Depuis le début de l’année, plus de 115 000 hectares ont brûlé en France. Si les feux les plus destructeurs sont concentrés dans la partie sud du pays, en Alsace aussi le risque est présent.
« Une saison totalement inédite et complètement exceptionnelle », selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. L’été 2026 restera dans les mémoires par l’ampleur de ses feux de forêt. Au 26 juillet, plus de 115 000 hectares étaient partis en fumée, Bordeaux, la sixième ville de France était menacée par les flammes et 200 000 personnes avaient dû fuir leur domicile.
Si les plus gros foyers d’incendies sont situés dans le sud du pays, les 2200 hectares brûlés dans la forêt de Fontainebleau nous le rappellent, le risque d’incendie nous concerne également, nous qui vivons au nord.
En Alsace, que ce soit dans les Vosges ou en forêt de Haguenau, le risque d’incendie est bien connu des sapeurs-pompiers, beaucoup moins de la population.
Début juillet, pas moins de sept feux se sont déclarés dans le département des Vosges, voisin du nôtre. En 2023, des bombardiers d’eau étaient même intervenus dans le massif pour la première fois. Le week-end dernier, 2000 m² de forêt ont brûlé à Ingwiller. Chaque année, les pompiers du Bas-Rhin interviennent sur une vingtaine de feux de forêt et plus de 650 feux de broussailles. Heureusement, aucun de l’ampleur de ceux auxquels on assiste dans le sud.
Depuis le 28 juillet, en raison du retour de la canicule et du vent, la préfecture du Bas-Rhin a placé l’ensemble du département en risque « élevé-sévère » d’incendie pour une durée indéterminée.
L’affaire de tous et tous
À cause du réchauffement climatique, le risque d’incendie augmente chaque année, même sous nos latitudes. Depuis plus d’une décennie, les pompiers alsacien(ne)s se préparent, s’équipent et s’entrainent pour y faire face.
On a même vu des Canadair venir faire le plein sur le Rhin pour des entrainements. Si les soldats du feu sont prêt(e)s, mieux vaut tout de même éviter de leur donner du travail, ne serait-ce que pour qu’ils et elles puissent venir en renfort de leurs collègues méridionaux/les.
De plus, neuf feux sur dix sont d’origine humaine et si on parle beaucoup des pyromanes, dans 70% des cas leur origine est parfaitement involontaire. Pour éviter d’allumer le feu, les règles relèvent du pur bon sens, mais disons que si certain(e)s comprennent vite, il faut leur expliquer longtemps.
En période de sécheresse et/ou de fortes chaleurs :
- On ne fume pas en forêt et on ne jette pas son mégot par la fenêtre de la voiture.
- On ne fait pas non plus de barbecue ou toute autre activité à base de feu à proximité de la végétation.
- Les feux d’artifice, on les garde pour le Nouvel An.
- On évite également les travaux susceptibles de produire des étincelles, une seule suffit à brûler une forêt entière.
- Enfin, en cas de forte sécheresse, il vaut mieux éviter de se garer sur les herbes sèches, les parties les plus chaudes du moteur peuvent amorcer une combustion.
Si vous apercevez de la fumée ou constatez un départ de feu, appelez immédiatement le 18 ou le 112. Il est important de leur donner la localisation la plus précise possible, particulièrement si vous êtes au milieu de la nature.
Après avoir alerté les secours, mettez-vous à l’abri et suivez les instructions des pompiers. Pour suivre l’évolution des risques dans le Bas-Rhin, vous pouvez consulter la carte éditée par la préfecture. Vous trouverez également l’ensemble des restrictions en vigueur en fonction du niveau d’alerte.
Qui aurait pu prédire ?
À moins d’un an d’une élection présidentielle, il va sans dire que la gestion des feux de forêts fait débat dans le monde politique. Exceptionnelle, la situation l’est assurément, pour reprendre les mots du ministre de l’Intérieur, mais l’épisode que nous traversons n’en était pas moins prévisible.
Les syndicats de pompiers pointent depuis plusieurs années un système à bout de souffle face à la nouvelle donne imposée par le changement climatique. « L’aire géographique exposée aux incendies s’agrandit, la fenêtre temporelle s’allonge, l’intensité et la durée des phénomènes augmentent », explique Sébastien Delavoux, de la CGT. Résultat, les hommes et les femmes engagé(e)s contre les incendies sont épuisé(e)s et les relèves se font plus rares et moins nombreuses.
Au niveau du matériel, la situation est également tendue. On parle beaucoup de la disponibilité des Canadair, mais les soldats du feu manquent aussi de camions. En 20 ans, les différents services d’incendie et de secours ont perdu un millier de véhicules destinés à la lutte contre les feux de forêt. Pertes que les nouvelles livraisons ne compensent pas. Les syndicats pointent des équipements vieillissants et pas toujours adaptés aux besoins.
Depuis 2019, les pompiers dénoncent le manque de reconnaissance de leur travail par les pouvoirs publics, les rémunérations trop basses et le manque d’effectifs.
En 2030, 50 000 volontaires pourraient manquer dans les services départementaux d’incendie et de secours. Avec des effectifs en berne et des missions en hausse, nombre de casernes sont au bord de l’explosion. Ces dernières semaines, 3 pompiers sont morts et plus de 80 ont été blessé(e)s dans l’exercice de leur mission.



