On est à une semaine de la deuxième étape de la levée du confinement, prévue par le gouvernement depuis l’allocution d’Emmanuel Macron le 24 novembre dernier. Au menu du 15 décembre prochain : réouverture des théâtres, salles de cinéma et de concert, plus d’attestations pour se déplacer et un couvre-feu qui remplacerait le confinement. Or, pour enclencher cette deuxième étape, il faut qu’un certain nombre d’indicateurs sanitaires soient respectés. Le problème, c’est qu’à une semaine de la date limite, certains ne le seront probablement pas. Faisant planer une ombre sur nos libertés de se déplacer pour voir nos proches à Noël. On fait le point avec vous, pour savoir où on en est.

Concrètement, qu’est-ce qui changerait au 15 décembre ?

Cela a été énoncé par le chef de l’État, puis détaillé par son Premier ministre. Le 15 décembre, c’est la fin du confinement à proprement parler. Concrètement, cela se manifeste par l’absence d’attestation pour se déplacer : on aura par exemple le droit de se déplacer entre les régions pour n’importe quelle raison, n’étant plus souscrits à la limite des 20km et des 3h. Un couvre-feu remplacerait le confinement, probablement de 21h à 7h, avec deux dérogations accordées les 24 et 31 décembre pour les fêtes de fin d’année. On pourrait donc revoir nos parents et nos proches. Dans des conditions bien différentes de l’année dernière certes, mais le soulagement est là.

Dans le même temps, au niveau de la vie sportive et culturelle, les théâtres, les salles de concert et de cinéma rouvriraient leurs portes. Une excellente nouvelle pour un monde de la culture qui souffre énormément de cette deuxième vague, et plus généralement depuis mars dernier. La pratique du sport en salle serait à nouveau autorisée pour les mineurs, ce qui ferait du bien à la vie associative des clubs, et le public pourrait même retourner dans les stades. On pourrait ainsi revoir notre Meinau avec une jauge adaptée évidemment. Une bonne nouvelle également pour les clubs de sport en salle professionnels strasbourgeois et alsaciens, qui souffrent eux-aussi du huis-clos.

© Fanny Soriano

Quelles sont les conditions pour que la deuxième étape s’enclenche ?

Plusieurs bonnes nouvelles donc, qui marqueraient une nouvelle étape dans la reprise de la vie sociale et culturelle telle que nous la connaissions. Sauf que, pour que celle-ci débute, le président de la République avait déclaré qu’il faudrait atteindre les 5 000 nouvelles contaminations par jour au 15 décembre et, dans le même temps, se trouver à 2 500/3 000 personnes hospitalisées en réanimation.

Au 15 décembre, est-ce ces conditions ont des chances d’être remplies ?

Et le souci, c’est qu’on est loin d’y être. Selon les chiffres publiés chaque jour par Santé Publique France, sur la semaine du 30 novembre au 6 décembre, on se trouvait à 10 573 cas positifs par jour. La semaine précédente, du 23 au 29 novembre, c’étaient 11 182 cas positifs par jour. Pour se donner un peu de baume au coeur, on peut se dire qu’on est très très loin des chiffres de début novembre. En effet, dans la semaine du 6 au 12 novembre, on était à 42 529 cas positifs par jour de moyenne, avec un pic le 7 novembre à 86 852 cas positifs, soit plus que sur la dernière semaine écoulée ! Néanmoins, la décrue reste donc extrêmement lente et il n’y a aucune chance que le cap des 5 000 cas positifs journaliers soit atteint au 15 décembre. Le ministre de la Santé Olivier Véran l’a même déclaré lundi 7 décembre sur LCI : « Les chiffres remontent, ils n’atteindront pas les 5 000 cas par jour d’ici au 15 décembre. »

Dans le même temps, l’autre objectif annoncé par notre chef d’État a bien plus de chance d’être atteint. En effet, au 7 décembre, 3 198 patients se trouvent en réanimation. Au 30 novembre, il y en avait 3 751. On devrait donc, en toute logique, atteindre les 2 500/3 000 personnes dans les services de réanimation au 15 décembre, signifiant une tension hospitalière moindre. Le tout, avec un taux d’incidence qui baisse lentement au niveau national, signifiant moins de contaminations et donc moins de patients futurs en réanimation une dizaine de jours après. Ce taux d’incidence atteint, sur la semaine du 28 novembre au 4 décembre, 81.5 cas positifs pour 100 000 habitants, alors qu’il s’établissait à 95.2 sur la semaine du 21 au 27 novembre.

© Aurelie Zeigin

Qu’est-ce qu’il se passerait si les conditions n’étaient pas remplies ?

Qu’on se le dise, la situation est loin d’être catastrophique. Néanmoins, il est clair qu’au niveau des nouvelles contaminations, l’objectif ne sera pas atteint. Le gouvernement commence doucement à en prendre conscience et à une semaine de la levée potentielle du confinement, il commence à communiquer sur la possibilité d’aménagement de cette dernière. Concrètement, selon les informations de Libération (article réservés aux abonnés), cela ne signifierait pas refermer ce qui a déjà été rouvert, comme les commerces dits non-essentiels.

Cela pourrait signifier en revanche que les salles de cinéma et de concert resteraient encore fermées pendant un petit moment, une semaine supplémentaire selon les informations de BFM TV. Dans le même temps, l’heure du couvre-feu pourrait être avancée, à 20h ou même à 17h. « Toutes les scénarios sont sur la table » peut-on lire dans Libération, du côté du ministère de la Santé.

Pour le moment toutefois, pas question de limiter les déplacements pour les fêtes de fin d’année. Mais on le sait, en ces temps de grand chamboulement de nos habitudes, les certitudes d’un jour peuvent rapidement être balayées dès le lendemain. Surtout au vu du danger que représente les fêtes au niveau de la propagation du virus. Dès lors, le véritable objectif sera sans doute de partir du nombre de contaminations le plus bas possible pour essayer ensuite de juguler au mieux la probable reprise de l’épidémie en janvier.

© Pauline Allione

Quelle est la situation à Strasbourg ?

Pour terminer ce passage en revue de la situation, revenons quelque peu sur notre ville de Strasbourg, où la situation épidémique stagne et connaît même une (très) légère recrudescence. Sans que toutefois, il est bon de le rappeler, la situation soit préoccupante.

Sur la semaine du 28 novembre au 4 décembre, le taux d’incidence dans notre ville s’établit à 120,1 cas positifs pour 100 000 habitants, contre 115.4 sur la semaine du 21 au 28 novembre. Dans le même temps, le taux de positivité dans le Bas-Rhin est désormais de 11,2 %, alors qu’une semaine auparavant il était de 10,3 %. Seule vraie bonne nouvelle, au 7 décembre, 52 patients se trouvent en réanimation dans le Bas-Rhin, contre 70 au 30 novembre. Soit un taux d’occupation de 42,6 %.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

En prévision des réunions de famille lors des fêtes de fin d’année, la Ville de Strasbourg réalise une nouvelle campagne de dépistage, tous les samedis de décembre à l’Aubette, nous vous en parlions ici. Néanmoins, comme le révèle France 3 Alsace, les dépistages ont drastiquement baissé le samedi 5 décembre à l’Aubette. Si la perspective de revoir ses proches est encore lointaine dans les têtes des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois, il reste important de prendre toutes les précautions possibles pour s’assurer des fêtes de fin d’année les plus apaisées possibles.

Peut-être que la levée du confinement ne commencera pas le 15 décembre. En même temps, difficile aujourd’hui de se dire que l’on se trouve encore en plein confinement. Clairement, on a du mal à savoir où on en est ces derniers temps, peu aidés par un climat où la vérité d’un jour n’est plus du tout celle du lendemain. La verticalité des annonces et des prises de décision floute encore davantage les effets d’annonce, qui s’accumulent sans réelle logique ou discernement. Tout ce que l’on peut faire, c’est essayer de prendre soin les uns des autres, aves le plus de bienveillance possible.

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