Bienvenue sur le site de Pokaa.fr

Votre navigateur est obsolète.

Merci de le mettre à jour pour voir le site correctement

Mettre à jour

Recherche

Lance une recherche dans les articles ou vidéos parmi l’ensemble des publications de Pokaa.

Publicité

« On se sent impuissants » : 2 humanitaires strasbourgeois(es) face à la destruction de Gaza

1.6k Lectures
Publicité

En près de deux ans, l’offensive israélienne à Gaza a fait près de 70 000 morts, d’innombrables blessé(e)s et environ 1,9 million de déplacé(e)s selon l’ONU. Le blocus et les bombardements continuels ont coupé l’enclave palestinienne du reste du monde, compliquant toute aide humanitaire. Une commission d’enquête internationale, indépendante de l’ONU, a conclu qu’Israël commettait un génocide à l’égard des Palestinien(ne)s dans le cadre de cette guerre. Il y a quelques semaines, Pokaa a rencontré deux Strasbourgeois(es) volontaires pour Médecins sans Frontières, mobilisé(e)s malgré un sentiment d’impuissance.

« On arrive au bout. » La voix de Nour Stable s’étrangle quand elle évoque Gaza au présent. Les images des bombardements. La situation humanitaire. Infirmière de bloc devenue médecin, la Strasbourgeoise est partie en mission pour Médecins sans Frontières (MSF) à Gaza en 2018. « C’était pendant la Marche du retour. » Une série de manifestations palestiniennes pacifiques le long de la frontière, réprimées dans le sang par l’armée israélienne.

Publicité

Nour travaillait avec des médecins palestinien(ne)s et d’autres expatrié(e)s. Dans des hôpitaux ou des cliniques mobiles. « Nous avions 4h d’électricité par jour à l’époque et un générateur pour prendre le relai. » Le personnel médical est alors confronté à des blessures dites « délabrantes », provoquées par des balles à haute vélocité tirées de près. « C’est extrêmement douloureux et long à soigner. Cela se fait en plusieurs fois, au bloc, sous anesthésie. »

Des produits d’hygiène contre de la nourriture

En 2018, il n’est déjà pas toujours simple de soigner à Gaza. Mais à partir de 2023 et de l’offensive israélienne, la situation s’aggrave. « Lorsque j’étais en mission à Gaza, j’ai fait la connaissance d’Ahmed, un médecin au Nasser Hospital. Désormais, il travaille sous une tente. Il m’explique qu’il est fatigué, car la relève est compliquée. Ils doivent bouger souvent. Les hôpitaux sont bombardés par l’armée israélienne. C’était déjà difficile de travailler là-bas avant : maintenant, c’est un cauchemar. »

Nour raconte son appréhension à chaque fois qu’elle envoie un message à son ami. Lorsque les chevrons de l’application de messagerie indiquent que le message n’a pas encore été remis. Ou pas lu. « Dans ces moments-là je sais qu’il y a une possibilité pour qu’il ne réponde plus et que personne ne puisse me dire ce qui lui est arrivé. » Lorsqu’il répond, Ahmed raconte le retour des épidémies et un quotidien marqué par la famine. « Il en est rendu à troquer des produits d’hygiène contre de la nourriture. »

Médecins sans frontières MSF Gaza humanitaire
© Adrien Labit / Pokaa

Faire parler de Gaza

Face à cette « situation insupportable », les volontaires MSF ont décidé de se retrouver régulièrement. « Devant toutes ces informations qui nous arrivent, on se sent impuissant, explique Marco Burkli, engagé depuis 12 ans au sein de l’association. Alors, on s’est demandé ce que l’on pouvait faire. »

Médecins sans frontières MSF Gaza humanitaire
© Adrien Labit / Pokaa

« Sur Gaza, j’estime que mon premier devoir, c’est de m’informer, embraye Nour Stable. Ce qui se passe là-bas est atroce. Parfois, je suis tentée de mettre tout ça à distance, de ne pas regarder les images. Mais je me dis qu’il y a des gens qui ne peuvent pas éteindre leur réalité. Il faut continuer à médiatiser ce qui se passe là-bas. Continuer à en parler. Je pense qu’un jour, nous aurons terriblement honte de ce qui s’y passe et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »

Autres actions envisagées : écrire aux Palestinien(ne)s « pour leur dire qu’on ne les oublie pas », faire pression sur les hommes et femmes politiques, soutenir les plaidoyers en faveur d’un cessez-le-feu et de l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza. Et « boycotter les entreprises qui soutiennent financièrement la guerre menée par Israël. Nos tickets de caisse sont des bulletins de vote », insiste Nour, qui encourage également à souscrire un abonnement solidaire à Médecins sans Frontières pour financer les actions et le plaidoyer de l’ONG. « On ne peut pas laisser une population disparaître : il faut garder de l’espoir et faire en sorte que nos responsables politiques n’aient d’autre choix que de nous écouter. »

Médecins sans frontières MSF Gaza humanitaire
© Adrien Labit / Pokaa

En septembre dernier, MSF a finalement été contrainte de suspendre ses activités médicales à Gaza City en raison de l’intensification de l’offensive israélienne. Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre, enfreint par Israël à plusieurs reprises.

Plus de 24 000 tonnes d’aides de l’ONU ont pu entrer dans l’enclave depuis lors. Mais cela reste encore très insuffisant pour couvrir les besoins de la population palestinienne, selon différentes ONG présentes sur place.

manif manifestation palestine gaza
© Mathilde Cybulski / Pokaa

« Dans le sud de Gaza, plus d’un million de personnes sont toujours contraintes de vivre sur une minuscule portion de territoire dans des conditions extrêmement précaires. À l’approche de l’hiver, sans amélioration immédiate de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement, des abris et de la nourriture, le risque de décès liés à des maladies évitables est très élevé », détaille MSF sur son site, avant d’appeler Israël à autoriser « une augmentation massive et durable de l’aide humanitaire dans toute la bande de Gaza ».

Ça pourrait vous intéresser

+ d'articles "Société"

À la une

« On se sent impuissants » : 2 humanitaires strasbourgeois(es) face à la destruction de Gaza

Aucun commentaire pour l'instant!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Répondre

En réponse à :

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Illustrations prolonger la lecture

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

Tous les articles “Société”
Contactez-nous

Contactez-nous

C’est par ici !