Du 17 au 23 août prochain, Strasbourg accueillera l’édition 2026 du championnat d’Europe de cécifoot. Un tournoi à la maison pour nos Bleus, champion d’Europe en titre, et champion paralympique lors des JO de Paris. À l’occasion de l’organisation de cet Euro, nous avons eu l’occasion de découvrir cette discipline et de rencontrer les acteurs de ce sport. On vous emmène.
Depuis les JO de Paris, et cette iconique médaille d’or décrochée il y a près de deux ans au pied de la Tour Eiffel, lors d’une séance de tir aux buts irrespirable, le cécifoot a gagné en popularité dans l’Hexagone.
« Après 2024, la discipline est devenue beaucoup plus connue. Quand on croise quelqu’un et qu’on lui parle de cécifoot, on nous parle des Paralympiques. C’est génial », s’enthousiasme Arona Sow, ancien joueur de l’équipe de France et champion d’Europe avec les Bleus en 2022.
Le gardien Benoît Chevreau, présent lors de cette journée d’initiation, a vécu ce sacre de l’intérieur. « C’était beaucoup d’émotions, surtout au niveau du public. On avait vu les valides juste avant et on se demandait s’il y aurait autant d’engouement, de faveur et de soutien de la part du public français. Et c’était le cas. Ça donne des frissons quand on rentre sur le terrain avec une arène à 100 % derrière nous ».
L’équipe d’organisation de Paris 2024
Cette ambiance, le monde du cécifoot espère en retrouver l’essence lors de cet Euro 2026. Pour cela, rien de plus simple : on prend les mêmes et on recommence. Les organisateurs/trices du tournoi de cécifoot paralympique ont planché sur cette compétition européenne en reprenant la même recette.
« Paris 2024 a révélé que construire des stades dans des lieux culturels ou emblématiques a un vrai sens », a constaté Rémi Granger, ancien manager cécifoot pour Paris 2024. Il est aujourd’hui responsable développement cécifoot pour la Fédération Française de Handisport et directeur de l’Euro 2026.
Ainsi, durant la semaine du 17 au 23 août, le cécifoot va briller aux yeux de tous à Strasbourg. « On va monter un stade de 1 000 places devant le Parlement européen, au même endroit que les Internationaux de tennis », détaille Rémi Granger.
Maintenant que le décor est planté, reste à définir les enjeux sportifs de ce tournoi. « On est champion d’Europe en titre et champion paralympique, ce qui est un peu le Graal de notre sport. Donc on est attendus par toutes les nations », résume encore le directeur du championnat.
C’est comme au tennis en fait. Tant qu'il y a pas d'action, tout le monde est censé se taire.
Un statut de favori qu’il faudra assumer, malgré une forte adversité. « On aura le top des équipes européennes, donc c’est sûr qu’on aura de très belles rencontres avec les favoris », analyse de son côté l’ancien gardien de l’équipe de France, Benoît Chevreau.
Mais trêve de bavardage, nous avons été conviés pour découvrir la discipline et ses règles. Oubliez tout ce que vous savez du football traditionnel, si ce n’est qu’il faut bien sûr marquer des buts. Le cécifoot a des codes et des règlements très précis.
Premièrement, la taille du terrain diffère énormément. Il mesure 40 m de long pour 20 m de large, environ la taille d’un terrain de futsall. Les mi-temps s’étendent sur vingt minutes, avec un chrono arrêté.
Sur la pelouse, on retrouve quatre joueurs de champs non-voyants et un gardien valide. « Tous les joueurs de champ portent des masques pour que tout le monde se mette au même niveau de vision », explique Arona Sow.
Le gardien de l’équipe est donc le seul joueur voyant, et il doit défendre des cadres considérablement réduites comparé à celle du football traditionnel. Un mur impossible à franchir dans de telles conditions ? Loin de là.
« C'est rapide et spectaculaire, c’est un sport qu'il faut regarder »
« Le ballon est plus lourd, il va plus vite. Ceux qui regardent du futsal trouvent déjà que c’est plus plus rapide et plus impressionnant, mais le cécifoot atteint un niveau d’intensité supérieur au niveau des frappes. C’est rapide et spectaculaire, c’est un sport qu’il faut regarder », explique le médaillé d’or Benoît Chevreau.
Surtout, l’une des parties les plus importantes dans le cécifoot se joue naturellement avec le son. Le ballon est rempli du grelots et un guide voyant se trouve derrière chaque but pour guider son équipe au son de sa voix. « Il y a aussi une règle importante et indispensable dans le cécifoot, c’est le voy. Quand on se déplace sans le ballon on doit dire voy pour se signaler », raconte Arona Sow.
Un mot qui tire ses origines de l’espagnol, traduire « j’y vais », nation historique et référence mondiale de la discipline. Ces indications sonores impliquent donc le silence le plus total lors des rencontres. « C’est comme au tennis en fait. Tant qu’il y a pas d’action, tout le monde est censé se taire ».
Une première rencontre face à l’Angleterre
Après quelques exercices d’initiation et une confrontation réelle avec le masque que portent les joueurs, nul besoin d’expliquer la difficulté de la discipline. Pour être tout à fait honnête, c’est déjà un miracle de réussir à toucher la balle avec son propre pied lors d’une rencontre. Inutile aussi de vous dire que le niveau affiché durant cet Euro sera bien supérieur à ce que nous avons pu produire lors de cette journée d’initiation.
L’autre force du cécifoot, c’est qu’il est profondément inclusif et qu’il n’attend que de rencontrer de nouveaux membres selon Rémi Granger. « On a envie de dire aux voyants : venez jouer avec nous. Notre sport est ouvert à tous, le masque est le même pour tout le monde. À partir du moment où on le porte, l’équité est respectée et tout le monde peut jouer ».
À moins d’une semaine du début de la compétition, le directeur du tournoi espère que le public répondra présent. « Venez supporter notre Équipe de France, c’est ce qui lui a permis de chercher la médaille d’or à Paris ».
Pour leur première rencontre, les Bleus défieront l’équipe d’Angleterre le 17 août à 16h. Vous pouvez retrouver le programme des rencontres et la billetterie du tournoi juste ici.


