Les 20 et 27 juin prochains, les Strasbourgeoises et Strasbourgeois retourneront aux urnes, un an après les municipales et à un an seulement de la présidentielle. Petite particularité : il faudra voter pour deux élections en même temps, les régionales et les départementales. Comme ces élections sont souvent peu comprises et assez obscures, on a essayé de comprendre ce qu’elles signifient pour le futur de Strasbourg, de l’Alsace et du Grand Est. En gros : à quoi servent vraiment ces élections ? Seconde étape : les élections départementales.




Prévues au même moment que les élections régionales, les élections départementales se tiendront le 20 et 27 juin prochains. Les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois seront appelés aux urnes pour élire leurs conseillers départementaux. Les élections départementales, ce sont en fait les anciennes élections cantonales dont se souviennent peut-être les plus vieux d’entre nous. Elles ont lieu tous les six ans et permettent de constituer le conseil départemental, qui dirige le département et se charge des affaires relevant de cette collectivité. Cette année, le conseil sera renouvelé dans son intégralité et les élus siégeront à la Communauté Européenne d’Alsace.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les élections départementales ne sont pas organisées par départements mais par cantons. Chaque département se compose donc de plusieurs cantons et pour chaque canton, il faut élire un binôme de conseillers départementaux. Chaque binôme est composé d’un homme et d’une femme et chaque électeur doit donc voter pour l’un des binômes qui se présente dans son canton. Pour qu’un binôme soit élu dès le premier tour, il doit recueillir la majorité absolue et le quart des électeurs inscrits doit avoir voté pour lui. Si ce n’est pas le cas, il y aura un second tour, prévu le 27 juin prochain.

© Tamara Leroy / Pokaa


Quelles sont les compétences du département ?

En France, les collectivités territoriales jouissent de certaines compétences particulières qui sont complémentaires à celles de l’État. Les régions, les départements et les communes ont donc chacun un pouvoir d’action limité et différent. Dans le cas du département, le conseil départemental se réunit au minimum une fois tous les trois mois et un président est élu à sa tête.

Mais alors de quel pouvoir le conseil départemental dispose concrètement ? Quelles décisions peut-il prendre ? Ses compétences s’exercent dans plusieurs domaines distincts : la solidarité et la santé, l’aménagement du territoire, l’éducation, le sport et la culture. Dans le détail on retrouve : 

La santé et la solidarité

Plus de la moitié de son budget de fonctionnement est consacrée aux personnes âgées, aux enfants, aux personnes handicapées et aux personnes bénéficiant des prestations d’aides sociales. Le département se charge donc des prestations d’aides sociales et de la gestion des allocations individuelles de solidarité comme le versement du RSA, de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) et de l’APA (Allocation Personnalisée d’​Autonomie). Mais il verse aussi l’ASE (l’aide sociale à l’enfance), la PMI (protection maternelle et infantile et gère les adoptions. Il crée et gère également les maisons de retraite présentes dans le département.

Le Conseil départemental anciennement appelé Conseil général.
© Martin Lelièvre / Pokaa

Aménagement du territoire

Le département construit et assure l’entretien des routes départementales ainsi que des équipements routiers présents sur ce réseau. Il finance également le service départemental d’incendie et de secours (SDIS67) qui protège les habitants des incendies.

Éducation

Le département est propriétaire des collèges publics et en assure la construction, l’entretien, s’occupe de la restauration scolaire et fournit les équipements. Il est aussi responsable des services de transports pour les élèves handicapés.

Sport et culture 

En matière de culture, le département est responsable des bibliothèques de prêt ainsi que des musées départementaux et des archives départementales. Il a pour mission de protéger le patrimoine et de promouvoir les langues régionales. Enfin, il subventionne également certaines associations sportives, certaines infrastructures et certains événements sportifs.

© Charlie Picci Claude / Pokaa


Il y a six ans, qui a gagné dans les cantons ?

En 2015, c’est la droite qui avait remporté les élections départementales dans le Bas-Rhin. 19 cantons avaient été raflés par la droite et seuls quatre avaient été remportés par le Parti Socialiste. Mais à une échelle plus réduite, la gauche était majoritaire parmi les cantons de Strasbourg. Le canton n°1, le canton n°2, le canton n°3 et le canton n°5 avaient été remportés par le Parti Socialiste, tandis que le canton n°4 et n°6 avaient été remportés par la droite.

© Nicolas Kaspar / Pokaa


Cette année, qui sont les candidats ?

Strasbourg se découpe en six cantons distincts. Dans chacun d’entre eux, un seul binôme sera élu.  

Les six cantons de Strasbourg en 2015, qui sont toujours les mêmes en 2021. © Conseil départemental du Bas-Rhin

Dans le canton n°1 de Strasbourg, les binômes sont les suivants :

  • Sarah Jamali et Vogler Thomas (Divers) 
  • Florian Kobryn et Ludivine Quintallet (Gauche et écologistes)
  • Serge Gremillet Magali Guivarch (Rassemblement national)
  • Audrey Rozenhaft et Alexandre Wolf-Samaloussi (Les Républicains)
  • Edith Peirotes et Mathieu Zeggiato (Union au centre)
  • Fanny Fuchs et Martin Guillaumé (Divers centre) 
  • Nadia Annebi et Mathieu Cahn (Divers gauche) 
  • Claudia Andretta Et Alexandre Lesueur LESUEUR (Ecologistes)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Dans le canton n°2 de Strasbourg :

  • Lysiane Collon Bender et Baptiste Lorentz (Les Républicains)
  • Jean-Claude Bader et Tamara Volokhova (Rassemblement National)
  • Michèle Jung et Ton Ta (Modem)
  • Éric Elkouby et Martine Jung (Parti socialiste)
  • Jean-Philippe Golly et Cindy Schoeny (Divers)
  • Elisa Blache et Aymeric Fraincart (Extrême gauche)
  • Damien Fremont et Fleur Laronze (Gauche et Ecologistes)
  • Azeddine Naji et Fadma Rouchdi (Divers)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Dans le canton n°3 de Strasbourg : 

  • Aurélie Brastenhofer et Sergiy Gourtovyi (Rassemblement National)
  • Chèrif Diallo et Stéphanie Karmann (Gauche et Ecologistes)
  • Didier Lang et Marilyne Schell (Divers)
  • Olivier Ferrand et Claudia Schell (La République en Marche)
  • Doris Nicolas et Jamal Rouchdi (Divers)
  • Valentin Dive et Imène Sfaxi (Les Républicains)
  • Françoise Bey et Serge Oehler (Parti Socialiste)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Dans le canton n°4 de Strasbourg : 

  • Aurélie Iund et Étienne Westphal (Parti Socialiste)
  • Steven Fluhr et Annick Peter (Rassemblement National)
  • Anne Tenenbaum et Jean-Philippe Vetter (Centre et Droite)
  • Jacqueline Françoise Karo et Roger Bernard Wolff (Gauche et Ecologistes)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Dans le canton n°5 de Strasbourg :

  • Dominique Mastelli et Noémie Tebol (Parti Socialiste)
  • Leyla Binici et Aurélien Bonnarel (Gauche et Ecologistes)
  • Maritchu Rall et Jean-Emmanuel Robert (Les Républicains)
  • Laurine Roux et Richard Seiler (Divers Droite)
  • Nicolas Matt et Anne Reymann (Divers Centre)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Dans le canton n°6 de Strasbourg :

  • Philippe Darstein et Sandra Dietsch (Divers Centre)
  • Ronan Galinier et Elisabeth Ramel (Parti socialiste)
  • Hombeline Du Parc et Jacques Louviaux (Rassemblement National)
  • Sandra Kuntz et Marcel Wolff (Divers)
  • Pascale Jurdant-Pfeiffer et Jean-Philippe Maurer (Union Droite)
  • Fanchon Barbat-Lehmann et Germain Mignot (Gauche et Écologistes)

Pour lire les professions de foi des candidats de ce canton, c’est par ici !

Les 20 et 27 juin prochains, ce sera donc l’occasion de d’influer sur la politique locale. Et si on retrouve dans de nombreux binômes des têtes déjà bien connues localement, voire même d’anciens candidats ou candidates aux dernières municipales de Strasbourg, des petits nouveaux semblent faire leur apparition dans le petit monde politique.

Pour que les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois puissent faire leur choix, rien de mieux que de consulter les professions de foi, ces petits documents réalisés par les candidats qui détaillent leurs programmes politiques. Seulement voilà, à cinq jours de la date fatidique, un très grand nombre de candidats n’a toujours pas déposé sa profession de foi en ligne via le portail des élections départementales du gouvernement. Un manque de considération à l’égard les électeurs strasbourgeois qui sont pourtant déjà si peu à se déplacer pour voter lors de ces élections.

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