Après une météo plutôt clémente pendant les fêtes de fin d’année, les températures sont à la baisse cette semaine. Chutes de neige, verglas, givre au petit matin. L’hiver est là, et il pourrait être particulièrement froid.

Noël au balcon, Pâques au tison, dit le proverbe. Comprendre : s’il fait doux le 24 décembre, préparez les moufles et le feu de cheminée au début du printemps. Il faudra attendre le 4 avril pour vérifier le bien-fondé de ce dicton. Mais le plaid, le bonnet, les chaufferettes et les écharpes seront utiles bien avant. Après des températures particulièrement douces en décembre, l’hiver s’est enfin installé en France et dans la plaine d’Alsace cette semaine. Avec pour conséquences des mesures prises par la préfecture pour protéger les plus démunis, et des appels aux économies d’énergie à l’échelle nationale pour protéger le réseau de transport d’électricité. On vous en dit plus.

© Page Facebook du Lac Blanc

Le « réchauffement stratosphérique soudain », menace polaire sur notre hiver

Chaque année, au moment de la baisse des températures, la même question apparaît : connaîtra-t-on l’hiver du siècle ? À quel point le froid pourrait-il s’abattre sur l’Hexagone ? Si 2021 a commencé fraîchement, c’est en raison tout d’abord du front froid apporté par la tempête Bella. Mais un autre phénomène météorologique s’est joué au pôle nord, qui pourrait bien avoir un impact sur l’hiver européen.

Début janvier – décidément – la stratosphère s’est brutalement réchauffée au-dessus du pôle, passant de -69°C à -13°C. Ce « réchauffement stratosphérique soudain » perturbe deux systèmes de circulation des masses d’air au-dessus du pôle. Une couronne de vents rapides, baptisée courant jet de la nuit polaire, tourne autour du pôle pendant l’hiver et maintient en son centre une masse d’air glaciale, nommée vortex polaire. Lorsque les températures se réchauffent brutalement dans la stratosphère – à 30 kilomètres au-dessus de nos têtes à peu près – ces différents systèmes de circulation se dérèglent, entraînant des variations de températures anormales dans l’hémisphère nord. Soit des températures nettement au-dessus des normales de saison, comme en 2019. Soit des vagues de froid exceptionnelles, comme lors de l’hiver 2012.

Le réchauffement stratosphérique soudain tord en effet la couronne de vents qui garde l’air froid bien à la verticale au-dessus du pôle, jusqu’à la rompre dans certains cas. Le vortex polaire est alors libre de se balader en direction des tropiques et peut se morceler. À ce stade, toutes les conditions sont réunies pour avoir un hiver rigoureux dans les semaines à venir au niveau de l’hémisphère nord. Aux États-Unis, les prévisionnistes prévoient d’ores et déjà une vague de froid qui pourrait durer jusqu’à mi-février. En Europe, les météorologues continuent de scruter la stratosphère. Le vortex polaire s’est en effet divisé en deux et une partie s’approche du continent. Mais il reste à 30 kilomètres d’altitude, et n’a pas encore entraîné de changement dans les couches les plus basses de l’atmosphère. Affaire à suivre de près donc… Car la porte du congélateur est, en quelque sorte, toujours ouverte.


Quelles mesures pour lutter au mieux contre cette vague de froid ?

Mettre à l’abri les plus fragiles

Pour faire face à la baisse des températures, la préfecture du Bas-Rhin a annoncé lundi 9 janvier un renforcement des mesures hivernales dédiées aux personnes en situation de grande précarité. C’est-à-dire « une extension des horaires des équipes de maraudes tournant tous les soirs de la semaine durant la période hivernale », « une attention renforcée des accueils de jour pour le repérage des publics les plus en difficultés », et « l’ouverture supplémentaire de lieux chauffés ». Elle indique également dans un communiqué de presse qu’un « appel à la vigilance a été lancé auprès des services de secours circulant sur la voie publique ».

Des mesures suffisantes ? Non, pour Gabrielle Ripplinger, directrice de la Cloche Grand Est, association à l’origine du Carillon, réseau de commerçants solidaires dispensant des services aux personnes en situation de grande précarité. « C’est insuffisant, mais pas inutile, tempère t-elle. On sait que comme tous les dispositifs de mise à l’abri, ces mesures ne sont pas pérennes et ne permettent pas de sorties positives des personnes accompagnées. C’est un pansement sur une jambe de bois. Ce n’est utile qu’à très court terme.« 

Toutefois, chacun peut agir, pour la directrice de l’association. « Il y a pas mal de choses à faire : on peut commencer par demander aux personnes que l’on voie dans la rue ce dont ils auraient besoin, et partir de ces besoins plutôt que des a priori que l’on pourrait avoir. On peut aussi se rapprocher des associations qui font des maraudes en ce moment, comme Abribus, Médecins du monde, Strasbourg action solidarité ou les vélos du cœur si l’on souhaite aider ou faire des dons de vêtements ou de nourriture. C’est un peu plus compliqué avec le couvre-feu, mais pour les gens qui rentrent le soir, ça peut être aussi discuter avec les personnes qui ont l’air en situation de détresse. Enfin, ce qu’il faut savoir, c’est qu’en appelant le 115 on peut demander une mise à l’abri, mais aussi le passage d’une maraude! »

© Thibault Vetter

Économiser l’énergie

Autre conséquence du plongeon opéré par le mercure : un appel à économiser l’énergie de la part de RTE, l’entreprise gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Les températures de 4 à 5 degrés en dessous des normales de saison ont mis en tension le système d’approvisionnement. Pour prévoir tout risque de coupure, RTE a donc incité tous les Français à réduire leur consommation d’électricité entre 7 et 13 heures le 8 janvier dernier.

Un scénario qui pourrait se reproduire cet hiver. Le site Mon Ecowatt, qui permet de donner l’état du réseau, propose un catalogue de gestes à adopter pour diminuer sa consommation d’énergie – et donc, sa facture d’électricité. Comme, par exemple, éteindre le chauffage dans une pièce en cours d’aération – particulièrement d’à-propos en période covid où la ventilation des pièces fait partie des recommandations sanitaires – baisser la température du logement à 16 ou 17°C en cas d’absence, ou encore éteindre complètement son écran et son ordinateur en fin de journée.

Pas de doute, l’hiver est bien arrivé. Rien d’étonnant, en janvier, certes. Mais si vous faites partie de ceux qui rêvent de pouvoir hiberner jusqu’au printemps, il existe quelques antidotes à la saison froide. Comme s’offrir un rendez-vous quotidien avec son plaid, un bon bouquin et une boisson chaude. Et quelques instants zen à regarder tomber la neige.

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