Du mardi 13 au dimanche 25 novembre inclus, l’Aedaen Gallery (située 1A rue des Aveugles) accueillera l’exposition Être(s), un projet collaboratif entre le plasticien Hugo Mairelle et le photographe Vincent Muller. Face au défit écologique, les deux créatifs strasbourgeois ont arpenté la nature alsacienne, le plasticien construisant des masques végétaux in situ immortalisés par le photographe avant de retourner à la Terre… Une ode à une biodiversité menacée par l’Homme, qui en fait pourtant pleinement partie. À voir !

« Derrière le masque, on est plus un homme, mais tous les hommes. »

« Les gens ont du mal à croire qu’on a tout fait à une heure de Strasbourg. » Et il est vrai que face aux masques végétaux de Hugo Mairelle photographiés par Vincent Muller sur des modèles nus dans des paysages naturels vert-jungle ou jaune-brousse, le doute est permis. Et même voulu, comme l’explique le plasticien passionné par les arts premiers : « Je suis très inspiré par les arts de tribus baignées dans la nature. Chez eux, c’est la nature qui imprègne l’Homme plutôt que l’inverse… Faire ce projet ici et voir les gens penser qu’il vient d’ailleurs, ça pose bien la question de notre rapport à la nature. »

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : en replaçant l’Homme au coeur d’un environnement dont il est un fruit parmi d’autres, Hugo Mairelle questionne autant la distance que met l’Homme moderne entre lui et la nature, que l’universalité du Vivant, rendue évidente par la mise en scène dépouillée du photographe Vincent Muller. Sur ses images, Homme et nature se mélangent, brouillant les lignes et les frontières jusqu’à ne former qu’un tout indivisible. Et pour mettre fin à la mascarade, quoi de plus à-propos que l’objet masque, « qui traverse les âges et les cultures en incarnant le lien entre le sensible et le spirituel » ?

« Les images faites, on part en laissant le masque sur place, à sa place. »

Ces derniers mois, le duo créatif a ainsi quadrillé la région Alsace avec différents modèles à l’affût de sites naturels remarquables dans lesquels ancrer l’Homme ; des sites aussi variés que la nature est changeante pour surprendre le spectateur, mais aussi, pour que les deux artistes s’y perdent eux-mêmes, comme l’explique le photographe Vincent Muller : « On n’a pas vraiment fait de repérages. On savait où on allait, avec qui, mais on ne savait jamais exactement ce qu’on trouverait et donc ce qu’on ferait. On débarquait, Hugo faisait son marché pendant que je posais mon cadre et puis avec le modèle, on l’observait créer le masque, on le conseillait parfois. C’était un travail instinctif, collaboratif. Naturel. »

Naturel, parce qu’à l’exception d’un morceau de carton et d’un bout de ficelle pour tenir le masque le temps de le photographier, d’abord sur le modèle, ensuite sur une bâche, Hugo Mairelle n’a eu recours qu’aux végétaux présents sur chaque site représenté de même que Vincent Muller a opté pour des prises sans artifice. Le premier se souvient : « Parfois il fallait faire vite parce que le masque commençait à se dégrader tout juste fini ou alors le temps avait changé. » Un travail manuel au rythme de la nature qui ne pouvait que plaire à cet ex-pubard déçu par son milieu, qui estime qu’il est « important de mettre à profit des solutions alternatives au service de l’intérêt commun » et ce via une communication responsable.

« La nudité, elle s’est imposée, parce que c’est l’habit naturel de l’Homme. »

« On parle beaucoup de culpabilité, rarement de responsabilité. » Avec la vingtaine d’images réalisées, et dans l’espace ouvert de l’Aedaen Gallery, les deux créatifs espèrent sensibiliser le grand public – « et pas juste un petit milieu déjà acquis à la cause » – à sa responsabilité dans le lien distendu que l’Homme entretient avec la nature, et la préservation de celle-ci. Loin de vouloir accuser, le duo souhaite transmettre toute la richesse de la nature locale ; à cet effet les plantes croisées sont répertoriées : « On a déjà exposé des images à Lausanne et à Obernai, et beaucoup de personnes étaient surprises de trouver telle ou telle plante ici. On n’a pas besoin d’aller loin pour voyager ! » Pour l’instant…


Pour reconnecter avec la nature (et mieux aller l’arpenter le week-end prochain) :

Être(s), une exposition de Hugo Mairelle et Vincent Muller
Du 13 au 25 novembre @ Aedaen Gallery (1A rue des Aveugles)
Vernissage le mardi 13 novembre à 18h en présence des artistes

2 COMMENTAIRES

    • Le vernissage à bien eu lieu mardi 13 🙂 l’expo est visible jusqu’au 25 novembre du jeudi au dimanche à partir de 14h, un finissage aura lieu le 25 novembre en présence des artistes 🙂

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