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L’upside down alsacien : 300 kilomètres de galeries et de puits se trouvent sous nos pieds !

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Imaginez que sous vos pieds se cachent 300 kilomètres de galeries et de puits. Ce sous-sol existe bel et bien en Alsace ! Les mines du Val d’Argent sont à 70 kilomètres de Strasbourg et s’étendent sur La Petite Liepvre, de Sainte-Marie-aux-Mines jusqu’au Col des Bagenelles. Depuis 1906, certaines galeries sont abandonnées. Silencieuses et endormies, elles ont leur propre histoire. Sont-elles l’ouvrage des nains ou des hommes ? On vous emmène découvrir les profondeurs de l’Alsace souterraine.

L’Alsace est une terre de légendes. Chaque lieu-dit, tour, vallée abrite son mythe. Dans la saga alsacienne, les nains peupleraient montagnes, grottes et cavernes. Dans la région, ils auraient la réputation d’aider les villages pour le labeur des champs ou les tâches quotidiennes.

D’une jeunesse éternelle, les yeux brillants comme la lune, ils porteraient de grands habits qui descendraient jusqu’au sol. Gare à celui ou celle qui se moquerait de leurs pieds-de-chèvre. Ou bien, vexés, ils retourneraient dans leurs grottes et n’en sortiraient plus.

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Bien loin des nains de Tolkien et de la Moria, les mines du Val d’Argent ont été creusées par l’Homme. Droits de pêche et de chasse (réservés à la noblesse), bon niveau de vie, caisse des mineurs en cas de pépin (ancêtre de la caisse d’allocation), le métier avait de nombreux avantages ! Au 16ème siècle, plus de 3 000 mineurs fourmillaient sous les montagnes de l’Altenberg et du Neuenberg.

On a discuté avec Manon Frack, de l’Association Spéléologique pour l’Étude et la Protection des Anciennes Mines (ASEPAM), pour en savoir un peu plus sur les sous-sols alsaciens.

sousterrains val d’argent mine
© Auryane Reisser

Une longue histoire souterraine à préserver

« L’exploitation des mines d’argent a commencé au 8ème siècle. Mais l’âge d’or des exploitations, appelé « Ruée vers l’argent », a débuté au 16ème siècle sur le Neuenberg », nous raconte Manon. « L’argent est alors utilisé pour frapper monnaie. Cela permettait de renflouer les caisses des seigneurs de Ribeaupierre, qui régnaient sur ce territoire du Saint-Empire romain germanique. »

Avec les guerres, l’épuisement des filons, le désintérêt local, l’activité minière finit par se tasser. Au 20ème siècle, on ferma définitivement les mines. Petit à petit, elles tombèrent dans l’oubli.

Il fallut attendre les années 1970, pour qu’un petit groupe de spéléologues s’intéresse de nouveau au sort des mines. Le géologue Pierre Fluck et son équipe ouvrirent la voie aux fouilles, à l’exploration et à la cartographie de ce patrimoine oublié. « Aujourd’hui, on connaît 70 kilomètres du réseau souterrain. Certaines mines, comme Saint-Louis Eisenthür et Gabe-Gottes, sont ouvertes à la visite toute l’année. Mais toutes ne le sont pas. Car il faut sécuriser les mines, les préserver, les fouiller. On a encore du boulot pour les prochaines décennies. », plaisante Manon.

Afin d’éviter les pilleurs de pierres, certains accès ont été bouchés volontairement par l’ASEPAM. C’est le cas de la mine féerie où des stalactites ont commencé à se former, faute de présence humaine. « Quand vous allez au château de Versailles, vous ne volez pas un tableau qui vous plaît. Ces mines appartiennent aux Monuments Historiques. Elles sont protégées et c’est le rôle des associations de sensibiliser les Alsaciens et les Alsaciennes. »

"Tous les gens qui habitent le Val d’Argent, ont un rapport avec l’activité minière."

Lorsque des minerais d’argent ont été découverts à Sainte-Marie-aux-Mines, des investisseurs locaux ont commencé à louer des terrains dans la montagne. « Ces concessionnaires ont ensuite lancé un appel : « nous avons des mines d’argent en Alsace, venez travailler pour nous ». C’était un peu l’ancêtre de la publicité. »

Plus de 3 000 travailleurs expérimentés d’Europe Centrale répondirent à ce cri de la montagne. Ils emménagèrent avec leur famille. Mais attention ! Seuls les hommes adultes étaient autorisés à travailler sous terre. « Contrairement à une légende qui rapporte que les enfants courraient dans les mines avec un drap pour renouveler l’air », ajoute Manon. « À Sainte-Marie-aux-Mines, on a retrouvé une cité ouvrière du 16ème siècle. Tous les gens qui habitent le Val d’Argent ont un rapport avec l’activité minière. »

Au total, 173 espèces minérales sont présentes dans les mines d’argent alsaciennes. C’est cette diversité qui explique encore aujourd’hui la renommée mondiale de la bourse aux minéraux de Sainte-Marie-aux-Mines.

Au 16ème siècle, il y avait plusieurs types de mineurs. Les tailleurs de pierre creusaient la montagne au marteau et à la pointerolle. « Ils avançaient très lentement, trois à quatre centimètres de moyenne par jour. Car la roche était dure », décrit Manon. Les décombreurs, quant à eux, nettoyaient les galeries.

Les charreurs poussaient les décombres dans une « halde », mot germanique désignant un amoncellement de déchets miniers. Les tourneurs de treuils enlevaient l’eau des galeries inondées, grâce à un système de seaux accrochés à des chaînes. « On parle toujours de descendre sous terre. Mais en réalité, on monte une légère pente. C’est ce qui permet l’écoulement naturel de l’eau. »

sousterrains val d’argent mine
© ASEPAM

Comment découvrir les mines du Val d’Argent ?

Achtung ! Pour découvrir le patrimoine minier, vous devez être accompagnés ! Il serait dommage de vous perdre sous terre sans carte, ni réseau 4G… En plus, les associations locales se font un plaisir de vous guider.

Vous cherchez une aventure humaine ? L’ASEPAM vous propose la visite des mines Gabe-Gottes (avec l’aide de l’association Archéo Mine) et Saint-Louis Eisenthür, qui sont très bien conservées. L’expérience et la passion des bénévoles rendent unique chaque visite ! L’ASEPAM organise également des visites contées, des reconstitutions historiques, et des fouilles bénévoles sur les chantiers archéologiques en cours.

sousterrains val d’argent mine
© ASEPAM

À la recherche de sensations fortes ? Le parc minier Tellure a aménagé des parcours de spéléologie et via ferrata pour tous les niveaux dans la mine Saint-Jean Engelsbourg, la plus grande du massif des Vosges avec ses 180m3. On avait d’ailleurs tenté l’expérience, qu’on vous racontait en détails par ici.

Historique, mythique et ludique, l’Alsace souterraine a encore bien des secrets à livrer, puisqu’il reste trois quarts du réseau à redécouvrir. Alors à vos frontales, prêts ? Explorer !

Auryane Reisser

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