Comment se rendre dans un club libertin quand on n’a pas le permis ou que l’on souhaite simplement profiter de sa soirée sans reprendre le volant ? C’est en voulant répondre à cette question que deux Strasbourgeois ont imaginé « Liberty Car », une application inédite qui mêle covoiturage et communauté libertine.
« C’était une connerie à la base ! », Eliot Schacke, 32 ans, sourit en repensant à la naissance du projet. Habitué du milieu libertin depuis une dizaine d’années, il imagine le concept lors d’un trajet entre Paris et Toulouse. L’idée tombe à un moment charnière de sa vie, où il ressent le besoin de changer de cap.
Il en parle alors à son ami Anthony Witz, 29 ans. Autodidacte en développement informatique, ce dernier quitte son emploi pour se consacrer entièrement au projet. Il passe des journées – et parfois des nuits – à coder. Le premier prototype voit le jour en quelques heures. La première ligne de code officielle de « Liberty Car » est, elle, écrite le 15 mars 2026.
Un problème très concret
Derrière ce projet se cache un constat simple : de nombreux clubs libertins sont situés en périphérie des villes. « Certaines personnes n’ont pas le permis. D’autres veulent boire un verre sans avoir à reprendre la route ensuite. »
L’application permet ainsi aux utilisateurs/rices de proposer ou de rejoindre un covoiturage vers plus de 400 établissements référencés en France, en Allemagne, en Belgique et en Suisse. Chaque club dispose de sa fiche avec ses informations pratiques, ses événements et le nombre de participant(e)s attendu(e)s.
Mais pour les deux fondateurs, Liberty Car ne se résume pas à un simple service de transport.
« Ce n’est pas une application de rencontre sexuelle. Le libertinage est avant tout un état d’esprit. Notre objectif est de faciliter les déplacements et de créer des échanges entre des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt. »
« La sécurité commence avant d'arriver au club »
Le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des deux associés est sans doute sécurité.
Chaque utilisateur doit vérifier son identité en trois étapes : une adresse e-mail, un numéro de téléphone puis une pièce d’identité accompagnée d’un selfie. Les conducteurs/rices devront également renseigner leur véhicule. Les profils non vérifiés pourront consulter l’application, mais pas participer aux covoiturages ni aux événements.
« Tout le monde partage les mêmes valeurs : la discrétion, la sécurité et surtout le consentement. Une expérience libertine commence bien avant de franchir la porte d’un établissement. »
Selon eux, l’application peut également rassurer les personnes qui découvrent cet univers. Une personne seule pourra, par exemple, effectuer le trajet avec un couple habitué aux lieux, poser ses questions et arriver plus sereinement pour une première expérience.
Un marché qui se développe
Pour Eliot Schacke, le libertinage attire un public de plus en plus large. Les deux associés estiment qu’environ 4,5 millions de Français(es) pratiquent aujourd’hui le libertinage de manière régulière ou occasionnelle.
« Il y a dix ans, c’était beaucoup plus tabou. Aujourd’hui, les gens sont plus curieux et assument davantage cet état d’esprit. On le voit aussi sur les réseaux sociaux où de plus en plus de créateurs parlent du sujet. »
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L’application reflète cette diversité. Couples, hommes seuls, femmes seules, personnes homosexuelles, bisexuelles ou transgenres peuvent créer un profil. Une fonctionnalité permet également aux couples d’apparaître ensemble ou séparément selon leurs envies, une option que les deux fondateurs présentent comme unique sur le marché.
Une communauté déjà au rendez-vous
Avant même son lancement officiel, le 17 juillet, Liberty Car rassemblait déjà plus d’une centaine de personnes préinscrites et plusieurs centaines d’abonné(e)s sur Instagram. Les deux Strasbourgeois organisent régulièrement des visioconférences avec leur communauté afin d’améliorer l’application.
« On cherche vraiment la proximité. Les utilisateurs nous proposent des idées, nous font des retours et, au final, ce sont eux qui participent au développement de l’application. »
Désormais, Anthony Witz et Eliot Schacke souhaitent accélérer le développement de leur jeune entreprise grâce à des partenariats avec les clubs libertins et une future levée de fonds. Leur ambition : transformer une simple idée imaginée sur l’autoroute en un véritable réseau social.
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Pour télécharger l’application ou pour suivre les aventures de Liberty Car :
La page Instagram
Le site web
Journaliste : Tom Herga


