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Hier à Strasbourg, 400 personnes ont rendu hommage à Lyhanna

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Ce lundi 8 juin, plusieurs centaines de personnes se sont réunies à 19h devant le tribunal judiciaire de Strasbourg pour rendre hommage à Lyhanna. Pour rappel, le corps de la fille de 11 ans a été retrouvé le 4 juin dans le Gers, alors que le principal suspect avait déjà fait l’objet d’accusations.

Tristesse et colère se sont mélangées ce lundi 8 juin dans la soirée, devant le tribunal judiciaire de Strasbourg. Plus de 400 personnes se sont réunies selon les forces de l’ordre à l’appel national de Mouv’Enfants, mouvement de lutte contre toutes les violences faites aux enfants.

Sur place, les interventions du collectif Enfantiste et l’association Victime Inceste Alsace ont rythmé le rassemblement. Après avoir observé une minute de silence en hommage à Lyhanna, les forces en présence ont appelé à une réforme de l’appareil judiciaire, pour lutter plus efficacement contre la pédocriminalité.

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© Jules Scheuer / Pokaa

« 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles par an, soit trois enfants par classe de CM2 », rappelle Elise Colin, membre du collectif Enfantiste. Soit un enfant toutes les trois minutes. « On demande que la justice soit au rendez-vous, qu’elle écoute les enfants, les croit, les protège. On demande que la justice fasse son travail et que le gouvernement oeuvre dans ce sens. »

Elise Colin dénonce « un système défaillant. Il faut des lois mais il faut aussi changer le regard sur les enfants. Il faut une écoute plus fine. Très peu d’enfants parlent et quand ils portent plainte, les gens ne sont pas formés, la parole n’est pas recueillie comme il le faudrait et il n’y a pas de condamnation ».

On devrait pouvoir garder la confiance et l’insouciance pour nous et nos enfants.
Eugénie, présente au rassemblement

Parmi les pistes de réformes, elle met notamment en avant les 82 préconisations établies par la CIIVISE, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. « L’inaction des politiques revient à de la complicité », conclut Elise Colin.

Dans la foule présente ce lundi 8 juin, Eugénie estime « qu’on n’a pas besoin d’être victime, de connaître une victime, ni d’être parent » pour se battre pour la protection de l’enfance. Elle doit « concerner tout le monde, tout le temps ». 

« Quand on est parent, on est vigilant à chaque instant, mais on ne devrait pas avoir besoin. On devrait pouvoir garder la confiance et l’insouciance pour nous et nos enfants. » 

Arnaud* a aussi fait le déplacement devant le tribunal de Strasbourg. À travers cet hommage rendu à Lyhanna, il continue de se battre pour son enfant.

« Je comprends les gendarmes, je comprends la justice, je les soutiens. Mais il y a trop de cas »

« Ma fille a été agressée sexuellement par son beau-père et depuis 2023 je me bats pour faire reconnaitre la parole de l’enfant. Malheureusement, cela met énormément de temps. Depuis ma plainte dans le Bas-Rhin, on a attendu presque deux ans avant qu’une ‘audition Mélanie’ soit proposée. »

« Aujourd’hui, elle vit toujours sous le même toit que son agresseur. Toutes les démarches que j’ai pu faire ont été déboutées. Ça me révolte qu’aujourd’hui, encore une fois, des histoires similaires se produisent encore. »

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© Jules Scheuer / Pokaa

Le père de famille dénonce notamment « la lenteur du temps judiciaire ». Pour autant, « je comprends les gendarmes, je comprends la justice, je les soutiens. Mais il y a trop de cas. L’État, la France, les citoyens, nous devons changer cette société. La peur doit changer de camp ».

Arnaud* craint que la lenteur du système ne décourage les victimes dans leur parcours judiciaire. « Je le constate chez ma fille, elle minimise les faits, le temps passe et elle me dit qu’elle a envie de passer à autre chose. J’ai peur que dans 15 ans, elle se réveille, peut-être en tant que maman, et qu’elle se dise que ce qu’elle a vécu, ce n’est pas normal. En tant que papa, je veux lui dire que je crois en sa parole. »

*Le prénom a été modifié 

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