Le 4 avril dernier, la Ville présentait son plan d’action pour le football amateur, après plus de six mois de travail et la crise qui avait précédé. Les investissements sont conséquents : 5,17 millions d’euros, dont 2,7 millions iront dans un ambitieux « Plan vestiaire ». On revient sur ces mesures en détail.
Sortie de crise pour le football amateur strasbourgeois ? La Ville y compte bien. Le sujet a enflammé les débats municipaux à plusieurs reprises ces dernières années, rendant l’hémicycle aussi chaud que le stade de la Meinau des grands soirs. La raison ? Les nombreuses difficultés des clubs, dont 12 qui avaient créé un collectif « Union Strasbourg Football », représentant 5 000 licencié(e)s, avec notamment le FCOSK 06.
En mai dernier, après 1h45 de pugilat, le conseil municipal avait acté le principe de création d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) réunissant l’ensemble des groupes politiques. Six mois plus tard, après 80 réunions et 28 auditions, l’équipe municipale est prête à rentrer sur le terrain pour présenter son nouveau plan d’attaque, qu’on vous présentait déjà ci-dessous dans les grandes lignes.
Le « Plan vestiaire » : retaper les infrastructures des clubs
Le 4 avril dernier, la Ville a notamment insisté sur l’angle majeur de sa politique de soutien aux clubs de football amateur : le « Plan vestiaire ». À lui seul, il représente 2,7 millions d’euros d’investissements sur les 5,17 millions fléchés. Mais au-delà des chiffres, il représente pour la Ville la nécessité d’une réfection des infrastructures des clubs.
On voit bien que le monde sportif et associatif est aux prises avec de nombreuses difficultés.
Concrètement, les premières réalisations sont arrivées en 2024, pour un montant de 400 000 € : elles concernent l’annexe et le sous-sol du stade de Cronenbourg, le centre sportif Ouest et les stades Charles-Frey (Koenigshoffen), Paco-Matéo (Hautepierre) et celui du Bruckhof (Neudorf). Jusqu’à la fin du mandat, d’autres opérations seront prévues, toujours au stade Paco-Matéo et également à celui de Hautepierre.
À plus long terme, le « Plan vestiaire » se poursuivra en 2026, avec des opérations dans des stades partout à Strasbourg : le centre sportif Ouest, le stade de Cronenbourg, de la Ganzau (Neuhof), du Canal (Wacken), de Pourtalès (Robertsau), Musau (Neudorf), Carpe-Haute (Robertsau), Charles-Frey, de l’Elsau, de l’Ill, de la Thur (Robertsau) et Émile-Stahl (Conseil des XV).
La rénovation de stades
Si le « Plan vestiaire » concentre une bonne partie des investissements de la Ville, cette dernière va aussi oeuvrer dans les prochaines années à refaire des stades de différents clubs de foot amateur. En 2025, elle va s’attaquer au remplacement du terrain synthétique du stade Charles-Frey mais aussi à son éclairage, pour un coût total de 1,12 million d’euros.
Elle mettra également 1 million d’euros pour le projet du nouveau terrain du CREPS, ainsi que 350 000 € pour le remplacement du terrain synthétique annexe du Bruckhof. En 2026, elle continuera d’investir pour accompagner l’opération CREPS, tout en remplaçant la surface de terrains synthétiques des terrains d’honneur des stades de la Rotonde et Paco-Matéo.
Kit de nettoyage et soutien financier : une volonté de mieux accompagner les clubs
Au-delà du « simple » effort sur les infrastructures, la Ville a également annoncé vouloir « mieux accompagner les clubs ». Une aide qui prend différentes formes : en premier lieu, elle renforce son soutien financier aux clubs évoluant en N3, ici le FCOSK 06, en accordant 20 000 € de plus à sa subvention [un montant équivalent à un poste d’éducateur/rice, ndlr].
Elle souhaite également s’adapter au calendrier sportif pour verser les subventions en début d’année calendaire, pour que les clubs ne se retrouvent pas face à des difficultés financières.
Nous sommes bien conscients que ce n’est qu'une première étape.
Surtout, elle a aussi enclenché une mesure de nettoyage renforcé des vestiaires, dès le mois d’août 2025. Décidée lors de la MIE avec le groupe LR des Jean-Philippe Maurer et Vetter, elle se traduit par une intervention une fois par semaine et par site, par des passages de « remise à niveau » deux fois par an et par une dotation d’un kit de nettoyage. Coût total de la mesure ? 120 000 €.
Et les autres sports alors ?
À l’issue de la conférence de presse, une question se posait : et les autres sports amateurs alors ? Si le football représente 17% du nombre de licencié(e)s total de l’écosystème sportif strasbourgeois et occupe 30% du total des créneaux sportifs, selon la Ville, les autres sports n’ont pas été oubliés durant le mandat.
Sur cette fin de mandat, un effort a été mis sur le foot amateur, que l’on souhaite continuer s’il y a un autre mandat pour nous.
Elle rappelle notamment la dizaine de rénovations, extensions ou constructions de gymnases réalisées, tout comme l’accompagnement des sections des clubs handisports, même quand ceux-ci sont en dehors de Strasbourg [notamment la section de cécifoot de Schiltigheim, ndlr].
Cecifoot : à Schiltigheim, il existe une équipe de foot pour déficients visuels
Mais surtout, elle compte bien profiter de l’abandon du projet de la SIG Arena pour retravailler le dossier, puisque le bâtiment lui appartient. Elle compte également avancer sur le projet d’un grand gymnase omnisports avec une capacité de 2 000 places, pour pouvoir accueillir différents clubs strasbourgeois ou alsaciens, notamment les Piraths, l’équipe féminine de handball.
Et le dernier mot revient à Syamak Agha Babaei, 1er adjoint : « Sur cette fin de mandat, un effort a été mis sur le foot amateur, que l’on souhaite continuer s’il y a un autre mandat pour nous. »



