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Strasbourg : le blues des blouses blanches

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Pour beaucoup d’entre nous, vous n’êtes que des blouses blanches, roses, bleues ou vertes, en perpétuel mouvement tels des arcs-en-ciel dans des bâtiments aseptisés sentant la nourriture en barquette, le désinfectant ou encore la peinture fraîche. Nous ne connaissons ni vos prénoms, ni vos histoires. Vous êtes associé(e)s à une profession, un titre, une fonction.

Médecins – Infirmiers(es) – Aides-soignants(es) – Brancardier(e) – Agents des services hospitaliers –  Anesthésistes – Réanimateurs et réanimatrices. La liste est encore longue parce que vous êtes aussi des milliers à travailler dans l’ombre, en amont, au SAMU ou dans une caserne de pompiers.

C’est tout juste si nous nous souviendrons de vos visages en rentrant chez nous, après une opération de l’appendicite, un accouchement ou quelques points de sutures suite à une mauvaise chute à vélo. Vous êtes des anonymes encaissant les coups, les insultes au nom d’un service public dont les moyens ne cesse de décroître. Mais vous gardez une conscience, de l’empathie, des valeurs et cette vocation qui vous anime depuis toujours et qui coule dans vos veines naturellement : Soigner, écouter, soulager.

Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin de vous et nous, Strasbourgeois, Colmariens, Français, nous nous rendons compte qu’il y a un être humain derrière un stéthoscope, qu’il y a un sourire derrière une prise de tension et un sacrifice derrière chaque toilette effectuée. Vos visages sont meurtris par le port continuel d’un masque inconfortable, laissant des bleus, des marques, les traces d’une pénibilité endurée toute la journée, toute la semaine, même les week-ends, entre un sandwich au jambon desséché  ou un verre d’eau ingéré à la va-vite histoire de ne pas sombrer complètement physiquement ou dans la folie.

Vos journées sont comparables à celles des employés d’Amazon :

Toujours plus de patients – Toujours moins de temps – Toujours moins de collègues –Toujours la même rémunération insignifiante – Toujours un silence cynique de la part des pouvoirs publics. Une cadence imposée par des usagers toujours plus nombreux à se rendre aux urgences pour tout et pour rien, exigeant d’être pris en charge tout de suite et gratuitement.

Seulement un jour, nous nous retrouvons contaminés par un virus assassin et terminons dans un service de réanimation où des ombres discrètes s’évertuent à nous maintenir en vie, à nous nourrir, à nous changer, à faire en sorte que nous restions en vie dans la dignité. Nous réalisons que vous êtes indispensables et que sans vous, nous ne serions pas grand chose. C’est maintenant que nous commençons à comprendre que votre mobilisation est légitime depuis plusieurs mois, voire plusieurs années et que nous, moi compris, utilisateurs de vos services, n’avons jamais réellement soutenu votre cause, si ce n’est en likant des posts sur Facebook depuis nos canapés.

Vous prenez la violence des malades en plein visage, leur désespoir aussi et ils vous arrivent aussi de les voir partir alors que vous étiez attachés à eux parce que vous ne les considérez pas comme des produits, des numéros de sécurité sociale, des symptômes ou des traitements. Vous avez un cœur.

Il est temps de vous soutenir en respectant scrupuleusement les consignes de confinement :

  • En limitant les interactions sociales au maximum pour réduire les risques de transmission du virus,
  • En réduisant les courses aux choses et aliments prioritaires,
  • En stoppant les  visites à des personnes vulnérables, notamment les personnes âgées sans exclure de les aider en prenant les précautions nécessaires de distanciation,
  • En se lavant les mains régulièrement,
  • En se toussant dans son coude,
  • En se saluant sans se serrer la main ou se faire la bise,
  • En télétravaillant lorsque cela est possible.

Il est temps de vous présenter nos excuses pour nos comportements inappropriés même si nous pourrons jamais vous rendre un millionième de ce que vous faites pour nous.

Il est surtout temps de vous dire merci pour ce que vous faites pour nous malgré une baisse de budgets dans vos établissements, malgré un sous-effectif permanent qui ne vous permet plus de faire votre travail correctement et qui vous bouffe de l’intérieur au point que certains d’entre vous en arrivent même à abandonner un métier pour lequel ils avaient donné une très grande partie de leur vie.

Merci à vous pour votre patience, votre bienveillance, votre sens des responsabilités, votre humanité.

Nous vous aimons, tout simplement.

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