Envie d’un peu de douceur dans ce monde de brutes ? Prenons le temps de partir sur les routes d’Alsace, plus précisément en direction du Pays Rhénan, pour nous offrir une petite bulle de calme et de découvertes inattendues. Nous sommes allés à la rencontre de 5 belles personnes qui entreprennent, sur leur territoire et dans des domaines très divers, pour offrir un peu de plaisir et de réconfort autour d’elles. Et puisque vous nous connaissez bien, on vous propose au passage une reco resto qui vaut le détour.
Puisque l’on ne change pas les bonnes habitudes, nous revoilà au Pays Rhénan, ce territoire composé de 17 communes allant de Kilstett, au sud, à Roppenheim et Forstfeld, plus au nord.
Depuis trois ans, chaque été, on a plaisir à vous emmener avec nous dans ce petit bout d’Alsace qui longe le Rhin, situé à une vingtaine de kilomètres seulement de Strasbourg.
Après vous avoir embarqué dans nos bagages à la découverte de randonnées accessibles au bord du Rhin, d’activités nautiques ou d’espaces culturels inattendus, place à de nouvelles découvertes et à de nouvelles rencontres.
Au programme cette fois-ci : de la lenteur et une bonne dose de débrouillardise. Que ce soit autour de la récup’, de l’artisanat, du jardinage ou du circuit-court, les 5 personnes que nous avons rencontré ont ce point commun de créer autour d’elles une petite bulle de douceur, propice aux échanges et à la connexion. Suivez le guide !
La Recyclerie, une boutique de seconde main pour chiner et créer du lien
Notre balade du jour commence à Leutenheim, au nord du Pays Rhénan. C’est là, au milieu du village, que nous rencontrons Nadia, chez elle dans sa maison, ou plutôt dans son grenier entièrement réaménagé.
Fervente défenseuse de la seconde main, cette artiste pleine d’énergie a créé La Recyclerie à l’été 2023, une boutique en forme de brocante, où elle fait vivre des milliers d’objets et où elle accueille les visiteurs/ses de tous les horizons.
Ici, on vient d’abord pour chiner, fouiller et dénicher des vêtements, des chaussures, des accessoires, des bijoux, des livres ou de la décoration, et même du petit mobilier qui ne demande qu’à vivre une seconde vie. De notre côté, on a déniché une paire de boucles d’oreilles plutôt pas mal du tout pour quelques euros, sympa non ?
Mais chez Nadia, les objets sont surtout un prétexte pour créer du lien social. En effet, cette créative touche-à-tout a imaginé cet espace pour rencontrer et accueillir les habitant(e)s des villages alentours, pour sortir les personnes de leur solitude, et pour participer à une économie solidaire dont elle partage les valeurs.
On se rend donc à La Recyclerie pour le plaisir de dénicher la perle rare, mais aussi pour prendre le temps de discuter et de partager un moment avec des inconnu(e)s, et c’est plutôt rare de nos jours.
D’ailleurs, Nadia propose des boissons et de petits encas sucrés qui sont, aussi, de bons alliés pour s’attabler et apprendre à se connaître.
Et puisque le but est de se rencontrer et de découvrir de nouveaux univers, Nadia organise des portes ouvertes le 17 août prochain. Le 5 septembre, une brocante aura également lieu dans sa cour, qui sera ouverte pour l’occasion.
Et si vous souhaitez découvrir son univers hétéroclite et coloré fait d’objets chinés, ça se passe les mercredis, jeudis et vendredis de 14h à 19h, les samedis de 10h à 16h, et sur rendez-vous au 06 70 71 09 71.
Les Pieds dans l’Herbe, un jardin comme une bulle de verdure à l’abri des regards
Après Leutenheim, on redescend le long du Pays Rhénan en direction de Strasbourg pour nous rendre à Herrlisheim, une commune connue, entre autres, pour son église de style brutaliste. On vous l’avait d’ailleurs présenté dans un article que l’on vous remet juste ici :
C’est à quelques dizaines de mètres de cet édifice impressionnant que nous rencontrons Laurette Matter et son mari Thierry chez eux, non pas dans leur grenier, mais dans leur jardin majestueux.
En traversant la cour de la maison familiale de Laurette, construite en 1936, on tombe nez à nez avec un petit paradis privé, 12 ares de terrains entièrement façonnés par leurs mains.
Investi progressivement depuis 1986, ce verger familial a peu à peu été transformé en espace de vie fleuri où les plantes vivaces se mêlent aux objets chinés et aux arbres presque centenaires.
Une pergola pour déjeuner à l’ombre d’une vigne grimpante, qui apporte de la fraîcheur ; un magnolia qui semble avoir toujours été là ; un cognassier classé arbre remarquable : chaque espace et chaque massif a sa petite anecdote.
Particulièrement fleuri en cette période, ce jardin, pensé à quatre mains, évolue au fil des saisons. Il est visité par des oiseaux, des insectes et des papillons, et il demeure un lieu de villégiature pour les beaux jours de Thierry et Laurette. Quelle chance !
Chaque année, le couple y consacre du temps et de l’attention pour créer un lieu de déconnexion, de balade et de flânerie où on a juste envie de s’installer pour l’été.
Entre petits coins ombragés, fontaines et points de fraîcheur, le couple s’est, en effet, créé de petits îlots où il fait bon s’installer pour boire un verre ou bouquiner.
Rosiers, bulbes printaniers, potager, magnolia, les essences de fleurs, d’arbres et d’arbustes se mêlent et forment un tout dans lequel on pourrait rester des heures.
« C’est notre lieu de vie, on y passe beaucoup de temps juste pour le plaisir, surtout en cette saison. Étant un héritage familial, j’aime continuer à le faire vivre en ajoutant des petites touches par-ci par-là à chaque saison. On se fait plaisir et on le façonne, mais au final, c’est toujours la nature qui décide », raconte Laurette en flânant lentement au bord des massifs fleuris.
Privé, ce jardin ne se visite pas librement. Pour ne pas troubler leur tranquillité, Laurette et Thierry accueillent les visiteurs/ses uniquement sur rendez-vous. Si vous aussi, vous souhaitez vous vider la tête au milieu de ce jardin apaisant, on vous met les contacts et les horaires sur leur site juste ici.
Maintenant, il se fait faim, c’est l’heure de découvrir un nouveau restaurant.
Au Cheval Noir à Kilstett, un restaurant entre tradition, élégance et modernité
Direction le village de Kilstett, à une poignée de kilomètres de Herrlisheim, pour découvrir un restaurant historique qui trône au milieu du village depuis belle lurette : Au Cheval Noir.
Appartenant à la famille Ennesser depuis 1883, ce restaurant, tout en élégance, est une institution reconnue dans la commune et bien au-delà.
Loin des brasseries traditionnelles alsaciennes classiques, ici, il y a un petit quelque chose en plus, un petit air gastronomique.
De belles nappes blanches, que ce soit sur la terrasse couverte ou dans les nombreuses salles et salons intérieurs, une décoration soignée qui rappelle les époques passées, d’élégants plafonds et boiseries marquetées, l’intérieur a de l’allure.
Mais si le Cheval Noir a su convaincre depuis le XIXe siècle, c’est aussi et surtout pour sa cuisine.
Aux fourneaux, les chefs Olivier et Éric Ennesser et leurs équipes proposent à la fois une cuisine de terroir et locale tout en élégance, et une cuisine plus exotique aux accents gastronomiques.
On retrouve aussi bien un menu de la semaine avec entrée, plat et dessert pour 22€, que des plats plus complexes comme le filet de sandre cuit à la vapeur, sauce au safran de Kilstett et riz thaï au jasmin. On croisera aussi la route du marbré de foie gras d’oie aux épices façon « baerewecke » ou de la traditionnelle matelote au Riesling.
Que ce soit le plat de la semaine ou le menu Symphonie que nous avons pu tester, on peut dire que le Cheval Noir est une très belle découverte. On sent une vraie touche de chefs dans les assiettes, la présentation est soignée, on a été séduit(e)s par le lieu et par ce que l’on a mangé, même si ça reste un budget.
Si vous souhaitez vous faire une première idée du Cheval Noir sans trop dépenser, le menu de la semaine à 22€ est une très bonne option.
Maintenant, on décale quelques rues plus loin, toujours à Kilstett, pour découvrir un artisan savonnier au grand cœur !
La Savonnerie du Cèdre, une affaire de famille pas comme les autres
Au centre de Kilstett, dans son garage un peu particulier, on rencontre Frédéric. Avec son tablier noué autour de la taille, il nous accueille dans son laboratoire, un espace mis aux normes et aménagé, où il a installé sa savonnerie bio !
Ce lieu, c’est son histoire et celle de sa famille. En 2015, alors que sa fille souffrait d’eczéma, il consulte des médecins et des dermatologues, mais rien n’y fait, elle a du mal à se soigner. Les traitements ne fonctionnent pas, les savons industriels non plus, alors Frédéric a l’idée d’en fabriquer lui-même, de manière artisanale.
Il utilise alors des huiles et des matières premières bio, il contourne les pratiques habituelles des grandes marques qui dérivent leur produit de la pétrochimie, et rapidement, les symptômes de l’eczéma se réduisent, et finissent par disparaître totalement.
Rejoins par sa sœur Sylvie dans l’aventure, le père de famille décide alors de faire du savon son métier. Il se forme pendant plusieurs mois, il étudie les matières premières et leurs vertus, et il crée officiellement son entreprise La Savonnerie du Cèdre.
Frédéric et Sylvie décident alors de créer une société vertueuse, plus respectueuse de l’humain et de l’environnement.
Ici, tous les savons sont fabriqués à la main avec des méthodes naturelles, sans chimie invasive, avec des matières premières biosourcées comme le beurre de karité, l’huile de coco ou les huiles essentielles.
Mais Frédéric et Sylvie ne se contentent pas de fabriquer des savons pour le corps, pour les peaux grasses ou pour les bébés, car chacun des produits a sa spécificité. Démaquillants et shampoings solides, déodorants, baumes, huiles, et même du dentifrice en poudre : la gamme proposée est large et les usages sont multiples.
Vous l’avez compris, le duo est désormais à la tête d’une petite entreprise familiale qui se donne vraiment du mal pour faire les choses bien, et proposer des produits plus sains à celles et ceux qui en ont besoin. On ne va pas vous mentir : on a été très touché par l’histoire de Frédéric et ses produits sont un vrai coup de coeur, testés et validés !
Si vous voulez les soutenir, vous pouvez retrouver les produits de La Savonnerie du Cèdre sur leur site web, et dans plusieurs magasins bio comme Nature et Culture à Oberschaeffolsheim, chez Bioclaire rue Boecklin à Strasbourg, dans plusieurs magasins bio à Illkirch, Vendenheim ou Cronenbourg, ou encore à la boutique Autour du Pot à Kilstett où l’on se rend maintenant.
Et si vous souhaitez passer commande sur le site de la savonnerie, vous pouvez bénéficier de 10% de réduction avec le code POKAA10.
Autour du Pot, une boutique qui mêle le bon, le local, le vrac et le bio
À quelques pas de l’atelier de Frédéric, on part à la rencontre de Marie, une jeune maman qui a décidé de quitter son travail pour lancer sa boutique de produits en vrac autour du local et du zéro déchet.
Imaginée en avril 2020, pendant le Covid, la boutique a finalement ouvert quelques mois plus tard, en décembre de la même année. L’idée derrière cette petite épicerie de quelques m2 appelée Autour du Pot, c’est de proposer plus de 1000 références de produits autour du vrac et du zéro déchet. En fait, Marie souhaite proposer une offre qui arrive en complément des boucheries ou des maraîchers/ères.
Que ce soient les produits d’entretien, le café, les céréales, les oléagineux, les biscuits apéritifs, le riz, les pâtes : la plupart des produits secs qu’elle propose sont pesés et payés au poids, comme lorsque vous achetez vos fruits et légumes.
Les autres produits comme la confiture, les sirops ou les vins sont vendus comme un produit courant classique – précisons-le, on ne sait jamais.
Ce système de vrac permet d’acheter exactement la quantité qu’il nous faut, sans avoir besoin de jeter, et bien sûr, de mieux sourcer ses produits, car Marie a sélectionné des producteurs/rices du coin quand elle le peut. En plus, comme tout le vrac est conditionné dans des bocaux en verre, évidemment réutilisables, les déchets plastiques sont réduits au minimum.
Finalement, on revient à nos bonnes vieilles pratiques d’avant l’industrie du plastique, lorsque le verre était encore roi. Mais si Marie a souhaité créer cette boutique, c’est aussi pour se rapprocher d’une clientèle avec laquelle elle partage de petits moments de vie au quotidien :
« Honnêtement, il n’y a que des gens chouettes qui viennent me voir, des personnes de tous les âges qui apprécient ce lieu pour différentes raisons. Ce sont des personnes qui partagent mes valeurs et avec lesquelles je peux prendre le temps de discuter. Franchement, après ça, on voit le monde autrement, et ça me réjouit. Et puis, je suis devenue indispensable à plein de personnes, ça me fait du bien », nous raconte Marie avec un sourire radieux.
Du local, du bio, du zéro déchet, des douceurs sucrées ou salées qui changent de l’ordinaire et qui se conservent, il y a un paquet de raisons de venir rencontrer Marie dans sa petite épicerie.
D’ailleurs, il y a tout un tas de raisons de venir découvrir ou redécouvrir ce territoire si proche de Strasbourg. En quelques minutes à vélo, en train ou en voiture, on peut venir rencontrer ses voisins et ses voisines, des personnes qui entreprennent, parfois à contre-courant, pour le meilleur, et pour défendre leurs valeurs, leurs idées, et leur petit coin de paradis rien qu’à eux.
Si vous souhaitez plus d’infos sur toutes ces personnes qui font bouger leur territoire, rendez-vous sur le site de l’Office de Tourisme du Pays Rhénan.
Plage, forêt et logements insolites : on a passé des « micro-vacances » à deux pas de Strasbourg
Établissement
Office de Tourisme du Pays Rhénan
Quoi ?
Office de tourisme - point d'informationsQuand ?
10 Juil. 2025où ?
20b Grand'Rue, 67620 Soufflenheim 1, rue des Écluses 67760 GambsheimPlus d'infos ?
Le site web de l’Office de tourisme
Le numéro de téléphone de Soufflenheim : 03.88.86.74.90
Le numéro de téléphone de Gambsheim : 03.88.96.44.08


