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« C’est quoi mon problème ? » : courrier du cœur d’une génération de Strasbourgeois

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> Pour découvrir le Courrier du coeur #1, c’est par , pour le Courrier du coeur #2 c’est par ici et pour le #3 c’est par <

Bien loin de me prétendre le Carrie Bradshaw strasbourgeois, j’ai pourtant décidé d’aborder aujourd’hui un thème qui lui était cher. Celui des relations humaines. Et plus précisément, les relations amoureuses. Mais pas de celles qui marchent et qui sont faciles. Celles qui se cassent la gueule. Celles de mes potes et de moi-même… Je sais on vous fait déjà rêver. Je n’ai pas fait d’études de sociologie, ni d’anthropologie mais j’ai 31 ans et la plupart de mes ami(e)s strasbourgeois sortent souvent une phrase quand il s’agit d’amour : « Pourquoi on n’y arrive pas ? Tu ne crois pas que notre génération à un problème ? »

On est quelques uns à avoir un peu (même beaucoup) de mal à se caser. A se dire qu’on ne veut pas de cette vie conventionnelle qu’avaient choisi nos parents. Mais finalement, à 30 ans, on voudrait bien l’avoir un peu quand même. Et c’est bien parce qu’on est nombreux à se poser les mêmes questions, que j’ai décidé d’écrire cet article. L’objectif n’est pas de prétendre avoir la science infuse sur les relations amoureuses, mais juste de donner la parole à des strasbourgeois (qui ont souhaité resté anonymes) qui, comme vous et moi, vivent avec leurs hauts et leurs bas. Parce que je pense que ça te fera peut-être du bien, et même beaucoup de bien, de te rendre compte que tu n’es pas le/la seul(e) à te demander entre deux épisodes du soir sur Netflix, « c’est quoi mon problème ? ».


Courrier du coeur #4

Tout en restant fidèle à mes croyances, j’ai décidé d’explorer le monde et vivre de nouvelles expériences. : Hakima, ou la double vie

« Je suis née en Moselle et je suis arrivée à Strasbourg il y a presque dix ans pour mes études supérieures. Avant de débarquer à la « grande ville », ma vie n’était pas spécialement originale : j’étais assez renfermée et solitaire. Je suis musulmane pratiquante, mes parents sont tous les deux nés aux Maroc mais ont passé la majeure partie de leur vie en France. Ils sont très traditionnels et n’accepteraient pas que je sorte de la ligne de conduite qu’ils ont imaginé pour leurs enfants. Très stricts (surtout mon père), mais aussi très aimants.

L’histoire de notre famille n’est pas simple. Quand j’étais petite, mes parents se disputaient souvent, mon père a régulièrement frappé ma mère, beaucoup de tensions régnaient à la maison. Il m’a interdit d’aller aux anniversaires, de sortir avec mes camarades. Pour mon père, les autres étaient sources de perversion. Un jour, il a frappé ma sœur parce qu’elle avait pris un autre chemin que celui qu’elle prenait habituellement pour rentrer de l’école. Je vivais dans une certaine crainte de mon père, du coup je filais droit. Cette « ambiance » découlant du comportement excessif de mon père aura quand même eu un impact positif sur tout le reste de la famille. Avec ma mère, mes frères et mes sœurs, nous sommes extrêmement soudés. C’est sans doute aussi à cause de l’attitude de mon père que durant mon enfance et adolescence, je me suis toujours concentrée sur mes études et je n’ai pas noué de lien extérieur.

« Ma vision de la vie » – Hakima

Ce qui a changé quand je suis arrivé à Strasbourg, c’est que je suis devenue une femme TRÈS curieuse. Tout en restant fidèle à mes croyances, j’ai décidé d’explorer le monde et vivre de nouvelles expériences. De par mes études je me suis construit un cercle amical très varié dans lequel on s’est tous beaucoup apporté. Des débats à n’en plus finir mais aussi des moments plus complexes, où nos différences étaient presque un obstacle. Mais quelle richesse !

Le deal avec mon père (qui n’envisage pas qu’un de ses enfants vive en dehors du domicile familial avant d’être marié), c’était que je parte faire des études de médecine tout en souhaitant que je revienne en Moselle après la fin de mes études pour retourner vivre chez mes parents.

Sous prétexte de ne pas pouvoir trouver de job en Moselle et que les possibilités étaient restreintes, j’ai réussi à le convaincre que je devais rester à Strasbourg. C’était devenu impensable pour moi de retourner vivre chez mes parents après m’être découverte via cette nouvelle liberté, même si je les aimais profondément et que je ressentais le besoin d’aller les voir régulièrement.

Je tiens à mon indépendance mais je n’imagine pas ne pas voir mes proches plus de deux semaines d’affilées. Quand je rentre à Strasbourg, je troque mon pantalon pour le mini short qui me met si bien en valeur, je sors boire une bière avec mes amies et je fini en club jusqu’à 7h du matin. Waouh quel décalage !

Je voyage aussi beaucoup. En Europe et sur d’autres continents, seule ou avec des amis. Quelque chose d’impensable pour mon père, il n’en sait rien. Ma mère, plus ouverte, est au courant de chacune de mes escapades (mais pas forcément de ce que j’y vis).

« Ma vision de la vie » – Hakima

Puis il y a mon quotidien ici, à Strasbourg. Le travail, les amis, la fête et aussi les garçons… Dans ma famille, on se marie jeune et pas avec n’importe qui. Le profil attendu c’est un musulman sunnite d’origine marocaine (rien que ça). Sauf qu’il y a un problème… C’est pas vraiment mon type de mec. Ce qui me plaît c’est les blonds, bien blancs, franco-français depuis des générations et pas vraiment musulmans. Comme un « esprit de transgression inconscient. »

Pour Hakima, il n’y a pas vraiment de solution à sa double vie.

« Je suis déjà tombée amoureuse d’un homme qui n’aurait pas convenu à ma famille. Cette relation me rendait heureuse mais me rongeait en même temps. C’est presque un soulagement d’être seule. Si je ne tombe pas amoureuse d’un homme qui pourrait convenir à ma famille, je ne saurais vraiment pas quoi faire. C’est impensable pour moi de couper les ponts.

Une chose est certaine, c’est que ma famille ne me forcera jamais à épouser un homme que je n’ai pas choisi, mais je sais aussi que le choix que je ferai pourrait bien me priver d’eux. Pour le moment, je continue mon chemin. Je continue les expériences de plus en plus folles. Récemment c’est le Berghain que j’ai découvert dans ses moindres recoins et où j’ai dansé plus ivre que jamais ! Paradoxal non ?

Si j’ai choisi de témoigné ici ce n’est pas pour stigmatisé « les arabes » ou pour dire qu’une culture est plus avantageuse qu’une autre. C’est un témoignage qui ne représente personne d’autre que moi-même. J’adore être celle que je suis. J’adore être française et j’adore être marocaine. C’est difficile de concilier les deux par moment mais il est certain que je ne choisirai jamais l’un ou l’autre. Pour moi, être une métissée culturelle est une vraie chance. Mes amis sont gays, lesbiennes, catholiques, musulmans, athées, français, turcs, allemands , italiens, … C’est un mélange explosif mais je ne changerais nos différences pour rien au monde. »


Crédit Photo de couverture : Hunay

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