La coiffe alsacienne, passée de mode ? Que nenni ! Depuis 25 ans, le publicitaire strasbourgeois Éric Sembach œuvre pour mettre cet accessoire à la fois traditionnel et iconique sur les feux de la rampe, à travers des images remplies d’humour et de malice. On vous montre.
Les Alsaciennes, c’est une série de dessins et photos pensée par Éric Sembach, qui s’est lancé le défi de « faire une campagne pour l’Alsace ».
« La coiffe alsacienne, c’est un accessoire pas comme les autres, un peu organique, un peu floral. Après tout, Alain Bashung disait bien, dans sa chanson Elsass Blues, ‘Mets ton papillon noir sur la tête’ ! »
Et c’est un hommage à ce couvre-chef qu’Éric étoffe depuis plus de 25 ans, entre dessins et photographies. Métaphores poétiques, détournements humoristiques et déclinaisons parfois sulfureuses : le grand nœud noir n’a jamais autant fait rêver !
Mettre la coiffe en lumière
L’histoire de ce travail démarre il y a 25 ans : convié pour travailler sur une affiche pour la deuxième édition du festival Babel, il pense l’Alsafricaine qui ne sera pas retenue : trop osée, trop scandaleuse.
Et pourtant, l’image continue de faire son bout de chemin, portée plus tard par les réseaux. « Faire une image pour faire une image, rajouter une image sur des kilos d’images en circulation, ça sert à quoi ? Pour créer, je cherche l’utilité sociale : l’Alsafricaine, ce sont les cultures qui dialoguent, un bout d’ici et un bout d’ailleurs, l’Alsace dans le monde. »
C’est ainsi que différents portraits continuent de voir le jour, en collaboration avec des photographes et équipes de maquillage ou d’éclairage, qui font la pub d’un couvre-chef indémodable d’après les dessins d’Éric.
Rock’n’roll, animale, glamour ou cocasse
Ces dessins, eux aussi publiés, nous montrent une coiffe que l’on peut s’approprier partout, de mille et une manières. Éric continue de l’imaginer à travers des dessins personnels, aussi poétiques que malicieux : comme une partie de notre squelette, comme un sac à main tendance, une nuée d’oiseaux, un papillon coloré, un prétexte à revisiter les manneles, les coupes punks, la scène musicale, les apprêts sensuels ou l’iconographie religieuse.
Aujourd’hui, la série est devenue un véritable symbole de la région, qui décoiffe l’identité alsacienne. En témoigne la commande d’une Alsacienne pour la Foire aux Vins, ou encore le livre publié en 2015, qui raconte les histoires de ces muses hautes en couleur.
Alors, laquelle porteriez-vous ?




