Hansi, on le connaît bien pour ses dessins qui ont bercé l’enfance des Alsacien(ne)s, avec des personnages aux couleurs de notre région et des scènes de vie simples. Mais au-delà de la déco sur les assiettes en porcelaine de vos grands-parents, savez-vous qui était ce dessinateur alsacien ? Sans quitter Strasbourg, on a décidé d’en savoir plus !
Tout d’abord, Hansi, c’est qui ? Jean-Jacques Waltz, de son vrai nom, est né à Colmar en février 1873. Il hérite sa passion pour l’art de son père, qui a été bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Colmar, puis conservateur du Musée Unterlinden dans la même ville. Bref, Colmar, c’est le premier amour de Hansi, qui façonne son œuvre.
On s’est penché de plus près sur son histoire, et la manière dont son imagerie est devenue un véritable symbole alsacien, qu’on retrouve jusque dans nos placards. Prêt(e)s pour le voyage ?
Hansi au cœur de l’histoire tourmentée de l’Alsace-Lorraine
Pour comprendre l’œuvre de l’artiste, il faut se remettre dans le contexte alsacien de l’époque. La région est alors annexée à l’Empire allemand, suite à la guerre de 1870. Hansi naît donc dans une période où nos contrées sont en plein tourment.
Amoureux des colombages et des coiffes alsaciennes, Jean-Jacques Waltz les défend comme un patrimoine indéniablement français, et se rebelle très jeune. Retiré du lycée car il ne respecte ni les professeur(e)s, ni les enseignements en allemand, il part suivre un cursus de dessinateur industriel à Lyon… Tout en suivant dans cette même ville des cours de peinture et d’arts décoratifs aux Beaux-Arts !
Il travaille ensuite comme dessinateur dans des usines textiles à Cernay puis Logelbach, avant de rentrer à Colmar dès 1909 où il produit des cartes postales en ode à l’Alsace (et pas que). On vous explique.
Un engagement politique profond
En 1918 paraît son ouvrage Le Paradis Tricolore, pensé comme un récit pour enfants avec de nombreuses illustrations. On y retrouve des scènes villageoises quotidiennes, des architectures typiques, des paysages qui réchauffent le cœur.
Les images paraissent tout à fait innocentes, mais attention, il n’en est rien ! L’ouvrage est avant tout un outil de résistance envers la domination allemande, dès lors qu’on observe de plus près : soldats allemands aux postures ridicules, drapeaux français omniprésent… Et des détails faits de bleu, de blanc et de rouge sont plantés un peu partout.
D’ailleurs, Hansi, c’est le prénom de l’artiste revisité pour se moquer des Allemand(e)s : contraction de Hans (Jean) et de Jakob (Jacques), qui donne lieu à son illustre pseudonyme.
Dans cette optique, il a produit de nombreuses caricatures et ouvrages quelque peu décadents à l’encontre de nos voisins, ce qui lui a valu quelques procès. L’œuvre a souvent fait débat, mais est indissociable de son contexte historique, et surtout, d’une volonté profonde de faire rayonner la culture alsacienne.
Un village pour magnifier l’Alsace
Mon village, ceux qui n’oublient pas, est le livre le plus connu de l’artiste, paru en 1913. Et pour cause : Hansi y a dédié une imagerie pittoresque, avec un texte qui déborde d’amour pour sa région. Il écrivait : « Ce joli village, dont les maisons riantes cachent ainsi bien des souffrances, il est comme l’image de l’Alsace entière, et voilà pourquoi je ne vous dirai pas son nom. »
Scènes de vie, jeux d’enfants, costumes traditionnels, paysages chaleureux rendent hommage à nos contrées, dont il décrit les traditions et la douceur de vivre avec tendresse. Et ce sont ces images qui, aujourd’hui encore, font perdurer toute la douceur alsacienne dans nos maisons.
Il y aurait encore bien des choses à dire sur Hansi, son engagement et son art : pour en savoir plus, vous pouvez aller visiter le musée qui lui est dédié à Colmar, et en profiter pour (re)découvrir la ville si chère à son cœur. Alors, vous tentez ?



