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L’heure de l’exploit : récit des 8 Strasbourg-PSG à la Meinau depuis le retour en Ligue 1

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Ce 3 mai à 17h aura lieu le match le plus attendu de la saison pour beaucoup de Strasbourgeoises et de Strasbourgeois : Racing-PSG. Un rendez-vous à ne pas manquer alors que le Racing tutoie les étoiles européennes et rêve de Ligue des Champions. Une Meinau bouillante les attend, pour encourager ses Bleus et Blancs à obtenir non seulement une victoire de prestige, mais également pour franchir une étape supplémentaire dans la course à l’Europe. Avant que les chants des supporters ne résonnent dans tout Strasbourg, prenons un petit kawa et revenons sur l’histoire des Strasbourg-PSG, depuis le retour en Ligue 1.




 

On ne va pas se mentir, depuis la création du PSG en 1970, les confrontations avec le Racing tournent rarement à l’avantage de nos Bleus et Blancs. Selon Racingstub, sur 66 matchs de championnat, le Racing a gagné 11 matchs, fait 19 matchs nuls et en ont donc perdu 36. Lorsque l’on sait que les treize premiers matchs de l’histoire entre les deux clubs ont vu le Racing l’emporter six fois et quatre matchs nuls, on voit que les trente dernières années n’ont pas été tendre pour nos Strasbourgeois. Néanmoins, ce qui nous intéresse, ce sont les confrontations à la Meinau depuis le retour du Racing en Ligue 1. Huit matchs de championnat, dont un annulé, et un en Coupe de la Ligue, qui ont toujours révélé leurs lots de surprises. Récit des plus marquants.

Kylian Mbappé, Lionel Messi et Neymar au retour des vestiaires pour commencer le deuxième mi-temps du match contre l'Olympique de Marseille, le 24 octobre 2021 au stade Vélodrome
Attention aux trois. © Bigmatbasket – Own work – CC BY-SA 4.0


La nuit de l’exploit (Strasbourg-PSG : 2/1 ; 1er décembre 2017)

Neuf ans après avoir quitté l’élite, et six ans après avoir recommencé de zéro en cinquième division, le Racing revient en Ligue 1. La renaissance d’un club qui rentre à la maison, là où il doit être. Pourtant, l’équipe de Thierry Laurey va avoir du mal à monter en régime : malgré une belle victoire face à Lille pour le premier match de la saison à la Meinau, le Racing pointe à la 19ème place après une nouvelle défaite face à Nantes à la 7ème journée. Premier tournant de la saison néanmoins : après un 4-2-3-1 inefficace, Thierry Laurey change de fusil d’épaule et passe à un 4-4-2 plus offensif. Le Racing grappille des points, avec deux victoires, cinq nuls et une seule défaite jusqu’à la 16ème journée.

Nos Bleus et Blancs occupent la 16ème place lorsque, le samedi 1er décembre 2017, s’avance l’ogre parisien. Et « ogre » est un mot adapté : ayant recruté Neymar et Mbappé à l’intersaison, le club de la capitale roule sur tout ce qui bouge. Rendez-vous compte : 13 victoires et deux nuls en Ligue 1, cinq larges victoires en Ligue des Champions, dont un 3-0 face au Bayern, l’équipe d’Unaï Emery semble inarrêtable. Et alors qu’ils ont tous le match retour face au Bayern en tête, arrivant quelques jours après, le froid polaire du début décembre strasbourgeois va rafraîchir leurs ardeurs.

bière meinau
Il fallait au moins ça pour se réchauffer. © Nicolas Kaspar/Pokaa

La Meinau est chauffée à blanc, le tifo est simplement magnifique et, très vite, on sent que le match ne sera pas comme les autres. À la 13ème minute, coup-franc pour le Racing. Dimitri Liénard dépose alors une merveille de ballon pour la tête de Nuno Da Costa, complètement oublié par le marquage parisien, qui troue Alphonse Aréola. Si on l’avait rêvé, ce ne se serait pas mieux déroulé : le Racing mène 1-0, et la Meinau explose. Piqué au vif, le PSG réagit et commence à dominer outrageusement les débats avec pas moins de onze tirs en première mi-temps. L’un d’eux fut le bon : sur un déboulé de Rabiot, Mbappé est plus prompt à reprendre le ballon et égalise. 1-1, balle au centre, retour aux vestiaires.

Dès l’entame, le PSG est tout proche de marquer un nouveau but par l’intermédiaire de Pastore. On se dit que Strasbourg ne pourra pas tenir longtemps comme ça. Et pourtant, sur un dégagement de Bingourou Kamara à la 65ème, l’impossible se produit. Da Costa, encore une fois laissé tout seul, dévie le ballon de la tête et la Meinau commence à gronder. À la course, Bahoken dépose Berchiche avant d’allumer Areola. 2-1 Strasbourg et la Meinau rugit comme rarement. Désormais, il faut tenir. Kamara, victime de malaises, laisse sa place à Oukidja à la 72ème et l’exploit se rapproche. On assistera à un temps additionnel complètement dingue, avec 10 minutes de tension en plus pour les supporters, qui verront Oukidja sortir une tête de Cavani et Kimpembe louper l’immanquable. 100ème minute : coup de sifflet, match gagné, Strasbourg réalise alors le plus grand exploit de la saison en Ligue 1. 

© Nicolas Kaspar/Pokaa


La revanche (Strasbourg-PSG : 2/4 ; 13 décembre 2017)

Hasard des tirages au sort, les deux équipes se retrouvent à peine 12 jours plus tard à la Meinau, pour les huitièmes de finale de Coupe de la Ligue. Entre temps, le PSG a perdu face au Bayern 3-1 et le Racing continue sa remontée au classement en étant allé battre Bordeaux chez eux 3-0. Ce 13 décembre néanmoins, le Racing cherche quelque peu à faire tourner et le match s’en ressent. À nouveau, la 12ème minute se révèle décisive, mais cette fois-ci dans l’autres sens. Yohan Salmier marque en effet contre son camp, avant que Di Maria ne double la mise à la 25ème minute, grâce encore une fois à une erreur de la défense, ici Lala et Oukidja. Jérémy Grimm, l’autre emblème du Racing avec Dimitri Liénard, redonne un peu d’espoir à la 36ème minute et on se prend à rêver à un retour du Racing.

Surtout que la deuxième période débute bien, avec des Bleus et Blancs plus dangereux. Mais à la 62ème minute, une combinaison entre Thomas Meunier et Dani Alves comme dans Fifa voit le Brésilien marquer le troisième but parisien. Le PSG aggrave même la marque sur un nouveau centre de Meunier pour Draxler cette fois, à la 78ème. Jérémy Blayac réduira la marque pour les Strasbourgeois à la 88ème. Le PSG s’en ira gagner la Coupe de la Ligue, face à Monaco. Pour Strasbourg, le parcours s’arrête là cette saison. Mais, comme on le sait, ce n’était que partie remise. 

stade de la meinau
© Nicolas Kaspar/Pokaa


Le caillou dans la chaussure (Strasbourg-PSG : 1/1 ; 5 décembre 2018)

L’année suivante, on retrouve le Racing et le PSG dans les mêmes conditions que lors de l’exploit strasbourgeois. Un 5 décembre, pour un match en semaine qui sent moins le souffre que l’année dernière, mais qui déplace toute de même les foules. Il faut dire que le PSG marche encore plus sur la Ligue 1 : sous la houlette de Thomas Tuchel, Paris innove, expérimente et enchaîne surtout 14 victoires consécutives en championnat, pliant la Ligue 1 dès le mois de novembre. En face, Strasbourg occupe la 8ème place et sort d’une victoire éclatante à Rennes 4-1. Le nouveau système concocté par Thierry Laurey, le 3-5-2, permet de solidifier la défense et libère Kenny Lala sur son côté droit, qui délivre caviar sur caviar. La tâche reste néanmoins ardue, même si l’hiver a toujours réussi aux Strasbourgeois.

Après avoir perdu leurs premiers points le week-end précédent face à Bordeaux (2-2), le PSG se présente à la Meinau avec une équipe un peu remaniée, sans Neymar et avec Mbappé sur le banc. Le match se révèle assez fermé, avec peu d’occasion, jusqu’à ce que Carole trouve Zohi sur le côté gauche. Si l’attaquant strasbourgeois dévisse se frappe, il va permettre au Racing, et à la Meinau, de croire en un nouvel exploit. Et quelques minutes plus tard, un nouveau déboulé de Carole débouche sur un centre qui touche la main de Kehrer. Pénalty sifflé et c’est Kenny Lala qui va se charger de le transformer, sur un contre-pied parfait. 41ème minute : la Meinau explose, et le Racing mène 1-0. Un score que les Bleus et Blancs garderont jusqu’à la mi-temps. Mais, à la pause, le PSG décide d’effectuer un changement.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Et pas n’importe lequel : Mbappé rentre en jeu. Le récent champion du monde montre  rapidement à quel point il est un joueur de grand talent. Il dépose d’abord une merveille de centre sur la tête de Kehrer, qui pousse Matz Sels à sortir le grand jeu. Puis il tente une frappe, qui passe à côté. Finalement, la troisième est la bonne : sur une accélération dont il a le secret, il provoque la faute de Lala, complètement pris de vitesse. Nouveau pénalty, Cavani contre Sels. Le portier belge plonge du bon côté mais le pénalty est trop bien tiré. 1-1. Et désormais il faut tenir. Sels sort un nouvel arrêt de grande classe face à Kehrer, alors qu’Areola s’invite à la fête en détournant une belle frappe de Thomasson.

La Meinau commence à se satisfaire du résultat quand, quasiment à la dernière minute, Thomasson reprend un centre de la tête, trompant Areola. Nouvelle explosion de joie, mais cette fois-ci de courte durée, le milieu strasbourgeois étant hors-jeu. 1-1, score final. Le Racing devient la deuxième équipe à neutraliser le PSG, et utilisera tout l’arsenal de son nouveau système pour aller emporter la Coupe de la Ligue face à Guingamp. Hasard du tirage au sort une nouvelle fois : les deux clubs se retrouveront quelques mois plus tard en Coupe de France, pour un match qui avait marqué les esprits, et pas pour de bonnes raisons.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Le non-joué (Strasbourg-PSG : non-joué ; 7 mars 2020 puis 18 mars 2020)

Alors que Strasbourg a à nouveau goûté aux joies de la Coupe d’Europe, ne s’arrêtant qu’en barrages contre Francfort, le Racing réalise une belle saison 2019/2020. Après des débuts compliqués dus à la fatigue européenne (aucune victoire lors des cinq premiers matchs), le Racing se reprend et enchaîne notamment 8 victoires en 12 matchs, jusqu’à atteindre la sixième place de Ligue 1. Quand le PSG s’avance à la Meinau pour la 28ème journée un 7 mars, une victoire par trois buts d’écart des Strasbourgeois les propulseraient à la 6ème place. En temps normal, les supporters se mettraient à rêver.

Sauf qu’en mars 2020, rien n’était normal. Et pour cause d’épidémie de coronavirus, notamment dans le Haut-Rhin, la préfecture a pris la, très sage, décision d’annuler la rencontre. Le match est initialement reporté le 18 mars prochain, à huis-clos. Un crève-coeur pour les supporters, mais un match qui finalement n’aura pas lieu puisque le 17 mars, la France entière plongeait dans l’inconnu du premier confinement. La Ligue 1 s’arrêtera là et ne reprendra pas la saison. Finalement, Strasbourg finira 10ème du championnat, son meilleur classement depuis le retour dans l’élite.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


La défaite dans le silence (Strasbourg-PSG : 1/4 ; 10 avril 2021)

Lors de la saison 2020/2021, Strasbourg évolue sans son arme numéro 1 : le public. Épidémie de coronavirus oblige, le retour à la Meinau ne concernera que 5 matchs, toujours avec seulement 5 000 personnes dans le stade, dans cette époque de nos vies où les stades se trouvaient en jauge. Sans son douzième homme, et après une préparation de saison complètement coupée par le Covid, Strasbourg est grandement à la peine en championnat. Relégables dès la première journée, une position qu’ils occuperont jusqu’à la 12ème journée, les Bleus et Blancs souffrent de l’absence de leurs supporters. L’équipe se divise en clans, l’ambiance dans le vestiaire devient délétère et le club va toute la saison flirter avec la menace d’une descente.

Quand le PSG arrive un 10 avril, l’espoir est bien maigre du côté des Strasbourgeois. Surtout face à un club qui sort d’un grand match face au Bayern, avec une victoire 3/2 chez le vainqueur sortant de la Ligue des champions. Pourtant, même privés de Simakan, Djiku et Ajorque, Strasbourg démarre fort et se montre tout proche de marquer, avec un poteau de Thomasson d’entrée de jeu. Néanmoins, comme souvent à la Meinau, Kylian Mbappé fait tourner la tête des défenseurs strasbourgeois et surtout Lamine Koné. Sur un démarrage, il laisse le Strasbourgeois sur place et ajuste Matz Sels à la 12ème minute. 1-0 Paris. Sarabia double la mise à la 29ème, profitant d’une nouvelle largesse de Koné, avant que Mbappé ne se mue en passeur pour Kean, juste avant la mi-temps. 3-0, la messe est dite.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Strasbourg ne va pas baisser les bras, et la lumière viendra d’un tout jeune joueur : Moïse Sahi. Le Malien de 19 ans avait effectué ses premiers pas en Ligue 1 lors de la victoire à Bordeaux et, sur son premier ballon, il bat Navas sur un centre de Bellegarde à la 63ème. Le Racing tentera de pousser pour inquiéter les Parisiens, mais Paredes terminera le travail sur une merveille de coup-franc à la 79ème. Le PSG perdra d’ailleurs le titre cette année-là, au profit de Lille. Strasbourg sauvera sa tête à la toute dernière journée avec un nul contre Lorient, dans une Meinau vide, qui n’a pas pu dire au-revoir à Thierry Laurey, ou encore Mohamed Simakan. Un soulagement néanmoins, qui augurera des jours meilleurs du côté de la Meinau.

Celui où l’exploit est passé si prêt (Strasbourg-PSG : 3/3 ; 29 avril 2022)

Au printemps 2022, Strasbourg est aux portes de l’Europe : bien accrochés à la 6e place, les hommes de Julien Stéphan accueillent un PSG tout juste champion de France. La Meinau est bouillante pour un match qui sent la poudre ; et très vite, le stade explose avec un but de Kevin Gameiro au bout de 3 minutes, dépassant au sprint un Kimpembe perdu. Le Racing croit même mener 2/0 avec un but de Thomasson, mais il est refusé pour hors-jeu. Un petit tournant puisque seulement trois minutes plus tard, un Mbappé de gala s’échappe sur une passe de Neymar pour aller tromper Sels (1-1).

L’ambiance ne faiblit pas, mais le PSG monte en puissance, particulièrement après la mi-temps. Si une frappe de Prcic frôle le cadre, c’est Hakimi qui s’en va tromper Sels à la 64e minute, au bout d’une action collective de grande classe. Comme sonnés, les Strasbourgeois accusent le coup, et Djiku commet l’irréparable : une passe en retrait manquée dont profite Mbappé, qui s’en va défier Sels. À ce moment-là, toute la Meinau le sait déjà, cela va faire 3-1 ; et Mbappé ne fait pas mentir le stade.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Mais c’est mal connaître les Bleus et Blancs de croire qu’ils vont lâcher l’affaire. Et petit à petit, la rencontre verse dans l’irrationnel : à l’issue d’un corner, Diallo plante une tête qui n’est pas cadrée… mais qui rebondit sur la cuisse de Verratti, trompant Donnarumma. Il reste alors 15 minutes, et tout un stade se remet à pousser comme jamais. Gameiro manquera le cadre, Messi échouera devant Sels et Diallo frappera à côté à la 90e minute. La Meinau pousse comme jamais, et la pression s’accumule sur le camp parisien. Il en suffira d’une.

Comme un symbole, elle viendra de Dimitri Liénard. À la 92e, il adresse un centre qui traverse toute la surface… jusqu’à Anthony Caci qui conclut rageusement dans les filets parisiens. Explosion de joie dans la Meinau, le Racing est revenu à hauteur. Il sera d’ailleurs tout proche de l’emporter, une dernière action de Diallo flirtant avec le poteau du gardien. Un scénario invraisemblable, des émotions à foison et un Strasbourg qui reste dans la course à l’Europe, même si celle-ci se finira dans la tristesse…

Des fumigènes au stade de la Meinau lors de la victoire 1-0 du Racing face à Clermont le 14 mai 2022
© Nicolas Kaspar/Pokaa

Celui du maintien (Strasbourg-PSG : 1/1 ; 27 mai 2023)

Autre ambiance en cette fin de mois de mai 2023 : les rêves européens de l’année passée sont désormais bien enterrés, Julien Stéphan a été licencié après une saison compliquée en interne et sur le terrain, et le Racing est passé tout proche de la correctionnelle. Sous la houlette de Frédéric Antonetti, les Bleus et Blancs ont repris des couleurs. Et au moment où le PSG arrive à la Meinau, les deux équipes ont le même objectif : prendre un point. Le Racing pour se maintenir, le PSG pour officiellement être couronné champion après une saison très difficile.

Contrairement au match de la saison passée, les émotions ne sont plus trop au rendez-vous. Si le PSG a la balle, Strasbourg est presque le plus dangereux, notamment grâce à un Diallo qui a marché sur l’eau en 2023. L’attaquant sénégalais trouve même le poteau à la 38e minute. Finalement, les deux équipes rentrent à la pause à égalité, chacune sur son objectif.

racing club de strasbourg meinau
© Nicolas Kaspar/Pokaa

En deuxième mi-temps, le PSG accélère et ouvre la marque grâce à Lionel Messi, sur un service de Mbappé. Pour la petite anecdote, c’est avec ce but que l’Argentin devient le meilleur buteur européen de l’histoire. Mbappé aura lui une belle occasion de doubler la mise, mais échoue. On sent le PSG en gestion, étant venu chercher ce qu’il voulait. Mais à la 79e minute, c’est encore une fois Kevin Gameiro qui marque face à son ancien club, en renard des surfaces. Si Dimitri Liénard a un dernier coup-franc pour faire vibrer le stade, on sent les deux équipes satisfaites du résultat.

Le Racing prend ainsi le point du maintien, clôturant une saison très compliquée pour le club et ses supporters. C’est également la dernière saison du « Racing d’avant », puisqu’au mois de juin, Strasbourg passe dans une nouvelle ère : celle de BlueCo et de la multipropriété.

Un tifo du Kop face à Reims le 21 novembre 2021
© Nicolas Kaspar/Pokaa

Le premier sous BlueCo (Strasbourg-PSG : 1/2 ; 2 février 2024)

Si cette saison est enthousiasmante sur plein d’aspects, la première saison sous BlueCo a été plus qu’éprouvante pour le club et ses supporters. Pourtant, la venue du PSG ne pouvait théoriquement ne pas tomber à un meilleur moment : l’attaque de Strasbourg fonctionne enfin, et les résultats suivent. Sauf que, le dernier jour du mercato d’hiver [et la veille du match, ndlr], Matz Sels file à l’anglaise vers Nottingham Forest. Le club ne cherche pas de remplaçants, et se retrouve alors à titulariser Alaa Bellaarouch, qui n’a jamais joué en Ligue 1. Sacrée première, qui augure un match irrationnel.

Et ça démarre fort : dès la 4e minute, le PSG obtient un pénalty pour une faute de Lucas Perrin sur Kolo Muani. Face à Bellaarouch, Mbappé, de loin meilleur buteur de Ligue 1. Dans la tête de tous les supporters strasbourgeois, une pensée : et s’il le faisait ? Le miracle de la Meinau se produit : le gardien strasbourgeois repousse le pénalty. Un premier arrêt de choix dans une carrière. Galvanisés par ce moment fort, les supporters poussent leurs joueurs, qui s’enhardissent : Diarra touche la barre à la 20e, et les Strasbourgeois dominent les débats. Jusqu’à ce que…

racing club de strasbourg meinau
© Nicolas Kaspar / Pokaa

L’irrationnel revient en force à la Meinau à la 31e minute : après un cafouillage de relance dans la défense strasbourgeoise, Bellaarouch prend trop de temps à allonger le jeu. Il est contré par Asensio, qui sert ensuite Mbappé : but pour Paris, boulette pour Bellaarouch, au moment où Strasbourg montait en puissance. Un coup dur pour l’équipe et le gardien. À l’entrée de la 2e période, Strasbourg pousse fort, mais se fait prendre en contre par une action de classe parisienne : Asensio termine l’affaire, sur une passe de Mbappé, qui aura traumatisé une dernière fois la Meinau.

L’ambiance retombe tandis que le match devient plus hâché. Progressivement, Strasbourg reprend des couleurs et à la 68e minute, Bakwa conclut un beau service d’Angelo pour relancer les troupes. Diarra et Emegha butent rapidement sur Donnarumma juste après, Bakwa manque le cadre à la 79e tandis que Sylla rate l’immanquable dans le temps additionnel. Strasbourg s’incline pour la première fois en championnat avec du public face à Paris, dans un match aux multiples premières. Une défaite encourageante, qui amènera pourtant un mois de février très compliqué pour les Bleus et Blancs, qui arracheront définitivement leur maintien qu’à la 32e journée, après une humiliante défaite face au Havre.

Ce 3 mai, le Racing aura l’occasion de marquer les esprits dans une saison enthousiasmante. 7e à seulement 2 points de la 3e place, les Bleus et Blancs auront les crocs et l’ambition d’aller gagner face à un Paris qui fera tourner avant sa demie retour de Ligue des Champions. L’exploit de gagner à nouveau contre le PSG est possible, et toute la Meinau poussera derrière ses joueurs. Pour pouvoir vivre deux derniers matchs de folie, où tout sera possible.

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