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Strasbourg : un ostéopathe condamné à 17 ans de prison pour viols et agressions sexuelles

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Ce mercredi 10 juin, la cour criminelle du Bas-Rhin a rendu son verdict dans l’affaire de l’ostéopathe accusé de viols et d’agressions sexuelles sur 29 patientes. Il a été reconnu coupable de l’ensemble des faits reprochés et a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle.

À 11h38 ce mercredi 10 juin, Pierre Garitte, 37 ans, a été reconnu coupable de tous les faits reprochés au tribunal judiciaire de Strasbourg. L’ancien ostéopathe a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour des viols et des agressions sexuelles sur 29 patientes entre 2018 et 2021.

Hier, l’avocate générale, Agnès Robine, avait requis la peine maximale, soit 20 ans de détention. « Le caractère sériel », et la « réflexion encore incomplète sur la responsabilité pénale de ces agissements », ont contribué à la sévérité de la peine infligée. Pour autant, la cour criminelle du Bas-Rhin a retenu « l’évolution du prévenu », qui a notamment reconnu « l’absence de consentement » chez ses victimes, pour ne pas lui infliger la peine maximale.

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tribunal
© Pokaa

Sa peine est assortie d’une interdiction d’exercer à titre définitif, ainsi qu’une inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv). Une victoire pour les 29 plaignantes. 

« Tout ce parcours m’a fait reprendre confiance en la justice, ce qui a été jugé était certainement très juste. Je n’avais aucune attente. Je voulais juste être reconnue dans ce qu’il m’est arrivé », confie Déborah*, l’une des victimes du praticien. 

« Il est fusillé pour l’exemple »

« Cette condamnation va rassurer les clientes et leur donner la possibilité de guérir de toutes ces épreuves qu’elles ont subies. La reconnaissance de leur statut de victimes, c’est ça le plus important. Que la cour ait entendu leurs souffrances, qu’elles puissent enfin faire le deuil de cette histoire sordide », se satisfait Me Françoise Schlecht, avocate au barreau de Strasbourg, à la sortie de l’audience. 

Dans une semaine marquée par les affaires de violences sexuelles à l’échelle nationale, l’avocat de la défense, Me Yves Sauvayre, estime que ce procès a pu pâtir de l’actualité judiciaire dans l’Hexagone. « Il est fusillé pour l’exemple. Si on était passés plus tard ou plus tôt, peut-être que la décision aurait été différente. »

Tribunal ostéopathe
© Jules Scheuer / Pokaa

Le contexte aurait-il pu peser au moment de se prononcer sur la peine de Pierre Garitte, comme le sous-entend son avocat ? Me Sendegul Aras, avocate au barreau de Strasbourg, qui a plaidé pour une cliente durant le procès, réfute cette vision. « Les magistrats sont assez indépendants pour faire la part des choses. »

Un appel fortement envisagé par la défense

Le prévenu dispose désormais d’un délai de 10 jours pour faire appel. Interrogé sur la question, son avocat Me Yves Sauvayre laisse peu de place au doute. « C’est probable. Qu’est-ce que l’on risque ? Une autre injustice en appel à Colmar ? C’est possible, c’est même certain. »

Pour les victimes, ce potentiel appel relancerait la machine judiciaire, après 10 jours d’un procès déjà éprouvant. « Je me dis ‘merde, il faut qu’on recommence’. J’espère que ça n’arrivera pas, j’ai vraiment envie de tourner la page », conclut Déborah*.

*Le prénom a été modifié. 

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