Depuis le lundi 12 avril, il existe un nouveau test pour repousser les plaisirs des prélèvements du Covid par le nez. Les pharmaciens sont désormais autorisés à vendre des autotests, c’est-à-dire des tests à faire soi-même, dans le confort de notre chez-nous. Puisque ces tests posent pas mal de questions tout en intriguant celles et ceux qui ont toujours voulu s’infliger des expériences peu agréables mais n’ont jamais osé sauter le pas, on s’est décidé à tester cette nouvelle façon de détecter le Covid, pour le bonheur de nos narines.


C’est quoi un autotest ?

Comme son nom le laisse supposer, un autotest est un test à faire soi-même pour savoir si, oui ou non, on a le Covid. Il n’y a donc pas d’intervention d’un professionnel de santé. Ces tests représentent ainsi un outil de dépistage supplémentaire, complémentaire des tests antigéniques ou PCR. Le but est de permettre à davantage de personnes, parfois éloignées des circuits de connaissance des tests et du système de soin en général, de pouvoir se tester.

Ces autotests ne sont disponibles qu’en pharmacie et ne sont pas gratuits : ils sont généralement vendus par paquet de 5, au prix de 30 euros. En effet, comme indiqué sur le site du ministère de la Santé, le prix-limite de vente pour le grand public s’élèvera à 6 € par autotest dans un premier temps. Ce prix-limite de vente passera à 5,20 € dès le 15 mai. Pour le grand public, ces tests ne seront pas remboursés par la Sécurité sociale. Enfin, et ce sera important pour la suite, le prélèvement sera nasal, et non pas nasopharyngé. En des termes qui font moins Dr. House, l’écouvillon que vous introduirez vous-même dans vos deux narines ira moins loin que celui utilisé pour des tests antigéniques ou PCR.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Quand doit-on utiliser l’autotest ?

La question mérite d’être posée car vu le déplaisir que représente l’écouvillon dans notre petit nez, il faut bien être convaincu de son utilité avant de se lancer. En fait, l’autotest, comme le test antigénique, vous permettra de savoir très rapidement si vous avez le Covid ou non. C’est donc utile pour vous rassurer, avant par exemple d’aller rendre visite à vos parents. Bien entendu, cela ne vous dispense pas de continuer à porter le masque et d’appliquer les gestes barrières.

Au niveau de leur efficacité, selon le ministère de la Santé, la Haute autorité de Santé impose pour autoriser ces tests que leur « sensibilité », c’est-à-dire leur capacité à détecter le virus chez une personne malade, s’élève au minimum à 80%. Leur « spécificité », c’est-à-dire la probabilité qu’une personne au test positif soit effectivement porteuse du virus, s’élève à plus de 99%. Peu de chances donc d’avoir des faux positifs. En outre, selon l’HAS se basant sur les résultats des tests antigéniques, les données récentes relatives aux performances des tests antigéniques sur prélèvement nasopharyngé chez les personnes asymptomatiques ont rapporté des sensibilités comprises entre 50 et 60 % lorsque ces tests présentaient des sensibilités supérieures à 80 % chez les patients symptomatiques. On a donc des tests qui sont fiables pour savoir si on a le Covid, moins si on cherche à savoir si on ne l’a pas.


Comment on réalise un autotest ?

Après la théorie, passons aux travaux pratiques. Concrètement, comment s’infliger le plaisir ultime de l’écouvillon dans le nez ? Déjà, petit amuse-bouche avant de débuter : il faudra le faire dans les deux narines. Deux prélèvements, pour deux fois plus de plaisir ! Ensuite, on fait dans le local, avec des produits bien de chez nous, puisque c’est l’entreprise BioSynex, dont on vous parlait ici, qui a fabriqué cet autotest.

C’est parti pour la recette !

Étape 1 : Lavez-vous les mains, au savon ou au gel hydroalcoolique. Cela sert toujours de rappeler les bases.

Étape 2 : Sortez les cinq objets qui composent le kit de l’autotest, sur une surface plane et nettoyée : vous trouverez l’écouvillon, le tube contenant du diluant, la cassette qu’il faut sortir de son emballage, un petit objet rouge dont je ne connais pas l’utilité et la tétine compte-gouttes, pour extraire le diluant qui aura été mis en lien avec l’écouvillon.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Étape 3 : Enlevez l’opercule du tube et placez le portoir intégré de la boîte – la vie est bien faite.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Étape 4 : C’est le moment plaisir : insérez l’écouvillon dans la narine de façon verticale. Deux à trois centimètres suffisent. Ensuite, basculez-le doucement de façon horizontale, jusqu’à ce que vous sentiez une légère résistance. À ce moment-là, vous devriez ressentir une sensation désagréable dans votre narine, comme si vous respiriez de l’eau salée par le nez. Ne craquez pas : tournez quelques secondes l’écouvillon et retirez le doucement.

Étape 5 : Après – probablement – un gros éternuement, recommencez le processus dans l’autre narine. Voilà, la torture infligée par vous-même est terminée. Éternuez – probablement – à nouveau.

Étape 6 : Insérez l’écouvillon dans le tube avec le diluant. Faites tourner pendant une dizaine de secondes. Puis utilisez la tétine compte-gouttes pour mettre quatre gouttes sur le rond prévu à cet effet sur la cassette.

© Nicolas Kaspar/Pokaa
© Nicolas Kaspar/Pokaa

Étape 7 : Attendez quinze minutes. Parfait pour une petite partie de Kems, de tarot ou de revoir quelques épisodes du Palmashow.

Étape 8 : Inspectez votre cassette : s’il y a un seul trait au niveau du C, bonne nouvelle, vous êtes négatifs. S’il y a deux traits, au niveau du C et du T, vous êtes positifs.

Étape 9 : Jetez les articles du kit dans un sac plastique pour éviter toute contamination. Fermez le sac et le placer dans un deuxième sac plastique. Jetez le tout dans sa poubelle habituelle.

Étape 10 : Lavez-vous les mains.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Résultat des courses

Un résultat négatif, des narines qui ont eu la sensation d’affronter une, deux, trois et même quatre vagues d’eau salée et une bonne histoire à raconter. Les autotests, cela a été dit plus haut, ne sont pas la manière la plus efficace de tester la présence du Covid dans votre organisme. Le prélèvement nasal n’est pas aussi profond que le nasopharyngé et si vous êtes asymptomatiques, il est possible que le test ne décèle pas de Covid. D’où l’importance de continuer les gestes barrières.

Néanmoins, quel plaisir de voir que notre société capitaliste ait désormais prévu un outil pour notre santé que l’on doit payer, mais que l’on doit également s’infliger nous-mêmes le déplaisir de voir un coton-tige géant venir chatouiller nos fragiles narines. Payer pour souffrir ; on n’avait plus vu ça depuis qu’on ne peut plus aller au stade de la Meinau voir un Strasbourg-Angers par -10 degrés en plein février.

Les autotests sont une façon de décharger un peu les pharmaciens et professionnels de santé, qui enchaînent les tests de dépistage à une vitesse qui ferait rougir Chaplin dans Les Temps Modernes. Une façon de s’isoler plus rapidement, de se tranquilliser avant de rendre visite à ses parents ou grand-parents. Un outil de plus pour détecter des formes de Covid est désormais à notre disposition. À voir s’il a une vraie efficacité ou s’il reste au stade de gadget.

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