal of Health Promotion, 14(6), 362‑370. https://doi.org/10.4278/0890-1171-14.6.362

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here