Vous vous êtes déjà demandé pourquoi il y avait autant de rues-du-marché-quelque chose à Strasbourg ? Pourquoi certaines artères ont des dates en guise d’intitulé ? Nous aussi, on s’est posé la question. Alors on est allé gratter sous les pavés pour trouver la petite histoire derrière les noms des rues les plus emblématiques de la capitale européenne. Aujourd’hui, direction la rue Mercière !


À Strasbourg, elle est la seule rue qui permette de voir la façade de la cathédrale dans son ensemble, des portes jusqu’à la flèche. L’artère prise d’assaut par les badauds pour faire LE cliché de tout bon séjour au sein de la capitale européenne. C’est aussi le lieu de la claque pour tout nouvel arrivant strasbourgeois qui découvre ce monument d’art gothique pour la première fois. Mais pourquoi a t-elle été baptisée rue Mercière ?

Vue de la cathédrale depuis la rue mercière.
Document remis

Son nom vient en fait du mot mercier, désignant les vendeurs au détail – par opposition à la vente en gros – sous l’Ancien Régime. Ces commerçants vendaient toutes sortes de choses : des miroirs, des chaudrons, de la quincaillerie, des tableaux d’ornement, mais aussi des fourrures, des draps et des toiles. C’est d’ailleurs cette dernière activité, la vente de tissus, qui restera attachée à leur nom, donnant aux mots mercier et mercerie leur sens moderne, en lien avec les travaux de couture.

D’ailleurs, rien d’étonnant à ce que la rue Mercière ait été une grande rue marchande. En effet, au Moyen Âge – comme aujourd’hui d’ailleurs – elle se situe en plein cœur de la ville, tout près de l’ancienne Strata superior. Cette ancienne voie romaine a structuré l’organisation de la cité à ses débuts. Au fil des siècles, la rue profite d’abord du chantier de la cathédrale, puis de l’avènement du Christkindelsmärik. Le marché de Noël est alors une foire annuelle qui attire des marchands de toute l’Europe.

La plus vieille représentation de la ville, parue dans la Chronique Universelle de Schedel en 1493.

Enfin, pour la petite anecdote, la rue Mercière fut également située tout près du pouvoir au XIIe siècle, lorsque Strasbourg, devenue une ville libre, est dirigée par un conseil de bourgeois. Dans son livre La merveilleuse histoire de Strasbourg, l’historien Georges Bischoff explique que les dirigeants siègent d’abord au palais épiscopal – situé à la place de l’actuel palais Rohan – avant de faire construire un hôtel de ville sur la place Saint-Martin, aujourd’hui place Gutenberg.

Voilà, vous en savez désormais un peu plus sur l’une des rues les plus touristiques de Strasbourg. La prochaine fois que vous zigzaguerez entre les couples en pleine séance de selfies et les familles éberluées par la cathédrale, vous pourrez sourire en vous disant qu’ils sont loin d’être les premiers à tomber en arrêt devant cette perspective. Bientôt, c’est derrière la plaque d’une autre rue strasbourgeoise que nous irons gratter…

Situé au croisement de la place de la cathédrale et de la rue mercière, le Büchmesser est une colonne de grès ouvragée datant du XVIe siècle. La tradition dit que les bourgeois de la ville membres du conseil faisant le tour des corporations le jour où ils devaient prêter serment mangeaient beaucoup. A la fin de la journée, il devait passer par le Büchmesser, le mesureur de bedaine pour jauger leur embonpoint. L’espace entre la colonne et le mur n’est que de 35 centimètres.
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