Près d’un an après les élections municipales qui ont amené Jeanne Barseghian à la mairie de Strasbourg, les électrices et électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 20 juin, pour un double scrutin : le premier tour des élections régionales et départementales. Pour les départementales, l’enjeu est d’élire nos élues et élus strasbourgeois à la toute nouvelle Collectivité européenne d’Alsace (CEA). Après un premier tour à l’abstention très forte, qu’allait donner un second tour où les listes écologistes étaient en position de force ? On fait le point.

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Une participation toujours très faible à Strasbourg

Alors que le premier tour avait seulement vu 29,12 % des électeurs strasbourgeois se déplacer aux urnes pour élire leurs représentants à la CEA, le deuxième tour a opéré peu ou prou dans les mêmes eaux. En effet, seulement 29,94 % des électeurs sont allés voter ce dimanche 27 juin à Strasbourg. Soit un chouïa mieux qu’au premier tour, mais toujours moins d’un électeur sur trois.

Au niveau des cantons, comme la semaine dernière, la participation est extrêmement disparate, bien qu’elle suive une ligne assez problématique. En effet, c’est dans les trois cantons les plus pauvres (les 2,3 et 6) que la participation est la plus basse, ne dépassant pas les 30 %. Avec le canton 3 – Hautepierre-Poteries-Cronenbourg à 21,37 % comme participation la plus basse. Un nouvel exemple de la distanciation de la politique des quartiers populaires de la Ville.

Les résultats à Strasbourg

Après les derniers dépouillements des 144 bureaux de vote à Strasbourg, les résultats dans les cantons ont été assez équilibrés. Les écologistes, en tête dans trois cantons au premier tour, se retrouvent finalement vainqueurs dans deux. La droite et le centre confirment leurs bastions, respectivement à la Meinau et à la Robertsau d’un côté, et à l’Orangerie de l’autre. Enfin, les socialistes gardent un canton mais perdent l’autre. Pour les résultats en détail, c’est ci-dessous :

Canton 1 : Centre-Krutenau-Neudorf Ouest-Musau (23 004 électeurs inscrits, 34,27 % de participation)

  1. Florian Kobryn et Ludivine Quintallet (Gauche et écologistes) : 56,14 % (17,63 % des électeurs inscrits)
  2. Edith Peirotes et Mathieu Zeggiato (Union au centre) : 43,86 %

L’info à retenir : Une victoire des écologistes dans le fief de Jeanne Barseghian, qui habite au Neudorf. Défaite importante des socialistes, qui tenaient ce canton en 2015 avec Mathieu Cahn, qui ne s’est même pas retrouvé au second tour cette année.

Quartier Neudorf. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Canton 2 : Koenigshoffen-Montagne Verte-Centre-Gare (18 754 électeurs inscrits, 26,88 % de participation)

  1. Damien Fremont et Fleur Laronze (Gauche et Ecologistes) : 50,94 % (12,49 % des électeurs inscrits)
  2. Éric Elkouby et Martine Jung (Parti socialiste) : 49,06 %

L’info à retenir : L’élection la plus serrée à Strasbourg marque une nouvelle défaite pour les socialistes, qui tenaient ce canton en 2015, puisque le binôme sortant s’incline contre leurs rivaux écologistes.

Quartier de l’Elsau. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Canton 3 : Poteries-Hautepierre-Cronenbourg (22 658 électeurs inscrits, 21,37 % de participation)

  1. Françoise Bey et Serge Oehler (Parti Socialiste) : 55,94 % (10,59 % des électeurs inscrits)
  2. Chèrif Diallo et Stéphanie Karmann (Gauche et Ecologistes) : 44,06 %

L’info à retenir : Alors que la tête au premier tour s’était jouée à seulement trois voix, il y a eu finalement peu de suspense au deuxième tour. Les socialistes sauvent l’honneur dans un de leur bastion, surtout en battant les écologistes. On notera également la plus faible participation de tous les cantons à Strasbourg.

Quartier Hautepierre. © Caroline Alonso / Pokaa


Canton 4 : Centre-Nord-Contades–Robertsau (24 954 électeurs inscrits, 36,42 % de participation)

  1. Anne Tenenbaum et Jean-Philippe Vetter (Centre et Droite) : 63,36 % (22,15 % des électeurs inscrits)
  2. Jacqueline Françoise Karo et Roger Bernard Wolff (Gauche et Ecologistes) : 36,64 %

L’info à retenir : C’est un raz-de-marée pour la droite dans ce canton, avec la plus large victoire de ces élections départementales à Strasbourg. Ce binôme étant le seul à dépasser les 20% des électeurs inscrits sur ces départementales. C’est même mieux que leurs prédécesseurs en 2015, qui l’avaient emporté contre Alain Fontanel, alors au PS, et Christel Kohler.

Quartier Robertsau. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Canton 5 : Esplanade-Conseil des XV-Orangerie-Port du Rhin (19 712 électeurs inscrits, 35,55 % de participation)

  1. Nicolas Matt et Anne Reymann (Divers Centre) : 58,54 % (19,65 % des électeurs inscrits)
  2. Leyla Binici et Aurélien Bonnarel (Gauche et Ecologistes) : 41,46 %

L’info à retenir : Ce canton, gagné par les socialistes en 2015, basculent à droite. En donnant par la même occasion à la majorité LREM sa seule victoire à Strasbourg.

Quartier Port du Rhin. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Canton 6 : Meinau-Neudorf-Est-Neuhof (28 418 électeurs inscrits, 24,44 % de participation)

  1. Pascale Jurdant-Pfeiffer et Jean-Philippe Maurer (Union Droite) : 57, 77 % % (14,04 % des électeurs inscrits)
  2. Fanchon Barbat-Lehmann et Germain Mignot (Gauche et Écologistes) : 42,23 %

L’info à retenir : Sans surprise, la droite garde son deuxième bastion après celui de la Robertsau, sur un score similaire à 2015.

Quartier Neuhof. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Qui est le nouveau président de la Collectivité européenne d’Alsace ?

En plus de donner des indications sur les orientations politique de notre ville de Strasbourg, les élections départementales étaient surtout le moyen d’élire un nouveau président pour la Collectivité européenne d’Alsace. Sans trop de surprises, nous sommes en Alsace après tout, les scores de la droite ont été faramineux dans le Bas-Rhin et en Alsace en général : sur les quarante cantons alsaciens, seuls quatre sont à gauche en Alsace, dont trois à Strasbourg, le quatrième étant celui de Wittenheim, dans le Haut-Rhin. Si l’on considère que le centre n’est pas une nuance de droite, et qu’on enlève les quatre cantons glanés par le centre, la droite possède ainsi 32 cantons !

Frédéric Bierry. © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons – cc-by-sa-3.0

Dès lors, fort logiquement, c’est Frédéric Bierry (LR), gagnant dans son canton de Mutzig, qui est reconduit à la présidence de la CEA. Et comme première annonce, il a décidé d’organiser « une grande consultation de la population alsacienne » pour « une expression claire et nette » sur une sortie ou non du Grand Est, devant les caméras de France 3, et rapporté par les DNA. La (gué)guerre entre la CEA et la région Grand Est recommence, avec une petite particularité : ce sont deux Alsaciens aux manettes. Ça promet.

Si les écologistes n’ont pas transformé l’essai dans tous les cantons, en dépassant les socialistes, ils démontrent définitivement qu’ils sont une force politique avec laquelle il faut désormais composer à Strasbourg. Pour la CEA néanmoins, la droite est incroyablement majoritaire et elle gouvernera les six vraies premières années de cette nouvelle entité. Le tout, dans une crise extrême de la participation citoyenne. En espérant qu’ils en tirent les leçons.

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