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Strasbourg sous 40°C : les commerces et évènements contraints de s’adapter

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En pleine période de canicule depuis quelques jours, Strasbourg est obligée de s’adapter face aux chaleurs extrêmes. Les bars et cafés ferment plus tôt, d’autres magasins gardent portes closes et les événements s’annulent les uns après les autres, avec comme dernier exemple la Symphonie des Arts. Des conséquences locales à un phénomène qui n’est pas prêt de s’en aller.

Le bouleversement climatique à l’oeuvre depuis plusieurs dizaines d’années n’a souvent été considéré que par la lorgnette de la chaleur. Une donnée climatique parfois renvoyée avec scepticisme à un « c’est normal qu’il fasse chaud en été ». Le souvenir de la canicule de 2003, qui a fait au moins 15 000 morts, est lointain dans les esprits, tout comme ses conséquences.

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Néanmoins, ces derniers jours, l’épisode caniculaire qui touche Strasbourg a des conséquences concrètes, au delà de la simple urgence de santé publique. Inhabituelles et inquiétantes pour un mois de juin, les chaleurs extrêmes bouleversent la vie des bars, cafés, événements sportifs et culturels strasbourgeois. Le week-end dernier, les compétitions sportives amatrices dans le Bas-Rhin ont dû être annulées, tandis que des écoles en Alsace ont dû fermer leurs portes, mais pas à Strasbourg.

Plus globalement, de « simple » événement climatique et météorologique, la canicule de ce mois de juin à Strasbourg montre à quel point le phénomène, amené à se répéter avec force dans les prochaines années, touche l’intégralité de la vie de la cité, forçant ses acteurs/rices à s’adapter. Les exemples ne cessent de se multiplier ces derniers jours.

La Symphonie des Arts annulée

Si la Fête de la musique a finalement pu se tenir sans annulation de la part de la municipalité strasbourgeoise, d’autres événements ont dû renoncer à se tenir pour le week-end suivant. C’est le cas de la Symphonie des Arts, au jardin des Deux-Rives.

Les températures de ce week-end promettant d’être infernales [prévoyant entre 39 et 40° à Strasbourg, ndlr], la Ville a en effet pris la décision d’annuler l’événement, prévu les 26 et 27 juin prochains, « afin de protéger les musiciens, leurs instruments, mais également le public ».

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© Pokaa

Les bars, les cafés et les boutiques strasbourgeois(es) s’adaptent

De l’autre côté, les bars, cafés et boutiques de la ville doivent également s’adapter. Babkery et le Café Bretelles ont fait savoir qu’ils fermeraient leur établissement à 16h toute cette semaine. Le Bistrot O’Goût Doux ferme ses portes de 14h à 17h jusqu’à vendredi, et n’ouvrira qu’à partir de 16h le samedi. Enfin, Poulet Fripes a déjà annoncé qu’il était peu probable qu’elle tienne toute la semaine, à cause des fortes chaleurs. Autant d’exemples de commerces bien connus et appréciés des Strasbourgeois(es), obligés de s’adapter. Aux chaleurs, mais également aux décisions institutionnelles prises en catastrophe.

Le meilleur exemple est sans doute l’imbroglio créé par la préfecture du Bas-Rhin le week-end de la Fête de la musique. Le 20 juin, elle a interdit la consommation d’alcool en terrasse, allant plus loin que d’autres préfectures sur le sujet, à partir de 16h. Les bars et restaurants strasbourgeois et bas-rhinois s’indignent sur les réseaux, mais s’adaptent… jusqu’à ce que le lendemain à 19h, un arrêté correctif autorise finalement la consommation d’alcool en terrasse.

Repolitiser les canicules

Des réponses de court terme, prises dans l’impréparation, qui mériteraient une repolitisation de la question des canicules, dont l’adaptation a trop souvent été de renvoyer les habitant(e)s vers des solutions individuelles. Une repolitisation du rôle de l’État, et des collectivités, pour développer tout une stratégie d’adaptation durable du pays, et de Strasbourg, à ses vagues caniculaires, appelées à se répéter de plus en plus fréquemment.

Selon Le Monde, le cumul des jours de vigilance canicule témoigne en effet d’une accélérations des chaleurs extrêmes : le décompte s’élève à 5 009 jours entre 2015 et 2025, soit près de sept fois plus que lors de la décennie précédente (746 entre 2004 et 2014).

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© Pokaa

Si plusieurs mesures ont été prises pour éviter que la catastrophe de 2003 ne se répète, l’adaptation au changement climatique reste un angle mort des politiques. En mai, le gouvernement a par exemple décidé de geler 162,5 millions d’euros du Fonds Verts, soit 20 % du budget d’un dispositif finançant les projets des collectivités pour s’adapter au changement climatique. Le tout, pour compenser le coût de la guerre en Iran. D’un autre côté, il veut repousser de 5 ans la rénovation énergétique des logements en location.

À Strasbourg comme ailleurs, les événements vont s’annuler, les bars, cafés et boutiques vont devoir s’adapter, avec des risques pour leur pérennité, les habitant(e)s bouillent dans des passoires thermiques. Le problème n’est plus seulement la chaleur ou une question écologique : il devient économique, sanitaire et social. Un problème que la clim’ seule ne pourra pas résoudre.

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