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Crit’Air 5/Crit’Air 1 : sur quelles bases votre voiture est-elle vraiment jugée ?

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Les débats sur la voiture sont légion à Strasbourg. La hausse du stationnement résident, encore inconnue à ce jour, la M35 à 70km/h ou encore la mise en place de la ZFE-m… Chaque décision prise par la municipalité donne lieu à des discussions enflammées. Pour la ZFE justement, une polémique est née le 26 janvier. Le sujet ? Une petite voiture rouge opérant un contresens.

Via un post Facebook daté du 26 janvier, un Strasbourgeois interpelle Pia Imbs, Jeanne Barseghian et Danielle Dambach. Soit le trio à la tête de l’Eurométropole. La raison ? Une image contenue dans le guide pratique de la ZFE-m, disponible sur Strasbourg.eu. On y voit une petite voiture rouge nous expliquer, avec le sourire, que « Le saviez-vous ? 1 voiture Crit’air 5 émet autant de particules à l’échappement que 33 voitures Crit’air 1 ». Une affirmation contredite par le Strasbourgeois en question : « Je rappelle, à toutes fins utiles, que la vignette Crit’Air n’est nullement attribuée sur un critère d’émissions (particules, CO2 ou autre) mais UNIQUEMENT sur la date de première mise en circulation du véhicule (deux échelles de dates selon que ce soit un véhicule essence ou diesel) ». Avant de terminer : « Soit certains ne sont pas forts en math, soit c’est un mensonge éhonté… »

© Capture d’écran guide pratique de la ZFE-m – Strasbourg.eu


Les critères des Crit’air

Revenons dès lors sur les critères des fameuses vignettes Crit’air. Concrètement, à quoi servent-elles ? Instaurées en 2017, elles permettent de catégoriser les véhicules en fonction des niveaux de pollution, par rapport aux normes européennes. Elles se ainsi divisent en 6 catégories, allant de Crit’air E à Crit’air 5. En outre, se rajoute à cela des véhicules sans vignette Crit’air.

Dit comme ça, on ne semble pas trop perdu. Néanmoins, les choses sont un peu plus complexes. Chaque vignette possède sa norme européenne, dépendant de la nature du véhicule. Une distinction s’opère entre les véhicules essences et les véhicules diesel. Par exemple, un véhicule diesel Crit’air aura la norme euro 5/6, alors qu’un véhicule essence aura la norme euro 4. On se réfère également à la date d’immatriculation du véhicule : ainsi, une voiture essence immatriculée depuis 2011 sera Crit’air 1, alors qu’une voiture diesel immatriculée depuis 2011 sera Crit’air 2. Vous suivez toujours ? Enfin, les véhicules électriques et hydrogènes sont catégorisés Crit’air E, tandis que les véhicules gaz (comme les GPL) ou hybrides rechargeables font partie des Crit’air 1. Pour résumer, on peut se référer le tableau ci-dessous.

Classification des véhicules Crit'air
© Délibération ZFE – Eurométropole Strasbourg


La question des normes européennes

À quoi ces normes européennes, comme les Euro 5/6 font-elles référence ? Elles sont issues d’un règlement de l’Union européenne qui fixe les limites maximales de rejets polluants pour les véhicules roulants neufs. Ces rejets polluants sont nombreux :

  • Les oxydes d’azote (NOx),
  • Les hydrocarbures imbrûlés (HC),
  • Le monoxyde de carbone (CO),
  • Et ce qui nous intéresse le plus ici, les particules en masse et en nombres (PM-PN).


L’essence d’une polémique

Revenons maintenant à notre petite voiture rouge. Peut-on vraiment dire, comme le suggère le guide explicatif, qu’une voiture Crit’air 5 émet autant de particules à l’échappement que 33 voitures Crit’air 1 ? Avant de mettre le trio de tête de l’Eurométropole au pilori, il faut rappeler que cet argumentaire ne provient pas seulement de Strasbourg. En effet, la métropole du Grand Nancy, dans ce ce document, ou encore la DREAL de la Nouvelle-Aquitaine, dans ce document, en ont également fait usage. Les deux premières citent une source, ATMO Grand Est, ce que ne prend pas la peine de faire la troisième. Par ailleurs, la source est non datée, sans aucun lien vers l’étude ou la publication qui en fait mention. Déjà, c’est flou.

Au-delà de ce manque de précision, l’infographie compare des choses non-comparables. Comment comparer une Crit’air 5 diesel, norme Euro 2, à une Crit’air 1 diesel, où la norme Euro n’est pas disponible ? Même problème pour les voitures essences : les Crit’air 4 et 5 n’ont pas de normes Euro, tandis que les Crit’air 1 en ont. Et comparer la pollution d’une voiture essence à celle d’une voiture diesel n’a pas vraiment de sens. Tout ce que l’on peut comparer, ce sont donc les normes Euro 1, soit les véhicules non-classés et les Euro 5/6. Pour les véhicules diesel, en se fondant sur les chiffres européens, on arrive ainsi à une voiture Euro 1 qui émettrait 31,1 fois plus de particules en masse (PM) qu’une voiture Euro 5/6. Grosse différence certes, mais pas égale à 33.

Ensuite, ces normes européennes sont des valeurs maximums à ne pas dépasser. Ce ne sont donc pas des valeurs figées dans le temps. Et il est fort possible que le rapport de pollution entre une voiture Crit’air 1 et Crit’air 5 soit donc inférieur à ces 31,1, en termes de moyenne. On a donc dans une plaquette explicative une affirmation inexacte pour défendre une mesure. Une tactique souvent dénoncée par la même majorité lors de différents conseils municipaux ou eurométropolitains.

parking voitures
© Nicolas Kaspar/Pokaa


Que retenir finalement ?

Il ne fait aucun doute que Strasbourg et sa métropole devaient instaurer la ZFE-m. Au-delà même de son caractère légal, la pollution de l’air dans notre ville est un sujet majeur. Il en va de la santé publique des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois. De plus, comme on vous l’avait expliqué, le renouvellement automatique du parc automobile fait qu’il y aura de moins en moins de Crit’air 4 et 5 dans les années à venir. Ainsi, les premières années de mise en place de la ZFE-m toucheront une minorité de personnes, qu’il faudra tout de même accompagner.

Il est tout simplement regrettable de voir que dans un guide explicatif, destiné donc aux habitantes et habitants de la métropole, se trouve un raccourci fait pour influencer sur la bonne tenue de la politique. Un raccourci qui induit en erreur, en comparant des choses non-comparables. Pourtant, on le rappelle, la ZFE-m est tout simplement un impératif légal. En revanche, cela donnera sans aucun doute du grain à moudre aux opposants des écologistes, qui taxent ad nauseam ces derniers de faire dans l’idéologie. 

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Commentaires (1)

  1. Je ne cherche pas la polémique, je cherche des réponses… Alors que la ZFE est présentée dans la communication officielle comme l’Alpha et l’Omega de l’amélioration de la qualité de l’air et de l’attitude parfaite de préservation du climat, je continue d’affirmer que la ZFE, dans son application actuelle, est un projet consumériste aggravant notre empreinte carbone, en plus d’être socialement excluant pour les défavorisés.

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