C’est un privilège que les Alsaciens et les Alsaciennes protègent précieusement et dont on se vante à la moindre occasion. Deux jours chômés supplémentaires au cours de l’année, pendant que le reste de la France continue de travailler. Mais d’où viennent ces deux exceptions et depuis quand sont-elles en place ?
Pour être tout à fait honnête, les Alsacien(ne)s ne sont pas les seul(e)s à avoir cette chance. Les Mosellan(e)s, aussi, profitent de ces deux jours fériés supplémentaires. Le premier est communément appelé Vendredi saint et si sa date varie chaque année, il a toujours lieu deux jours avant Pâques.
Il s’agit d’une fête religieuse chrétienne qui commémore la crucifixion et la mort de Jésus-Christ. C’est un jour de recueillement qui précède la célébration de la résurrection du Christ, que les chrétien(ne)s célèbrent à Pâques. En 2025, le Vendredi saint a eu lieu le vendredi 18 avril et il aura lieu le 3 avril en 2026.
Le second a lieu le lendemain de Noël, soit le 26 décembre, et il s’agit, encore une fois, d’une fête religieuse. La Sainte-Étienne est célébrée par les catholiques et certain(e)s chrétien(ne)s, pour rendre hommage au premier martyr de la chrétienté. Même une fois Noël passé, les Alsaciens et les Alsaciennes ont donc un jour de plus sans avoir besoin de travailler et surtout, c’est l’occasion de s’empiffrer une énième fois.
Comment sont-ils apparus dans notre calendrier ?
Pour comprendre comment nous avons acquis ces deux jours fériés supplémentaires, il faut remonter près de 155 ans en arrière. Après avoir rendu les armes le 28 janvier 1871, la France signe le 10 mai de la même année le traité de Francfort. Celui-ci officialise la cession de l’Alsace et de la Moselle à l’Empire allemand.
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À l’époque, le Vendredi saint est férié en Allemagne dans les communes qui disposent d’un temple protestant, tout comme le 26 décembre. C’est l’empereur Guillaume II qui étendra ces deux jours fériés à ces nouveaux territoires, en 1891.
À la fin de la Première Guerre mondiale, la Moselle, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin sont finalement réintégrés, en conservant cette particularité par rapport au reste du territoire français.
Depuis, malgré certaines tentatives, personne n’est parvenu à retirer ces acquis aux populations concernées. Ces deux jours sont même inscrits dans le Code du travail !



