J’ai encore le souvenir, lorsque j’étais ado, d’entendre leurs noms raisonner lors de certaines discussions d’adultes. Nos grands frères et nos grandes soeurs y ont sûrement dansé, nos parents s’y sont peut être rencontré. Petit club underground, salle de concert ou discothèque emblématique de légende, ils ont fait vibrer les nuits strasbourgeoises à une autre époque, puis ont laissé la place à d’autres. Pour qu’ils nae tombent pas dans l’oubli, j’ai plongé dans les archives de la nuit, à la recherche de souvenirs témoins d’une époque que je n’ai pas connu. Parfois, je n’ai trouvé qu’une photo, qu’une adresse, qu’un vieux site internet, mais il en a suffit de peu pour me rendre nostalgique de ces lieux que je n’ai jamais vu. Voici, sans prétention, une petite liste loin d’être exhaustive, de ces « discothèques » qui appartiennent au passé.


LE CHALET

 

« Pour durer la nuit, il faut que la passion passe avant la raison. Mais à mon âge, la raison doit passer avant la passion » 

Ce sont les propos de Jean-Claude Helmer lors de la fermeture du Chalet en 2010. Le « pape des nuits strasbourgeoises » alors âgé de 70 ans dit ainsi adieu à la plus vieille et récompensée discothèque de France (1962-2010). C’est une page d’histoire qui se tourne pour bon nombre de strasbourgeois.

« En 1962, avec 5 000 francs (750 €) gagnés au tiercé, Jean-Claude et son père s’étaient offert une guinguette. De petits travaux en grands chamboulements, la bicoque est devenue un complexe de 2 000 m2 avec deux pistes de danse, des bars et plusieurs restaurants. « Une année, on avait plus de 170 000 entrées, raconte Jean-Claude. Le Chalet a été la plus grande agence matrimoniale d’Alsace. On ne compte plus les mariages entre clients, ni les enfants nés grâce au Chalet. » Ni les stars venues enflammer le dancefloor, dont le groupe Genesis et Céline Dion ».

(source : 20 minutes)


LE BANDIT

Club rock strasbourgeois, salle mythique du début des années 80, le Bandit se situait 22 rue de Bouxwiller, à quelques mètres de la voie ferrée dans le quartier gare, secteur non encore restauré à cette époque et par conséquent relativement mal famé, sombre (toujours), inquiétant (parfois) et en tous cas intensément rock’n’roll..

.Géré par l’équipe de Sanglot Production (Eric Garnier, Christian Schall, Nicolas Gamelin alias Django, Didier Poux, Christian Gyss aka Tony Tupoleff et quelques autres), le Bandit avait investi d’anciens entrepôts situés 22 Rue de Bouxwiller à Strasbourg, partageant le 1er étage du bâtiment avec un sauna gay aussi discret que fréquenté …

Le Bandit, 1er bâtiment à gauche sur la photographie ci-dessous.

(photo Lionel Petithory)

Dans la rue des Magasins, perpendiculaire à la rue de Bouxwiller,  se situait le Loft, une discothèque qui verra le jour vers la fin des années Bandit et qui organisera quelques concerts et non des moindres : Rita Mitsouko, Johnny Thunders, Gun Club …

Sources : lebandit.blogspot.com


LE JM3

La discothèque ersteinoise JM3, fondée par Jean-Philippe Meyer, en a vu passer des danseurs et noctambules durant ses 37 années d’activité. Doté d’une surface exploitable de 3 200 m², le complexe était jusqu’ici très majoritairement consacré à la vie nocturne, proposant pas moins de trois ambiances différentes. En 2010 le JM3 change de cap et se transforme en pôle de loisirs pour tous et en bowling. Le site continuera à faire fonctionner le « Tacot », la discothèque rétro au sous-sol, et le pub à l’entrée pendant quelques années.

Aujourd’hui, le JM3 est  le Bowling Palace et contient, à défaut d’un club, un laser game, des billards et un restaurant.

Le JM3 est aussi devenu tristement célèbre en 2010, lorsque notre ami Booba (oui oui, le vrai) y avait donné un showcase. Il monte alors sur scène avec deux heures de retard, un mec au moins aussi intelligent que lui lui jette un verre en sa direction, l’équipe de b2O réplique, ça part en c****** ! Dix ans après, tout ce qu’on attend nous, c’est l’octogone sans règles

(source : DNA)

Etrangement, pas moyen de retrouver des photos du lieu, mais en compenssassion, je vous offre cette merveilleuse vidéo de la « nuit du tuning » qui s’était déroulé au JM3 le 27 juin 2008. Attention les yeux.


LE HOT BOAT

Le bateau aux murs matelassés qui avait jeté l’encre au 8 quai des Belges a pris le large il y a une petite poignée d’années maintenant.

Sur le site yelp.fr, en consultant la page du Hot Boat, on peut encore lire :

« Ouvert en août 2007, le Hot Boat est la plus la plus grande péniche discothèque de Strasbourg. Une fois arrivé sur le pont terrasse direction la première salle à l’ambiance délicieusement rétro-chic. Avec une sélection de titres années 80 très funky, c’est le rendez-vous des trentenaires. La deuxième est orientée house pour le plus grand plaisir des clubbers, étudiants et autres amateurs de dancefloor. Doté d’un très bon sound-system, le lieu se loue aussi pour différents évènements en journée ou en soirée. Pour les amateurs un très large choix de whisky, cognac, bière et vins est disponible, ce qui est surprenant pour un club. A signaler, pour les coquets et coquettes la possibilité de se parfurmer et prendre soin de sa personne dans les toilettes »


LE PALAIS DE LA BIERE SCHUTZENBERGER KLÉBER

À l’ouverture en 1999, la presse spécialisée en parlait comme un lieu à ne surtout pas manquer :

Le Schutzenberger comprend pas moins de 4 terrasses, dont une qui sera installée sur la place Kléber à partir de l’automne et une autre à l’étage avec vue plongeante sur cette même place. De l’autre côté, place du Temple-Neuf, un bar à cigares propose, depuis le premier étage, une vue sur la cathédrale.
L’animation prendra une autre forme inattendue : celle d’un mur d’images, où défilent le passé et le présent de Strasbourg. Au milieu de cette profusion d’idées – concentrées sur moins de 1 000 m2 de surface au sol – l’espace central intérieur demeure le cœur du nouveau Palais de la bière. D’une capacité de 300 places, il sert la bière bien sûr, mais la mousse n’est pas seule à l’honneur : la carte des vins est élaborée par Serge Dubs, Meilleur sommelier du monde, qui officie chez Haeberlin à l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern (Haut-Rhin)

Ce lieu fou ayant coûté la bagatelle de 12 millions de francs n’aura malheureusement jamais pu être fréquenté par les jeunes que nous sommes.

Cette réhabilitation par l’architecte Jean Nouvel fut la dernière vie du bâtiment sous le contrôle de la famille Schutzenberger.

Photos : jeannouvel.com


Et puis, il y a tous les autres, le Calypso, l’Apollo, le Komplex, le Bateau Ivre, le Zanzibar, le Palm Bitch, le Golden Gates, le Miroir ou  même le Roller’s Times, au centre ville de schiltigheim où l’on dansait en roulant dans le début des années 90. Ayant trouvé que très peu d’infos sur ces derniers lieux, voici les seules rares photos que j’ai pu rassembler.

LE DISQUAIRE JSB – en face de la gare.

LE CHARLIE’S – l’ancien Retro, Place des Halles

LE PRIVILEGE – aujourd’hui l’Intemporel, rue Hannong

LE CALYPSO – quelqu’un reconnaît ses parents ?

23 COMMENTAIRES

  1. Salut l’Oiseau de nuit,
    N’oublie pas le restaurant Au Coucou des Bois sis au Stockfeld faubourg sud de Stras.qui avait une salle de fetes servant de salle de bal les samedis .
    Tous les jeunes des quartiers Neuhof-Mainau-Neudorf voir plus loin se donnaient rdv là bas .
    C’est pratiquement sur la scene de cette salle que débuta Herbert Léonard dans les années twist… On y a « ginché  » des nuits entieres sans tout le toutim électronique moderne. Un accordéoniste , un batteur , un guitariste parfois animaient jusqu’à l’aube la jeunesse insouciante que nous étions . On s’amusait autant que de nos jours avec un plus petit budget. Comme proche voisin il y avait la foret et ses bancs dont certains ont gardés des souvenirs olé olé !!!! Il ne leur manque que la parole pour narrer leur vie de noctambules . Voila un court résumé de cette salle digne d’etre citée dans ta rubrique.
    A l’emplacement de la salle se trouve maintenant un immeuble d’habitation.Hola à une prochaine fois . Roro Indien du Stockfeld

    • Bonjour Marc (et les éventuels lecteurs),

      En 1986, j’ai eu l’occasion d’aller dans une boîte de Strasbourg dont le nom s’est un peu perdu dans ma mémoire je le crains. Je n’ai pas eu l’occasion de poursuivre suffisamment longtemps ma fréquentation du lieu étant donné que de sinistres individus ont eu l’idée de me voler ma bagnole du moment lors d’une soirée passée dans ce lieu.
      Comme j’étais alors invité de passage dans un endroit charmant (enfin…moyennement charmant à vrai dire :)) nommé « Drachenbronn » à quelques soixante bornes de Strasbourg, cela le faisait beaucoup moins bien à pied.

      Le nom du lieu s’est perdu dans les méandres de ma mémoire mais à la lecture de votre message, cela m’a interpellé: j’ai peu d’indices à fournir mais il me semblait que l’endroit était proche d’un canal fluvial?
      A l’intérieur, la décoration ne m’a pas beaucoup marqué à vrai dire: souvenir d’une piste de danse plus ou moins carrée, pas très grande avec peut-être un endroit un peu surélevé pour s’assoir mais c’est vraiment très peu. La musique, par contre, était vraiment sympathique avec toute l’ambiance « alternative » du moment des B52’s à D.A.F en passant par les inévitables « Cure » entre autres. Un groupe de gens habillés en noir dans lequel je fis (brièvement donc) apparition. Pour l’anecdote, quelle galère à cette époque pour trouver des pompes « new wave » quand on chaussait du « 48 fillette »…mes pieds se souviennent encore de la torture que je leur infligeais avec 3 tailles en dessous!

      Vous rappelez vous à quelle adresse était situé le Turckeim?

      Ha, et même si ce n’est pas directement lié au Turckeim, j’avais fait la connaissance d’un personnage plutôt sympathique que j’ai rencontré une paire de fois et qui était animateur radio sur « RBS »: il se faisait appeler « l’infâme Larry ».

      Voilà, j’ai été un peu long mais j’espère vous avoir donné envie de me répondre.

      Amitiés à tous les strasbourgeois et geoises 🙂 de la part d’un invité dans votre région de 1985 à 1987.

      Pascal

      • Le café des anges de l’époque ac Jean Paul D et Les concerts du dimanche, ou bœuf…
        Le Gut, relais de la poste, Montmartre…
        RBS ac Jerry… Quelle époque !

        Le Turckeim était quais Turckeim…non loin de l’académie de la bière.

  2. Rue GEILER. à Strasbourg. Bien sûr ! Aujourd’hui je me remémore toute ces folles soirées en allant manger un morceau au restaurant au bon coin d’Alsace

  3. Le JM3 avait le tarif d’entrée le moins cher, d’où son succès, mais un peu loin et perdu au milieu de nulle part… Avec pas mal de ploucs mais bon, on venait pour les meufs !

    Vu que j’habitais à Stras# centre ville (fin des années 70′ jusqu’en 1986) et souvent à pied (j’avais à peine 18 ans) avec les potes ont se filait rencard à la Wurztmuhle, ça fermait vers minuit 30, et c’est dehors qu’on avait le plus de succès! On proposé aux filles (celles qui n’était pas fatiguées…) d’aller à L’oignon rue des Tailleurs de pierre (toujours à pied et par les quais) pour partager un plat, c’était proche de la cathédrale et ça ne fermait que vers 2h00 heures du mat. D’autres soirs on allait à « The Point » à Kehl avec le bus (terminus gare de kehl) c’était à 2 pas de la gare, et on rentrait comme on pouvait (souvent à pied) par l’avenue Jean Jaures. C’était pareil sur la route du Chalet, y’avait du monde qui marchait pour y aller et pour en revenir… Sinon c’était un hamburger à la Fringale (plage ce Kléber) et un dernier verre dans un des nombreux bistrots de la grand rue ou à ce bar discothèque, qui est resté discret (au premier étage de la tour place de l’homme de fer, par le grand escalier). Je n’ai plus le nom (en face il y avait le Murph’ys avec un serveur classe et distingué, qui avait fait de la taule, une bonne bouille de majordome) il savait parler des alcools.

  4. Oui le Paradise… avec Paco à l’époque.
    Le Blue Boys à la petite France.
    Café Flore pour les After.
    Studio 80 grand rue, concerts, boîte.
    Le caveau …
    Que des endroits où il y avait de la bonne zic et les écorchés vifs… Mais qu’est ce que c’était cool…

  5. J’oubliais… Le café des anges de l’époque ac Jean Paul D et Les concerts du dimanche, ou bœuf…
    Le Gut, relais de la poste, Montmartre…
    RBS ac Jerry… Quelle époque !

  6. Le Turkheim inoubliable en 1981-1983

    Le mercredi soir, ils passaient de la musique extraordinaire avec des morceaux bluffants qui ne passaient pas à la radio
    On buvait des bières et on dansait dans une cave voûtée en pierres avec un sol de dalles en alu
    J’étais en prépa et c’était ma seule sortie, les filles formidables, musique incroyable et on oubliait tout
    C’étaient les Cure, Simple Minds, Siouxies, Tears for Fears, U2, les Clash, David Bowie, Buzzcocks, Blondie, Gang of Four, Ultravox et les groupes français Orchestre Rouge, les Dogs, Marquis de Sade, Taxi Girl, Kas Product
    A tomber par terre
    Les autres jours c’était moins attirant avec du rock le jeudi et du disco le weekend
    Le Studio 80 énorme pour ses concerts
    Strasbourg des années 80 !
    Mention spéciale pour mes amis de Ness and The Nessies qui ont fait danser notre jeunesse quand on avait 16 ans

  7. Pour le Calypso un sacré souvenir sur cette photo entouré d’un certain nombre d’amie et du personnel je présenté dans ces lieux en avant 1er mes spectacles avant de prendre la route en tournée sur toute la France.

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