Après 12 années sous le règne du roi Roland, le trône de Strasbourg se libère et les prétendants sortent désormais à visage découvert. Ce 15 et 22 mars, le ou la prochaine(e) Maire de Strasbourg sera élu(e). Un vote qui ne changera pas forcément le monde dans lequel nous vivons, mais qui par contre peut changer le visage de nos rues, de nos nuits et de ce qui rythme notre quotidien. Le résultat de ces élections municipales marquera le début d’une nouvelle histoire pour la ville et ceux qui l’habitent. C’est donc tout naturellement qu’on s’est décidé à vous présenter les candidats à notre belle mairie, pour que vous puissiez y voir plus clair. Aujourd’hui : Jean-Philippe Vetter, candidat Les Républicains (LR).

Jean-Philippe Vetter, en quelques mots

Pour celles et ceux qui n’auraient pas le temps de lire la biographie complète de Jean-Philippe Vetter, voici quelques informations qui vous donneront un petit aperçu de l’homme en question.

  • Il a 39 ans. Il se veut le chantre du renouvellement de la classe politique strasbourgeoise, étant jeune et dans l’opposition politique de la mairie.
  • Il a été investi par Les Républicains en octobre 2019. Il se pose en candidat de la droite et du centre.
  • Il est conseiller municipal d’opposition depuis 2014, il travaille au parlement européen depuis 2018.
  • Ses thématiques principales sont le rayonnement d’une ville et de son territoire par le sport, la sécurité et la salubrité dans les quartiers et faire de la politique de façon non austère.

Sa vie

Fils d’un père boulanger et d’une mère infirmière, tous les deux adhérents du RPR – ancien parti politique de droite se réclamant de l’œuvre du Général de Gaulle, dissous dans l’UMP, maintenant LR, en 2002, ndlr –, selon ses propres mots, Jean-Philippe Vetter a vécu une enfance très heureuse. Le tout dans un milieu d’artisans, qui vivait autour de la boulangerie familiale à Colmar.

Son bac S en poche, il s’en va à Strasbourg en 1998 et débute des études de STAPS. Une évidence pour un très bon tennisman, qui faisait partie des meilleurs benjamins alsaciens de l’époque. Son père n’ayant pas financé ses études, « une autre manière de voir les choses », il a fait plusieurs petits boulots à côté : pion en internat et en externat ou encore livreur de pizzas.

« Faire des études dans le sport ça a été quelque chose qui me parlait direct. Dans le sport on a le rapport à l’autre, le dépassement de soi. Il y a la solidarité, et ça me parlait vraiment. »

Il finira par reprendre des études bien des années plus tard. En 2016, il obtient sa maîtrise en Sciences politiques et sociales à l’université de Strasbourg. Mais ce passionné de sport possède un autre péché mignon : le hip-hop. De 20 à 24 ans, il fait ses propres sons et écrit ses textes. Il a même fait la Laiterie par deux fois, où il a pu y chanter.

Son parcours politique

La clé dans le parcours de Jean-Philippe Vetter est l’année 2004, celle du début de son engagement politique. Il arrive à la permanence de l’UMP à Strasbourg. Pas encore renommé LR, le mouvement correspond bien à ses valeurs, puisqu’il incarne une sorte de CDU à la françaiseUnion chrétienne-démocrate d’Allemagne, une droite conservatrice en termes de valeurs, ndlr – qui rassemble des sensibilités de droite et du centre droit – il aimait bien Jean-Louis Borloo par exemple, ndlr.

Il prend petit à petit davantage de responsabilités. Cette différence des genres entre le jeune fan de hip hop et le milieu politique de droite, généralement plus bourgeois, joue en sa faveur. Il s’est vraiment engagé dans la campagne présidentielle de l’UMP en 2007, se soldant par la victoire de Nicolas Sarkozy. Il y découvre une nouvelle famille politique et se frotte à une autre réalité que celle qui était la sienne à l’époque : celle d’un étudiant.

« La politique ça te fait casser des bulles. »

D’abord assistant de l’opposition municipale en 2008, il est l’assistant de la sénatrice Fabienne Keller à partir de 2011. En 8ème position sur la liste municipale « Strasbourg à vos côtés », le groupe de Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg, il est élu conseiller municipal et communautaire d’opposition. Au niveau de son groupe politique, il faut en parler au pluriel : investi par Les Républicains, au conseil municipal il est membre du groupe Strasbourg à vos Côtés – Agir, Les Républicains, Libres ! et MoDem. Il est également conseiller eurométropolitain et conseiller de la commune de Strasbourg, en tant que membre de la Commission permanente.

Jean-Philippe Vetter / Photo : @Pokaa

Il quitte en 2017 son poste d’assistant parlementaire afin de lancer une Start’Up dans les nouvelles technologies, notamment le domaine de la BlockChain. Un problème de financement l’empêche alors de réaliser son objectif et il se retrouve alors à Pôle Emploi, pendant quatre mois. C’est en 2018 qu’il retrouve un travail, en tant que collaborateur de l’eurodéputé Geoffroy Didier.

Investi début octobre 2019 par la commission d’investiture de « Les Républicains », il a réussi à rassembler la majeure partie de la droite et du centre autour de lui. Il a en effet reçu le soutien de Laurent Schumacher, nommé il y a quelques mois chef de file de l’UDI pour cette élection, mais aussi celui de Médéric Furon du parti Les Centristes.

Ses actions politiques

  • “La politique n’est pas obligée de revêtir des habits austères”

Au vu de son âge et de la tendance générale au renouvellement par le jeunisme de la classe politique, il n’est pas étonnant que Jean-Philippe Vetter mette ses qualités précises en avant. Un moyen : faire de la politique autrement. En 2010, alors qu’il est membre du bureau national des jeunes de l’UMP, il envoie aux journalistes strasbourgeois, un “réveil Ries ». Derrière ce terme, un geste qui a pour ambition de réveiller Strasbourg car c’est une belle endormie, c’est une ville qui a des capacités exceptionnelles. Mais selon lui, ce n’est pas seulement Strasbourg qu’il faut réveiller mais aussi Roland Ries, coupable selon lui d’un manque d’action de la municipalité.

« La politique ça peut et ça doit être sérieux mais on n’est pas obligé de revêtir des habits austères on peut le faire de manière sympathique et différente »

  • La sécurité comme axe prioritaire

La sécurité est un thème souvent cher à la droite. Il n’est donc pas étonnant que Jean-Philippe Vetter en fasse un de ses axes forts. Le 8 janvier, il révélait dix mesures pour améliorer la sécurité de Strasbourg et de ses habitants : plus de police entre décembre et janvier, davantage de vidéosurveillance ou encore la nomination d’un poste d’adjoint au maire chargé de la sécurité, les propositions ne manquent pas.

« Je n’ai pas honte de dire de commencer par la sécurité dans certains quartiers »

Un axe qu’il justifie par sa présence sur le terrain lors d’un Nouvel An placé sous le signe des voitures brûlées. En outre, le 11 janvier, il a participé avec son équipe à un wintersputz – nettoyage d’hiver, ndlr – au sein du quartier de l’Elsau. Ce qui le motive d’autant plus à amener la sécurité des habitants et la salubrité de leurs quartiers au centre du débat politique.

  • Le rayonnement par le sport

Enfin, son passé de sportif de haut-niveau ainsi que ses études de STAPS ont prédisposé Jean-Philippe Vetter à s’intéresser de très près au rayonnement d’un territoire et d’une ville par le sport. Le 21 septembre 2015 il intervient à propos du Racing Club de Strasbourg et de la SIG.

Il défend la rénovation et l’amélioration des infrastructures sportives des deux clubs phares de Strasbourg. Au conseil municipal du 22 février 2016, il apporte à nouveau son soutien à la SIG, sur le projet de la SIG Arena.

« On entend parler de Strasbourg dans la France entière, tous les samedis, parce qu’il y a les résultats du Racing ou de la SIG. C’est une image très positive. »

Il s’est ainsi fortement engagé dans ce domaine-là, et souhaite que Strasbourg rayonne par ses équipes sportives, au-delà seulement de l’Alsace, mais en France et aussi en Europe. Il dit également s’être engagé dans la défense du sport amateur, en tant que facteur d’amélioration du territoire.

Vous avez désormais fait connaissance de Jean-Philippe Vetter. Pour découvrir le prochain candidat, ce sera le mercredi 29 janvier !



Caroline Alonso Alvarez et Nicolas Kaspar

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