« Rap, musique que j’aime »…

A 9 ans, le fan de metal que j’étais pensait acquérir un album de Slipknot gravé sur un CD vierge dans une brocante. Il s’agissant en réalité de l’album Cinquième As, du master MC Solaar… L’escroquerie signée Emule ou Lime Wire me contraignait d’écouter du rap pour la première fois. Je n’ai plus jamais fait marche arrière.

Mélodie des rimes, gymnastique des mots, poésie des rues, le rap a pris une place considérable dans ma vie. J’ai passé mes années collèges à rosser mes classiques, de Rockin Squat à NTM en passant la FF… Dois-je vous remémorer Coeur de Pierre (Sinik), Temps Mort (Booba) ou encore Du Rire aux Larmes (Sniper)… Des albums bel et bien gravés dans la roche, mais aussi dans nos cœurs et dans nos mémoires.

Anticonformiste et revendicateur le rap fut le porte voix d’une génération désabusée, révoltée mais aussi pleine de vie et d’ambition. A l’aube de 2020, il est devenu un carrefour culturel aussi brillant que spectaculaire. Les artistes prolifèrent, il y en a pour tous les goûts, tous les âges, et tous les niveaux d’exigence, de nos petites sœurs à nos grands parents… tout le monde s’y met.

Si c’est à Paname et Marseille que se concentre la majorité du rap game bleu-blanc-rouge, Strasbourg n’a pas à rougir de ses représentants. De la fraicheur, du hardcore ou de la douceur, des monuments du rap à la nouvelle scène, voici un tour de piste de rappeurs alsaciens qui ont plié le rap jeu !

Abd al Malik : celui qui n’a plus rien à prouver

Rappeur, auteur-compositeur-interprète, écrivain et réalisateur, Abd al Malik est un modèle de maturité et de polyvalence en matière de créativité. Habitant du Neuhof, il fonde en 1988 le groupe légendaire N.A.P. avec son frère aîné Bilal et son cousin Aissa, posant ainsi leur pierre à l’édifice de la culture rap française.

En 2006, Abd al Malik sort son deuxième album, Gibraltar, qui atteint oklm la 13e place des classements français. Entre slam et rap, l’artiste livre un projet à la direction artistique singulière… une leçon de style et de talent.

Connu pour sa maîtrise assidue des mots, sa voix suave et ses engagements multiples, Abd al Malik est un artiste complet, percutant, parfois dérangeant, dont je vous recommande de parcourir l’oeuvre plutôt deux fois qu’une.

En novembre 2015, le Strasbourgeois publiait son cinquième album, Scarifications, intégralement produit par le maître de l’électro française Laurent Garnier.


Larry : la fraîcheur et la nervosité

Photo : Yard

À 21 ans, le rappeur de l’Elsau fait déjà parler de lui de tous les côtés. Tous les codes du rap new génération sont là : une énergie détonnante, une maîtrise de l’image millimétrée et du feu dans la gorge ! Alors qu’en mai dernier il signait sans pression chez Sony, Larry ne perd pas le nord et monte son propre label, Gothvm Records quelques mois plus tard.

Avec deux ans de carrière au compteur, le rookie strasbourgeois pète les scores et s’assoit sur le game avec son flow saccadé, ses prods tranchantes et ses clips qui bousculent fort.

Larry est aussi une machine de scène hors du commun, mouillant le maillot à chacune de ses prestations pour le plaisir de son public qui n’en démord pas… plus efficace qu’une pinte de Redbull !


MRC : du foot aux millions de vues

Muhammed Çil est né en janvier 96 à Sarreguemines (Bon, c’est pas en Alsace, mais comme on a le coeur grand on lui accorde une place dans notre sélection). À 12 ans, Muhammed intègre le centre de formation du Racing Club de Strasbourg avec un seul but en tête: passer professionnel. Il effectuera plus tard les pré-sélections pour l’équipe de France et de Turquie, mais des blessures à répétition l’empêcheront de réaliser ses ambitions sportives… C’est là que commence sa deuxième vie.

En 2015, il fait parler de lui en publiant des petits freestyles sur les réseaux sociaux. Un an plus tard, tout décolle, il signe chez Juston Records, s’installe à Paris et sort son premier album, MRC, le 7 octobre 2016.

Aujourd’hui signé chez Jive Epic, filiale de Sony Music, MRC développe un rap qui lui est propre, mélodieux et rafraîchissant, dans l’air du temps… du soleil pour les oreilles.


Siboy : la puissance respecte la puissance

Photo : Alextrescool pour Yard

Rappeur féroce au passé sombre, Siboy est de ces écorchés vifs qui ont la dalle. Ce Mulhousien de 28 ans est propulsé en haut du game en 2014 avec son titre Mailler, il gagne l’attention de notre Booba national et signe sur son label 92i en avril 2015… l’aventure est lancée.

En juin 2017, Siboy sort son premier album studio intitulé Spécial pour lequel il collabore avec Nk.F et qui s’écoule à 5 856 exemplaires lors de sa première semaine d’exploitation. Sur l’album de 15 titres, le Mulhousien fait une démonstration de force comme de technique, à l’aise aussi bien sur la trap que sur l’afro, toujours avec cette ce style si particulier qui le caractérise.

Le 18 octobre dernier, Siboy cloue la partie une nouvelle fois avec son album Twapplife. Avec ce nouveau projet, il slalome entre ses acquis et sa conquête d’un nouveau public, un exercice d’équilibriste qui lui vaut une entrée en 59ème position du Top Albums.


Dooz Kawa : une plume aiguisée au service du rap populaire

Dooz Kawa a seize ans lorsqu’il compose ses premiers textes au coeur des quartiers populaires de Strasbourg. D’ailleurs son voisin d’en face n’est autre qu’Abd al Malik. A cette époque, il se rapproche des influences musicales de l’Est de l’Europe et décide de créer T Kai-cee, groupe avec lequel il fera de nombreux concerts et collaborations qui le propulseront sur le devant de la scène. En 2006, Dooz Kawa fait la connaissance de Biréli Lagrène, le prodige manouche mondialement reconnu. C’est à cette période que son rap opère un nouveau tournant.

Dooz Kawa c’est aujourd’hui 4 albums et 2 EP pour des centaines de milliers de fans. C’est aussi une totale indépendance et une humanité manifeste. Cette humanité pleine de blessures que l’on retrouve tant au niveau des textes qu’il manie avec mélancolie, que des clips qu’il rythme toujours avec une certaine poésie. Le fil d’Ariane qui rattache Frank à ses rêves de gosse est composé d’univers fabuleux, de spectacles et de performances scéniques. Dans cet univers on y trouve des hommes sans visage, des trapézistes et des corps en mouvement, des peluches et des enfants qui désobéissent. Ce sont les mystères de ce curieux personnage et de cet univers à la fois burlesque et romanesque que je vais essayer de percer aujourd’hui en vous rapportant l’histoire de cette folle nuit.

Retrouvez l’article complet de mon collègue par ici.


Ash Kidd : le chill avec du style

Photo : Clique

Ash Kidd fait parler de lui depuis bientôt six ans. D’origine italienne et ivoirienne, il surfe depuis son enfance sur des influences diverses, entre chanson française, R’n’B et pop américaine .

Minot déjà, celui qui se fait aussi appeler Claude Bourgeois pratique la batterie et le piano, puis commence à concevoir ses premières prod. S’ensuivent des premières prises de voix puis les premières expériences en studio. Très discret avec les médias, il n’accorde que très peu d’interviews pour laisser parler sa musique, et tant mieux !

Le 14 janvier 2014 sort son tout premier projet : Chillance Avenue – EP. Presque deux années plus tard, le 24 décembre 2015, il sort son deuxième projet solo nommé CRUISE. Après un moment de silence ponctué de quelques morceaux, sort le 7 juillet 2017 son troisième projet, Mila 809.

Il créé en 2017 son propre label nommé Rose Moon. Le quatrième EP et dernier en date intitulé STEREOTYPE est sorti le 9 mars 2018.

Son premier album studio est attendu durant l’année 2019.


Tom Kingue : Celui qui arrive fort

Tom Kingue n’a jamais été si près d’exploser. Technique et plume aiguisée, ce Strasbourgeois originaire du Cameroun tape juste et fort, avec un style comme on en voit pas à tous les coins de la bande FM !

Artiste-créateur indépendant, il œuvre entre la musique, le dessin, le textile et les jeux vidéos. C’est sur internet qu’il se fait un nom à travers quelques mixtapes, qui suscitent l’attente d’un projet, qui semble être en préparation… restez à l’affût.

Tom Kingue, c’est le coup de micro, et le coup de crayon !

Et n’oubliez pas, le rap strasbourgeois c’est aussi : Mess Bass, Hiba, Marwa Loud, Kamisa Negra, Harbor & Hexpir , Kadaz et bien d’autres encore…

2 COMMENTAIRES

  1. Mdr ça fais un an que j’entends parler d’Achille quand je sors en soirée

    Le mec est grave boycotter ptn, c’est sûrement le seul parmis tout cela qui mérite de la visibilité. Il chante il rap il est pas vulgaire, c’est propre c’est construit

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