En même pas deux siècles, Strasbourg s’est transformée. Certes, des bâtiments emblématiques demeurent, mais d’autres ont disparu. On vous a sélectionné une vingtaine de photos d’époque, entre le 19e siècle et la Seconde Guerre mondiale. Ces lieux, lorsqu’on les compare avec ce à quoi ils ressemblent actuellement, prouvent qu’une ville se métamorphose sans cesse.
Il y a des quartiers qui ont changé de visage il n’y a pas si longtemps. Entre le parc de l’Étoile passé de parking à espace vert, la presqu’île André-Malraux passée de dock à lieu de culture et de détente, les boulevards transformés par le tram, etc.
Puis, à côté de ça, on peut avoir tendance à penser l’hypercentre comme un vestige tout droit sorti du Moyen Âge, sur lequel chaque génération aurait, par petite touche, apporté sa contribution. Bien sûr, à tort !
Seriez-vous vraiment capable de vous repérer dans le Strasbourg… du 19e siècle ? Un simple trajet boulot-appart serait l’occasion de se plonger dans un monde inconnu… Si tant est que votre lieu de travail ou votre domicile existe déjà.
Par une vingtaine de photos, et leur comparaison avec le Strasbourg actuel, on vous propose de toucher du doigt ces changements, de visualiser les grands moments de l’histoire de notre ville.
L'ancienne synagogue
Construite sur le site de l’ancienne halle aux blés à la fin du 19e siècle, la synagogue de Strasbourg est majestueuse : elle peut accueillir plus de 1500 fidèles, est dotée d’orgues monumentales et d’une rosace des plus belles. Hélas, le bâtiment ne survit pas à la folie de l’occupant nazi. Par une nuit de 1940, elle est incendiée par les Jeunesses hitlériennes, puis rasée en 1941.
Aujourd’hui, contre la place des Halles, une stèle commémore la présence passée de l’ancienne synagogue.
Quand la rue de Zurich était un quai
On le sait peu, mais un cours d’eau a longtemps traversé la Krutenau. Le Rheingiessen reliait l’Ill au Rhin, en empruntant le tracé sinueux que l’on connait à la désormais rue de Zurich.
Sur la place de Zurich, la sorte de fossé (vide) enjambé par des ponts symbolise le cours d’eau qui passait par là. Ça permet aussi d’expliquer le nom d’une place juste à côté, celle du Pont-aux-Chats.
Le Pont du Corbeau
Sur l’image d’archives, on distingue, sur la droite, des maisons à un emplacement qui peut surprendre. Et pour cause : quatre maisons plusieurs fois centenaires se dressaient là, sur la place du Corbeau, entre le pont du Corbeau et le quai des Bateliers. Elles ont malheureusement été détruites au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Vue sur le pont Saint-Martin
Grâce à cette photo d’archives, qui date de la fin du 19e ou du début du 20e siècle, on peut avoir une idée de ce à quoi ressemblait le pont Saint-Martin il y a plus d’un siècle.
La place du Vieux-Marché-aux-Vins
Le monument érigé sur la place rend hommage à trois membres de la famille Stoebel, artistes engagés au 19e siècle pour la défense des traditions alsaciennes.
Place du Marché-Neuf
Les grands platanes emblématiques de cette place ont été plantés au milieu du 19e siècle. Ceux que l’on voit sur la photo d’archives sont donc les mêmes que ceux qu’on peut venir admirer aujourd’hui.
Place Kléber
On a bien souvent l’image d’une place Kléber d’antan qui fait rêver avec ses arbres, son herbe et ses allées. En fait, cette période fut très courte, et concentrée au début du 20e siècle.
Sur la troisième photo d’archives, on voit la place Kléber sous le joug nazi. Elle est alors renommée Karl-Roos Platz. Les drapeaux du 3e Reich flottent.
L'Homme-de-Fer
La place de l’Homme-de-Fer a longtemps été plus petite que telle qu’on la connait aujourd’hui, puisque des bâtiments qui l’obstruaient ont été démolis dans les années 50. Au fond de l’image, on perçoit le magasin du Louvre, ancêtre du Printemps.
Fun fact : c’est sur cette place qu’a été retrouvé le pont le plus ancien de la ville, lors de fouilles archéologiques. Le pont du Hibou enjambait le Fossé des Tanneurs, recouvert depuis.
La gare de Strasbourg
Construite par les Allemands à la fin du 19e siècle, celle que l’on appelle alors « la nouvelle gare » vient remplacer la gare qui se trouvait à l’emplacement des Halles actuelles, jugée trop petite. En 2007, elle est recouverte d’une immense verrière afin notamment d’agrandir l’espace utile du lieu, en vue du lancement de la ligne TGV Paris-Strasbourg.
Autour du pont Royal
En voilà un coin qui a bien changé ! Ce qu’on appelait la porte des Pêcheurs a longtemps servi d’entrée dans le quartier des bateliers, professionnels des canaux et rivières et commerçants réputés. Les bateaux déchargeaient ensuite leurs marchandises à la douane, à quelques centaines de mètres de là. Ils pouvaient ensuite rejoindre le Rhin directement par le Rheingiessen.
Pendant des siècles, Strasbourg était réputée dans toute l’Europe pour son important commerce fluvial.
Rue de la Râpe
Sur cette image d’archives, un rude hiver semble refroidir Strasbourg. La rue de la Râpe est recouverte d’un manteau blanc. Quelques décennies plus tard, on viendra ici déguster les meilleures madeleines qui soient.
Aux abords de la cathédrale
La première photo date de l’évacuation de Strasbourg, en 1939. Des sacs de sable sont disposés devant le portique de la cathédrale pour la protéger. Sur la seconde photo d’archives, un immeuble situé place de la Cathédrale est endommagé par les bombardements de 1870.
La place Broglie
La place Broglie, ici à la fin du 19e siècle, a toujours été un lieu important dans la vie de la cité. Longtemps marché aux chevaux, elle accueille ensuite un grand théâtre populaire qui finira par partir en fumée suite à un incendie. Renommée place de l’Égalité à la Révolution, elle devient la Adolf-Hitler-Platz pendant la période nazie.
Petite anecdote qui ne mange pas de pain : c’est ici qu’avaient lieu les tournois de chevaliers, au Moyen Âge.
Ancienne Bourse
Ici, on constate un chantier… à l’arrêt. Lancé à l’aube de la Première Guerre mondiale, l’imposant chantier du bâtiment de la bourse est mis en pause sitôt la guerre déclarée. Il reprendra à la fin des hostilités, et le bâtiment est finalement inauguré en 1927.
Mais l’activité boursière du lieu est bien furtive : en 1929, le krach boursier intervient. Le bâtiment imposant devient alors la Maison des syndicats.
La BNU
Pendant longtemps, Strasbourg avait la seconde bibliothèque la plus importante de France. Mais les bombardements prussiens anéantissent cette dernière, située au Temple-Neuf.
Peut-on mesurer la quantité de trésors et de savoirs perdus définitivement cette nuit-là ? Certainement pas.
On installe ensuite la bibliothèque, ou ce qu’il en reste, au Palais Rohan. Des contributions viennent de tout l’Empire prussien, pour étoffer la collection, à tel point qu’on doit consolider les parquets pour qu’ils résistent au poids des ouvrages. Finalement, on se rend à l’évidence : le lieu est trop petit.
Les Allemands construisent alors la bibliothèque que l’on connait, à la fin du 19e siècle, sur une des places les plus prestigieuses de cette Neustadt tout juste sortie de terre.
La rue du 22-Novembre
Sur l’image d’archives, la rue est déserte. Nous sommes en 1939, la population strasbourgeoise a reçu l’ordre d’évacuer la ville. Seuls demeurent des chats errants.
La rue en elle-même date du début du 20e siècle puisqu’elle a été créée lors de la première partie de la fameuse Grande Percée, qui a redessiné Strasbourg.



