Ce lundi 20 septembre, c’était la rentrée des classes pour le conseil municipal. Ayant bien profité des deux mois de repos estivaux, les élus étaient de retour dans l’hémicycle frais et dispo. Heureux de se retrouver et de s’écharper à nouveau dans l’enceinte de la ville.

Avec 69 points à l’ordre du jour, on pouvait s’attendre à un conseil qui ne s’étirerait pas en longueur. Mais une fois n’est pas coutume, nos politiques strasbourgeois n’ont pas fait dans la brièveté. Au menu de ces 7h30 de conseil ? Politique de stationnement, avenir de l’opéra, urbanisme et retour du marché de Noël.

Ce qui va changer pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois

Le retour du marché de Noël le 26 novembre

L’année dernière, c’était avec tristesse que les Strasbourgeoises et Strasbourgeois apprenaient qu’il n’y aurait pas de marché de Noël dans notre ville. Qu’on l’aime ou qu’on aime le détester, il représente un temps fort de l’hiver à Strasbourg. C’est bien simple, lorsque le mercure descend en-dessous de zéro, on peut s’attendre à deux choses : de bons résultats de la part du Racing et des cabanons aux effluves de baguettes flambées. Jeanne Barseghian profite ainsi du début du conseil pour réaffirmer la tenue du marché de Noël cette année. Il débutera le 26 novembre et devrait durer un mois, jusqu’au 26 décembre. Il y aura le grand sapin place Kléber, ainsi que 313 chalets.

L’opposition critique de son côté le manque de concertation et de communication de la majorité. Mettant en avant le fait que discuter de la tenue de l’événement le 15 novembre lors du prochain conseil municipal ne servira à rien, l’ouverture étant prévue le 26. Pour ce qui sera le premier marché de Noël de la municipalité écologiste, Jeanne Barseghian affirme néanmoins que la concertation a déjà eu lieu : « Le marché de Noël fait partie d’un projet construit et concerté depuis plus d’un an. Le travail réalisé l’année dernière a été capitalisé pour que l’on ne parte pas d’une feuille blanche ». Désormais, il reste à finaliser les détails sanitaires avec la préfecture. Un dialogue que l’on imagine tendu, au vu des relations entre les deux institutions.

© Martin Lelièvre/Pokaa


L’affaire de la rue Bussière à la Robertsau

Depuis le début du mandat, l’urbanisme est un sujet sensible pour la municipalité. Le sujet de l’avenue du Rhin avait par exemple longuement fait débat en mars dernier. Mais désormais, dès que la mairie construit, l’opposition réagit. En fin de conseil municipal, Jean-Philippe Vetter évoque la question de la rue Bussière. Un permis de construire a en effet été donné le 11 juin dernier par la municipalité écologiste. Contre celui-ci, une pétition a même été lancée, comptant aujourd’hui presque 23 000 signatures.

Selon Jean-Philippe Vetter, cette dernière va « détruire un morceau de forêt protégé par une délibération que vous avez vous-mêmes votée », faisant référence à la forêt de la Robertsau classée réserve naturelle nationale. En guise de réponse, Suzanne Brolly, adjointe à l’habitat, développe sa politique du logement, où : « nous devons trouver un juste équilibre entre la part du territoire bâti, la part de terres agricoles pour garantir un territoire nourricier, et la préservation des espaces de nature pour adapter le territoire au changement climatique. » Jeanne Barseghian critique de son côté « l’émoi à géométrie variable » de Jean-Philippe Vetter, élu départemental du canton de la Robertsau, où se trouve la rue Bussière.

Finalement, cette question d’actualité, pose une question plus large qui concerne tous les Strasbourgeoises : celle de la construction de logements en temps de crise écologique.

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Ce qui va changer pour Strasbourg

L’avenir de l’Opéra du Rhin

Depuis plus de 20 ans maintenant, la question de l’avenir de l’Opéra du Rhin revient. Telle une patate chaude que les décideurs se passent allègrement. Il faut dire que malgré son prestige, le bâtiment, extrêmement vétuste, pose de nombreuses difficultés en termes de sécurité. Dès lors, une question se pose : quelle forme doit prendre l’opéra du 21ème siècle à Strasbourg ? Pour y répondre, Anne Mistler, adjointe à la culture, préconise de « partir des besoins et des attentes de la population par rapport à ce que doit être un opéra aujourd’hui ». Une autre question concerne le futur lieu de cet opéra : restera-t-il place Broglie ou faut-il le déplacer ailleurs ? Sur le sujet, la municipalité envisagerait près d’une dizaine de localisations possibles. Elles vont de Fonderie à Saint-Aurélie, en passant par les quartiers Gare ou Archipel, comme les bords du Rhin ou les places de Bordeaux et Haguenau.

De son côté, l’opposition accorde ses violons pour pousser la municipalité à faire un choix, tout en ne regardant pas la dépense. Pascal Mangin, ancien adjoint à la culture sous le mandat de Fabienne Keller, propose par exemple de faire des expérimentations pour la culture et le théâtre. Quoiqu’il en soit, et même s’il finissait par quitter la place Broglie, ce ne sera pas la fin de l’utilisation du lieu selon Jeanne Barseghian : « De toute façon, il va falloir rénover le bâtiment, pour des raisons historiques et patrimoniales. Il faudra alors avoir un projet artistique de prévu . » Néanmoins, n’attendez pas un nouvel opéra trop tôt. Qu’il soit déplacé ou rénové, on n’en verra pas la couleur avant au moins 2026. Seul la localisation devrait être décidée en cours de mandat.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Strasbourg labellisée « Projet Alimentaire Territorial »

En février dernier Strasbourg avait adhéré au Pacte de Milan. Un pacte international signé par plus de 200 villes, qui appelle à développer des systèmes alimentaires durables, intégrer les politiques alimentaires dans l’action des politiques publiques, en impliquant tous les acteurs du système alimentaire dans l’élaboration des décisions. Avec cette adhésion, Strasbourg souhaitait réduire les pollutions, faire baisser l’impact de nos assiettes et agir sur les aspects de nutrition-santé à Strasbourg.

Une des raisons ? Notre ville se révèle extrêmement vulnérable sur la question alimentaire. En effet, Antoine Neumann, déjà rapporteur sur le sujet en février dernier, explique lors de ce point du conseil municipal que Strasbourg et son Eurométropole ne pourraient assurer que 8 % des besoins nourriciers de leurs populations. En outre, 26 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 12 % dépendent de l’aide alimentaire. C’est pourquoi Strasbourg souhaite utiliser le cadre du Pacte de Milan afin de préserver et maintenir ses exploitations agricoles. Mais aussi développer un modèle d’agriculture locale durable, c’est-à-dire pérenne et de proximité. Enfin, cela signifie également renforcer le lien entre le monde agricole et l’ensemble de ses interlocuteurs, qu’ils soient institutionnels ou privés.

© Pokaa


Le moment à retenir : les débats animés sur le stationnement résident

>> Pour avoir le contexte : « Hausse du stationnement résident et nouveaux parkings : à quoi ressemblera la voiture à Strasbourg en 2022 ? »


Une opposition tranchante (et parfois inexacte)

Dans ce débat animé, c’est Jean-Philippe Vetter qui porte l’estocade en premier. Il reproche à la majorité son manque de communication : « Assez de ces décisions prises sans consultations. Vous concertez pendant des mois sur la 5G où vous n’avez pas de pouvoir. Et là, sur ce sujet qui change la vie des Strasbourgeois, pas de vote ». Il est suivi par Anne-Pernelle Richardot du groupe socialiste, qui souligne : « Vos annonces dans la presse en disent plus que vos deux délibérations. »

Le conseiller d’opposition s’emmêle néanmoins les pinceaux, en souhaitant comparer les prix de stationnement parisien et strasbourgeois. Il affirme par exemple que le premier « coûte 45 euros par an ». Et confirme même : « On vient de vérifier juste avant ». Une affirmation toutefois erronée. 45 euros par an correspond en réalité à la redevance de stationnement au tarif préférentiel « résident ». Il faut dire qu’à 3,75 euros par mois, le tarif résident parisien aurait battu toute concurrence.

Un autre élu de l’opposition dénonce quant à lui la volonté de créer « une taxe Barseghian ». Cela même alors qu’aucune proposition tarifaire n’est inscrite dans la délibération. En outre, il énonce que la Ville souhaite « fliquer les habitants qui commettent le crime d’utiliser leur garage ou leur box pour entreposer des affaires ». Une affirmation qui se retrouverait dans la délibération. Toutefois, là encore, la déclaration est erronée. Il est seulement inscrit dans cette dernière que « le taux de mobilisation des emplacements de parkings privés pourrait être optimisé, notamment les garages « box », dont l’usage premier est souvent dévoyé au profit de rangement ou de stockage. Il est à rappeler que cela contrevient à l’ordonnance du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation ».

parking voitures
© Nicolas Kaspar/Pokaa


Une majorité remontée

Alors que l’opposition accuse la majorité de cliver les Strasbourgeois, Jeanne Barseghian répond : « Ce qui me dérange, c’est que l’on n’est pas dans la sincérité du débat et des propos qui sont tenus. On parle de cliver, exclure, punir et récompenser les habitantes et habitants. Mais qui clive vraiment ? Qui attise les peurs et formule des annonces fausses avant même que la concertation ait eu lieu ? Qui donne des chiffres délirants qui n’amènent à rien ? Ce que l’on vous propose en toute clarté, ce sont de grandes orientations. Il n’y a pas d’agenda caché, le projet que l’on mène avec mon équipe vous le connaissez. » 

Pour Syamak Agha Babaei, premier adjoint, la question est néanmoins bien plus large que la simple hausse du stationnement résident : « De mandat en mandat, on en parle depuis 30 ans. La vraie question dont on parle c’est « à qui appartient la ville » ? La fabrique de la ville s’est faite autour de la voiture. Mais ce n’était pas forcément le cas avant, même à Strasbourg ». Finalement, après 2h30 de débats souvent tendus, les deux délibérations sont votées. Débutant ainsi une phase de six mois de concertation sur la nouvelle stratégie de la politique du stationnement à Strasbourg, afin d’adapter l’espace public aux enjeux climatiques et des mobilités actives.

Sous les coups de 20h, le conseil municipal du 20 septembre se termine. Une rentrée des classes relativement légère en termes d’annonces importantes, puisque le débat sur la nouvelle politique de stationnement a phagocyté l’entièreté des discussions. Le prochain conseil municipal se tiendra ainsi le 15 novembre prochain, dans un hémicycle qui ressemble parfois à s’y méprendre à une grande cour de récréation. 

2 COMMENTAIRES

  1. Franchement Pokaa, la prochaine fois faites campagne avec les Verts (lol)
    Vous n’êtes clairement pas objectif. Deux conseils :

    – Prenez des cours de journalisme (et oui c’est pas en faisait des articles sur la pizzéria du coin qu’on le devient)
    – Revenez sur vos articles sur la pizzéria du coin.

    Oh pardon, il faut payer pour qu’on dise du bien de la pizzéria du coin, même là vous n’êtes pas objectif 🙁

  2. Au contraire, l’article est très objectif car il ne rapporte que ce qui a été dit. Il n’y a pas de commentaire ou de partie pris de la part du journaliste. A ma connaissance, il est le seul à proposer ce contenu. Un résumé des débats importants des conseils. Ah si… Un seul parti pris lorsqu’il est dit que les conseils ressemblent de plus en plus à des cours de récréation. En tout cas, je trouve ces articles très utiles, bien écrits, et j’avoue que je ne vais sur le site que pour ça d’ailleurs…

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