Au 150 avenue de Colmar, le Secours populaire a installé 56 casiers à destination de personnes en situation de grande précarité. Le lieu, inauguré le 3 novembre, accueille aussi de nombreuses activités et propose un accompagnement. L’activité de l’association ne cesse d’augmenter, avec de plus en plus de personnes qui demandent de l’aide.


Félix* est bénéficiaire d’un des 56 casiers du Secours populaire destinés aux personnes sans domicile fixe, disponibles depuis le 9 août. C’est lui qui inaugure le lieu, en ce 3 novembre, au 150 avenue de Colmar, dans le quartier de la Meinau. D’un geste franc, il enlève une banderole blanche et dévoile une plaque sur laquelle est inscrit « La Bagagerie Solidaire ». Une vingtaine de personnes l’applaudissent : des élus locaux, des bénévoles et salariés du Secours populaire, des représentants de la Fondation Batigère, du Crédit Agricole, d’AG2R La Mondiale et de la Ville de Strasbourg, qui soutiennent le projet.

© Thibault Vetter
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Mais Camille Vega, secrétaire général du Secours populaire dans le Bas-Rhin, rappelle : « On aimerait vous réinviter dans quelque temps pour vous annoncer la fermeture du site, parce qu’on n’en a plus besoin. Pour l’instant, on est bien loin de ça. Au contraire, on répond à une demande toujours croissante. Nous n’avons fait aucune communication, et très vite, les 52 premiers casiers disponibles, construits par nos bénévoles, étaient utilisés. Quatre supplémentaires ont été montés la semaine dernière. Ils seront remplis dans les jours qui viennent. »

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Un lieu d’accueil et d’échange

D’après lui, 43 des personnes usagères vivent dehors. Les autres sont hébergées dans des foyers du 115 ou par des particuliers. La majorité des casiers sont utilisés par des hommes ou des femmes isolées. Deux sont occupés par des couples et deux autres par des familles avec enfants.

Félix souligne qu’il s’est « tout de suite bien senti à la Bagagerie solidaire, et qu’il y passe beaucoup de temps ». Des équipes de deux à quatre bénévoles se relayent pour l’accueil, du lundi au vendredi, de 9h à 11h et de 17h à 19h. Des cadenas bloquent l’accès aux casiers et les clefs restent sur place.

Les bénéficiaires peuvent boire un café, manger une collation et s’installer dans des fauteuils. Deux cabines d’intimité sont aussi mises à disposition, pour qu’ils puissent se changer. À l’antenne du Secours populaire de la Meinau, qui ressemble à un ancien corps de ferme, il est aussi possible d’aider à l’entretien d’un potager, de passer du temps dans un accueil de jour avec une cafétéria, d’être accompagné socialement, de jouer au basket, d’assister à d’autres activités. Ces dernières sont organisées au jour le jour, selon les bénévoles et les personnes présentes. L’autre local strasbourgeois, situé au Neuhof, au 5 rue Jean Henri Lambert, héberge une boutique solidaire et des distributions alimentaires. À noter que la Maison Mimir, à la Krutenau, met aussi des casiers à disposition.

Le Secours pop’ distribue de la nourriture à 6500 personnes dans le Bas-Rhin

« En général, notre activité augmente », insiste Camille Vega, inquiet. Le Secours populaire distribue des colis alimentaires à plus de 6500 personnes dans le Bas-Rhin selon lui, contre 4000 il y a un an : « On voit arriver de nouveaux bénéficiaires, toujours plus nombreux : des retraités, des travailleurs précaires, des étudiants. » Malvina et Lucie, salariées de l’association, estiment que « toutes les solutions qu’elles proposent ne sont que des pansements, sur une plaie qu’il faudrait vraiment soigner, en priorité en créant de toute urgence, des places d’hébergement pour les sans-abris ».

>> À lire ou relire : Le Secours Populaire à Strasbourg : ses missions, ses bénévoles et ses grands projets pour 2021

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En attendant, Khadir, sans-papiers, bénévole au Secours populaire, « aide parce qu’il y a beaucoup de besoins ». Il tient des permanences de la Bagagerie Solidaire tous les jours : « Moi j’ai la chance d’être logé chez quelqu’un, mais tout le monde ne l’a pas. Je sais ce que c’est la misère, donc je ne peux pas rester sans rien faire. »

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*Le prénom est modifié.

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