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Ordonnance Verte : le dispositif strasbourgeois pour les femmes enceintes pourrait devenir national

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Depuis plusieurs semaines, le dispositif d’Ordonnance Verte propose aux bénéficiaires de participer à une étude. La Ville de Strasbourg, en partenariat avec l’Inserm, espère obtenir une validation scientifique sur l’intérêt du dispositif.

Expérimentée par la Ville de Strasbourg depuis novembre 2022, avant d’être rapidement pérennisée, l’Ordonnance Verte a déjà permis à 2 800 femmes enceintes de bénéficier d’ateliers de sensibilisation et de paniers de fruits et légumes bios et locaux durant une partie de leur grossesse.

L’objectif ? Réduire leur exposition aux polluants et perturbateurs endocriniens pour préserver leur santé et celle de leur foetus. 

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Evana fait partie des anciennes bénéficiaires de ce dispositif. Elle l’a découvert lors de sa deuxième grossesse, par le biais d’une voisine. Les ateliers, porte d’entrée du dispositif avant de bénéficier des paniers, ont été une source d’informations non-négligeable. 

« Quand on devient parents on est noyés dans énormément d’informations. Je pensais déjà être assez renseignée sur le sujet, mais j’ai encore appris beaucoup de choses. Ça m’a poussé à changer certaines habitudes ». Si sur le papier les parents semblent ravis, aucune étude n’a encore permis de démontrer scientifiquement les bénéfices apportés par l’Ordonnance Verte.

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© Bartosch Salmanski / 128DB

C’est pourquoi depuis plusieurs semaines, des chercheurs de l’Inserm se sont lancés dans une étude destinée à « mesurer l’impact du dispositif sur le niveau d’exposition aux polluants chimiques et les changements de comportement », selon un communiqué de l’institut de recherche.

La grossesse et la petite enfance, des « périodes de sensibilité particulière »

« Le premier volet de cette étude, c’est d’évaluer l’impact de la partie alimentaire de l’ordonnance verte. Est-ce qu’augmenter la part du bio dans notre alimentation permet de diminuer de façon significative les expositions à certains pesticides ? », interroge Claire Philippat, chercheuse à l’Inserm et coordinatrice de l’étude.

« L’alimentation c’est un levier sur lequel on peut agir pendant la grossesse et la petite enfance, car ce sont des périodes de sensibilité particulière pour les effets de ces polluants chimiques ».

Au-delà d’une partie consacrée à l’alimentation chez la femme enceinte, l’Ordonnance Verte permet, à travers ses ateliers, de sensibiliser à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Une question de santé publique au concept parfois abstrait pour le grand public. 

« Un perturbateur endocrinien est une substance qui va affecter le bon fonctionnement du système hormonal, qui est impliqué dans notre organisme dans un grand nombre de fonctions. Le cerveau est notamment très sensible à des variabilités, même faibles, des concentrations hormonales pendant la grossesse et la petite enfance. Ces perturbateurs endocriniens sont donc suspectés d’avoir des effets sur le bon développement du système nerveux central des enfants », vulgarise Claire Philippat.

Du fait de l'exposition ubiquitaire, l’enjeu est public.
Claire Philippat, chercheuse à l’Inserm et coordinatrice de l’étude.

Même si l’alimentation reste un vecteur important d’exposition aux perturbateurs endocriniens, elle est loin d’en être l’unique source. « Le bisphénol A a été interdit dans les composants alimentaires en 2015, avec l’hypothèse que l’alimentation était une source d’exposition importante. Depuis, on en détecte toujours dans les urines, ce qui suggère que l’alimentation n’était pas la seule source d’exposition », illustre la chercheuse de l’Inserm.

« Les ateliers de sensibilisation vont donc expliquer quelles sont les sources principales d’exposition et comment, dans la vie de tous les jours, on peut limiter nos expositions en agissant sur ces sources ». Ces préconisations, comme la réduction de l’utilisation de produits cosmétiques, devraient donc théoriquement permettre de diminuer l’exposition aux polluants, comme pourrait le prouver l’étude lancée il y a plusieurs semaines. 

Cosmétiques maison
© Maria Fernandes / Pokaa

« En tant que chercheur mon objectif c’était d’apporter des preuves objectives sur l’efficacité de ce dispositif. Des études aux États-Unis ont montré qu’en seulement quelques jours, les polluants chimiques sont rapidement éliminés de votre organisme si vous arrivez à éliminer les sources. Donc, il y a quand même de grandes chances qu’on ait un vrai levier avec ce dispositif », détaille Claire Philippat.

En cas d’utilité avérée, l’Ordonnance Verte pourrait ensuite se démocratiser à plus grande échelle. « L’idée serait aussi d’essayer d’évaluer ce que le dispositif ferait économiser au niveau national au système de santé, en dépenses publiques. L’étude permettrait d’avoir des arguments chiffrés pour essayer d’étendre ce dispositif. Du fait de l’exposition ubiquitaire, l’enjeu est public ».

L'inscription à l'ordonnance verte peut se faire en ligne

De premières participantes à l’ordonnance verte ont déjà rejoint cette étude, basés sur des tests d’urine. « On a besoin de 200 femmes, on en a déjà recruté 100 et on espère finir le recrutement d’ici février 2027 » explique Claire Philippat. Les résultats sont attendus en 2028. 

L’inscription au dispositif se fait directement en ligne, sur un site dédié, et chaque nouvelle inscrite se verra proposer une participation à l’étude.

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