Le Secours Populaire, voici une association dont le nom nous évoque tous quelque chose. Pourtant, connaissons nous vraiment ses missions, ses projets et l’envergure de ses nombreuses actions ? Pour en savoir plus sur cette immense entité crée en 1945, nous avons passé la porte du siège départemental et sommes parti à la rencontre de son secrétaire général, monsieur Camille Vega. Un jeune Strasbourgeois qui, malgré la crise, ne cesse de développer des projets d’envergure avec chaque bénévole pour répondre à la précarité qui grimpe en flèche.



Camille Vega © Bastien Pietronave / Pokaa

Le Secours Populaire, des mains tendues depuis 1945

L’association Le Secours Populaire Français a vu le jour à la sortie de la guerre, en 1945. Elle fut d’abord créée pour répondre aux besoins des enfants qui n’avaient pas accès aux vacances. Rapidement, l’association prend de l’ampleur et s’attache à répondre, avec ses moyens, à d’autres injustices de taille, qu’elles soient sociales, matérielles, juridiques ou qu’elles découlent de calamités naturelles, de la faim ou encore des conflits armés.

À travers tout le Bas-Rhin, Le Secours Populaire Français c’est 6 Antennes, 50 891 heures de bénévolat, 17 000 personnes aidées, 645 542 euros de budget, 821 694 euros de contribution volontaire et 1 632 journées de vacances offertes (selon les chiffres du rapport d’activité 2019). Une grande association aux multiples champs d’action qui fonctionne grâce à ses 450 bénévoles répartis dans le 67. Mais aujourd’hui, en 2020, un premier bilan chiffré les alarment : entre mars 2020 et janvier 2021, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 45% ! Un chiffre qui donne le tournis mais qui n’altère pas la motivation des femmes et des hommes qui se mobilisent sur le terrain.

Un siège départemental tout neuf, investi juste avant la crise

Nous sommes dans le quartier du Neuhof, en périphérie de Strasbourg. C’est là, dans un bâtiment flambant neuf de 1 100 m2 que se situe le siège départemental. Un lieu qui, par chance, a accueilli les équipes de bénévoles juste avant la crise du Covid, en octobre 2019. C’est désormais dans ces locaux (qui s’ajoutent à ceux de la Meinau, de Mutzig, du Port du Rhin, de la Cité de l’Ill, et de l’antenne de Bischwiller) que Camille et ses équipes proposent aux bénéficiaires de la distribution alimentaire et une boutique solidaire. À l’arrière du bâtiment, une immense plateforme de logistique de 700 m2 tourne a plein régime. C’est à partir de ce lieu, indispensable à la bonne organisation de l’association, que sont notamment envoyées les denrées alimentaires données par les particuliers et les entreprises à destination des autres antennes locales. Des soupes, des pâtes, des yaourts, de l’huile et tant de choses encore qui s’ajoutent aux jouets, vêtements et autres petites pièces d’électro-ménagers à destinations des aidés.

Des denrées qui leur seront ensuite vendues contre une participation financière symbolique. Camille Vega détaille : « Nous demandons une participation symbolique à tous les bénéficiaires du Secours Populaire. Pour les colis alimentaires par exemple, nous demandons un somme de 2€. Dans notre boutique solidaire, ici-même, aucun produit (livre, vêtement, déco etc..) ne dépassera une valeur de 5€. Nous ne faisons pas cela pour gagner de l’argent, mais bel et bien pour développer une solidarité plus globale. Une chaîne d’entre-aide qui responsabilise et qui modifie totalement le rapport entre aidants et aidés. Nous voulons être sur une position d’égalité essentielle pour les uns et les autres. »



La proximité, le cœur battant de l’association, aujourd’hui mis à mal

Avec la crise, de nombreux bénévoles arrivent en renfort, notamment des étudiants qui ont pu bénéficier d’une aide alimentaire depuis novembre dernier. Des jeunes et des moins jeunes qui s’ajoutent aux 450 femmes et hommes qui se mobilisent déjà et se relaient chaque semaine. Des bénévoles qui se voient attribués des tâches en fonction de leurs compétences et bien-sûr de leur disponibilité. Problème : la proximité avec les bénéficiaires et les actions sur le terrain au plus proche des personnes ont été stoppées net à cause de la crise du Covid. Des activités conviviales qui sont pourtant l’essence même des missions de solidarité entreprissent par le Secours Populaire.

Aujourd’hui, en plus des événements essentiels à la collecte de fonds et les petits cafés pris entre deux mots rassurants, les activités d’accès aux vacances, à la culture, aux loisirs, aux sports, les ateliers participatifs de langues, de cuisine, de maraichage, de couture, les groupes de musique, tout cela a été stoppé net dès le premier confinement, même la collecte des colis alimentaires se fait par un système de drive. Un drame de plus pour les bénéficiaires du Secours Populaire, mais aussi pour les bénévoles. Pour eux comme pour Camille Vega, c’est un crève cœur : « Le temps de convivialité dont nous pouvions tous profiter, notamment ces moments précieux autour d’un café, se sont envolés. Vous l’avez compris, le but du Secours Populaire n’est pas simplement de distribuer des denrées, c’est aussi et surtout de rencontrer toutes ces personnes qui poussent nos portes. Ce sont des moments précieux comme ceux-là qui nous manquent le plus, à nous, et on imagine que c’est pareil pour les aidés. Mais nous nous adaptons et nous continuons à avoir de grands projets pour tout un chacun. Évidemment, notre plus grande hâte c’est de remettre en place ces activités de convivialité. Nous nous languissons de pouvoir proposer à nouveaux toutes ces belles activités, essentielles pour les uns et les autres qui constituent la base du Secours Populaire Français.« 



Les grands projets de 2021 en Alsace

Pour Camille, « il faut se rendre à l’évidence, nous sommes face à une grosse montée de la précarité. Il vaut donc mieux anticiper tout de suite pour développer des projets novateurs, tant que le nombre de bénévoles continue à augmenter et que les dons arrivent. En ce moment, nous sommes principalement sur une aide d’urgence (alimentation, vêtement) et nous dirigeons également des personnes vers des structures d’hébergement. Mais nous réfléchissons, notamment avec les pouvoirs publiques, à une solidarité plus globale et durable, au plus proche des bénéficiaires sur plusieurs sites. »

De cette réflexion émergent plusieurs projets, notamment dans quelques quartiers strasbourgeois comme l’Esplanade, le port du Rhin ou encore près de la Meinau, des lieux où les bénévoles rencontrent des situations diverses auxquelles il faut s’adapter avec tous les outils et les compétences nécessaires, directement sur le terrain. Camille précise : « Nous réfléchissons à un lieu fixe autour de l’Esplanade, avec une présence de personnes qualifiées, en plus de la distribution pure et simple. Des personnes formées aux problématiques des étudiants pour créer un lieu d’engagement globalisé des bénévoles et ainsi faciliter l’accès à certains matériels essentiels, aux sports, aux loisirs, aux droits, aux vacances et bien d’autres choses encore. Pour cela la ville de Strasbourg nous est d’une aide précieuse. C’est le moment de construire des choses ensemble »

Concernant les actions menées au plus près des personnes, l’association cherche également à s’implanter du coté du Port du Rhin. Pour l’instant, les bénévoles opèrent entre les quatre murs d’un appartement. Une situation pas forcement évidente aux vues des problèmes rencontrés. La solution trouvée aujourd’hui, en urgence, ne peut évidemment pas durer et ne permet pas de développer l’activité sur le site en question. Un projet est aussi en train de se finaliser du coté du Stade de la Meinau, celui d’une bagagerie. Bientôt, l’association proposera 70 casiers afin que les personnes qui n’ont pas de logement fixe puissent bénéficier d’un endroit couvert où poser leurs affaires. Avec ce système, ces personnes pourront mettre leurs effets personnelles en sécurité contre le vol, la dégradation et bien-sûr de l’humidité. Mais au delà de ces aspects là, cela leur permettra d’être plus libres de leurs mouvements et pourront de ce fait avoir un accès plus pratique à la solidarité, comme l’explique Camille : « Encore une fois, ce service a pour vocation de créer du lien et d’engager les premiers contacts entre les aidés et les aidants afin qu’ils ou elles puissent devenir bénévoles à leur tour et s’engager pour les autres.« 

En soutien à tous ces beaux projets, un Solidaribus, une sorte de food truck séparé en deux avec une partie épicerie et une partie accueil, devrait également voir le jour. L’objectif ? Pouvoir se déplacer sur l’ensemble du département pour aller à la rencontre des personnes isolées. Avec cet outil pratique, les équipes pourraient couvrir toute la région et se rendre dans les coins les plus reculés.



Les solutions pour demander l’aide du Secours Populaire



Si vous êtes dans une situation de précarité et que vous souhaitez obtenir de l’aide de la part du Secours Populaire, voici les différentes options qui s’offrent à vous :

  • Vous rendre à la permanence au 150 Avenue de Colmar à Strasbourg (Le potager du Secours Populaire), rencontrer l’un des bénévoles et lui expliquer votre situation
  • Ou remplir le formulaire de contacts
  • Ou appeler le 03 88 36 28 91
  • Ou écrire à l’adresse mail [email protected]

Voici également les horaires à connaître :

  • Pour la distribution alimentaire (5 Rue Jean-Henri Lambert)

Le lundi de 12h30 à 15h
Le mardi de 12h30 à 15h
Le mercredi de 12h30 à 15h
Le jeudi de 9h30 à 11h30 et de 12h30 à 15h
Le samedi de 12h30 à 15h

  • Pour la boutique solidaire (5 Rue Jean-Henri Lambert)

Le mardi de 10h à midi et de 13h à 16h
Le jeudi de 10h à midi et de 13h à 16h

Le Secours Populaire, que ce soit à Strasbourg ou ailleurs, continue de tendre la main aux bénéficiaires, quel que soit leur âge, leur condition, leur sexe, leur croyance et leur religion. Aujourd’hui, l’association a besoin de nouveaux bénévoles, non seulement pour apporter leur aide directe, mais aussi pour proposer des idées, de nouveaux projets, car malheureusement les besoins ne sont pas prêts de s’arrêter.


Secours populaire français – Fédération du Bas-Rhin & Boutique solidaire

5 Rue Jean-Henri Lambert
67100 Strasbourg
0388362891
Le site internet

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