Bienvenue sur le site de Pokaa.fr

Votre navigateur est obsolète.

Merci de le mettre à jour pour voir le site correctement

Mettre à jour

Recherche

Lance une recherche dans les articles ou vidéos parmi l’ensemble des publications de Pokaa.

Publicité

Tinder, Happn et Grindr : les Strasbourgeois ont-ils pris plus le temps de discuter ?

11 Lectures
Publicité
Publicité

Photo de couverture : @Hunay Saday


Ça y est, c’est presque maintenant. Dans une poignée d’heures, ce sera la fin du confinement. Qui aurait pu prévoir avec précisions tout ce que ce dernier allait chambouler, dans nos vies mais aussi dans nos corps et nos esprits ? Pour la plupart d’entre nous, que l’on soit en couple ou non, notre intimité, notre sexualité et l’expression même de nos désirs ont été bousculés. Car la distance et la solitude ont apporté avec elles leurs lots de frustrations, comme on vous le racontait d’ailleurs il y a quelques semaines. Il a fallu s’armer de beaucoup de patience et d’inventivité pour satisfaire des désirs divers, parfois inattendus. Deux mois, pour certains c’était très long. Alors comment s’est-on adapté ? Tinder, Happn, Zoom, Skype, Grindr ou les SMS échangés à heures perdues ont-ils permis de contenir nos ardeurs en attendant l’après ? Puisque nous ne pouvions pas nous rencontrer (et plus si affinité) dans la vraie vie, qu’est ce que les Strasbourgeois se sont dit sur ces applis ? Un peu de cul et beaucoup de poésie ? C’était comment, Tinder en confinement.

Dans cette période durant laquelle est née une nouvelle sexualité toujours plus connectée, sans contact réel à la clé, on s’est demandé comment les Strasbourgeois ont adapté le contenu de leurs échanges, leur érotisme mais aussi leur sexualité à distance. Le confinement a peut-être simplement créé des impatients qui vont lâcher les chiens le 11 mai. Mais il a peut-être aussi permis de créer un érotisme nouveau basé plus sur le plaisir des mots et sur les projections mentales plutôt que sur le porno.

Le virtuel au service de la drague des confinés

Pour des couples…

Celles et ceux qui avaient un conjoint avant le confinement et dont le couple a tenu, félicitation ! Vous avez résisté à l’épreuve du temps. Vous ne faites pas partie des 1 couple sur 10 qui prendra ses distances après le confinement.

Vous avez été séparés pendant presque deux mois, vous avez redoublé d’imagination et vous avez tenu, pour la plupart. Vous avez communiqué entre vous différemment, par textos, par Skype, HouseParty, Zoom et tout un tas d’autres outils vidéo en ligne. Des outils qui n’ont jamais été autant utilisés…

Selon le magasine Forbes, les téléchargements de Zoom (entre autres) ont augmenté de 1 270 % entre le 22 février et le 22 mars 2020. Bon d’accord, le télétravail est passé par là et a fait grimper ces chiffres, mais on imagine bien que les couples aussi ont du s’amuser un peu grâce à la vidéo… :

« Au début du confinement, mon copain a décidé de ne pas rester en Alsace mais plutôt de rentrer chez ses parents près de Nice. Étant donné que le confinement devait durer au départ 15 jours, on a estimé que l’éloignement pourrait nous faire du bien. Quand j’ai su qu’on en aurait encore pour longtemps et qu’il était très difficile pour nous de se rejoindre… Ben… Il a commencé à me manquer quoi, tout simplement. On s’est beaucoup appelé, sans se dire grand chose (on est ensemble depuis 3 ans) et puis un samedi soir on s’est appelé en vidéo. On s’est rendu compte qu’on se désirait à distance et qu’on pouvait s’amuser puisqu’on se voyait, alors on a commencé à jouer tous les deux et à prendre du plaisir. Au début c’était bizarre et pas naturel mais lui et moi on a trouvé ça génial alors on a recommencé. Pour moi c’était une manière d’attendre son retour mais il manquait quand même l’essentiel, forcément. J’avais super peur que quelqu’un nous voit par contre, mais après j’ai oublié, et puis il faut une première fois à tout. » nous raconte Juliette, une jeune strasbourgeoise.

>> À lire ou relire : Libido confinée : du couple au célibat, que se passe-t-il dans les slips strasbourgeois ?

© Hunay Saday

Et les célibataires dans tout ça ?

Pour eux aussi, fini les déplacements libres, ciao les verres en terrasse pour voir ou être vu, plus de pas de danse, plus de regards dans la rue, pire encore : plus de sourires… Les masques ont tué ce que les rides du coin des lèvres avaient à raconter. Alors, comment faire une jolie rencontre printanière le cul vissé sur son canapé ?

Il a fallu prendre son mal en patience et surtout s’adapter, choper son téléphone et télécharger. Les néo-dragueurs ont donc été invités à faire fonctionner leur imagination à distance, aidés par tout un tas d’outils numériques.

Les applis de rencontre sont devenues de nouvelles alliées. Et les Français n’ont pas lésiné sur les téléchargements de Tinder, Happn, Once, Grindr et autres. Pour exemple, le 30 avril, l’appli française Once a vu grimper le nombre de ses téléchargements de 40 % par rapport au mois de mars. Et le trafic sur certaines d’entre elles a grimpé en flèche. Le 29 mars dernier l’application Tinder a enregistré un record mondial de 3 milliards de « swipe » (à gauche, on n’aime pas, à droite, on aime) en une journée.

Autant de personnes qui se sont mis aux applis pour draguer mais aussi, simplement pour passer le temps, rencontrer, échanger profondément ou en surface, se distraire ou construire quelque chose qu’ils ignorent encore. Elles étaient loin les discussions qui aboutissaient sur des rendez-vous. Il a donc fallu modifier la teneur de ses échanges et construire sa nouvelle « relation », quelle qu’elle soit, sur des éventualités, des pensées et donc des fantasmes. Un temps long plus favorable à un véritable échange humain désintéressé plutôt qu’à une prise de rendez-vous parfois un peu trop précipitée. Les célibataires, endurcis ou non, ont trouvé en ces applications de véritables alliés, et ils ont passé un cap parfois difficile pour eux, comme nous l’explique un Strasbourgeois, qui a souhaité resté anonyme :

« Je n’ai jamais voulu m’inscrire sur Tinder, mais franchement, au bout d’un mois d’enfermement tout seul j’ai craqué. Je suis pas le plus gros dragueur du monde mais rien que de sortir en bar et d’avoir des sensations réelles c’était quand même le pied. Ça permettait de ressentir des émotions et de rencontrer des gens tout simplement. Alors vu que j’allais être enfermé dans mon studio strasbourgeois je me suis inscrit sur Tinder, juste pour voir, et j’ai discuté avec grand nombre de filles d’âges différents. Je discutais avec elles mais pas de drague ou quoi que ce soit. On se rencontrait juste virtuellement et on parlait de nos confinements. Ça commençait à me saouler de parler à des inconnues parce que ça me prenait énormément de temps pour dire finalement pas grand chose. Mais un jour j’ai matché avec une fille avec qui j’étais au collège et qui était partie faire ses études au Japon. Depuis on parle tous les jours, c’est mieux quand on a déjà des trucs en commun, on parle tout le temps, le reste on verra. Mais si elle n’avait pas été là le temps aurait été bien plus long. »

©  Jelena Volkov et Jerome Werhle

Pour un autre Strasbourgeois, toujours anonyme, Tinder s’est révélé être finalement une agréable surprise : « Je ne pensais pas qu’il y avait autant de filles cool et simples sur Tinder. J’avoue que je pensais que les mecs et les filles qui s’inscrivaient dessus étaient juste là pour baiser ou vraiment en chien. Ça m’a donné une mauvaise image des gens qui l’utilisent. Mais honnêtement j’ai changé d’avis : même si ça me gêne un peu d’être dessus, je ne sais pas encore si je vais supprimer l’appli à la fin du confinement, parce que j’ai fait des rencontres quand même intéressantes juste en discutant, sans aller plus loin. »

Contre toute attente, ces applis se sont transformées en théâtres de relations épistolaires 2.0. Les tchats en ligne qu’elles proposent ont laissé de plus en plus de place aux conversations désintéressées. Et ces conversations, n’ont pas forcément été basées sur le sexe mais sur un échange davantage construit, plus humain, plus fourni, plus basé sur les mots et parfois, un peu de poésie. C’est par exemple le cas de ce Strasbourgeois :

« Je l’ai rencontré il y a peu sur Tinder, elle et moi on avait le rire en commun. On a tout de suite senti qu’il y avait chez l’autre quelque chose de pétillant, de doux, une personnalité particulière mais surtout aucune attente, juste le plaisir de se parler sans se voir. Car les quelques maigres informations que j’avais sur son apparence m’ont amené à la trouver encore plus belle, justement parce qu’elle se dévoile lentement, avec délicatesse. En fait, je crois qu’elle ne sait pas à quel point elle est belle, un phénomène rare. Elle et moi on s’amuse de tout, n’importe quand. On s’envoie des vidéos à la con, des musiques ensoleillées, des photos de notre entourage, des petits récits de vie et toujours ce rire franc en filigrane, si on se relisait on croirait lire deux enfants. Je crois que je suis tombé sur un personne qui me ressemble, une personne simple qui voit la vie avec positivité et altruisme. Quoi qu’il arrive, je serai satisfait de lui avoir ouvert une fenêtre sur ma vie, même si on ne se rencontre jamais, même si elle m’oublie. »

C’est aussi le cas de Mathilde :

« Je parle depuis un mois avec un mec qui habite à deux pâtés de maison de chez moi. Je trouve ça génial. Je l’ai rencontré sur Happn, à priori on faisait nos courses dans le même Carrefour City ! On fait que de parler de tout et de rien, il est pas chiant, on a des discussions que j’aurai jamais pu imaginer sur un site de rencontre. Comme quoi le confinement a aussi du bon ! »

Bien-évidemment, de nombreuses personnes se sont retrouvées « clandestinement » les uns chez les autres en bravant les interdictions, cédant à la tentation trop grande de tirer un coup. Pourtant Tinder comme Happn les avaient mis en garde :

Pour d’autres, il a fallu voir arriver le confinement pour savoir que les outils vidéos ou les applications de rencontres pouvaient les amener vers une toute autre sexualité complètement inattendue. C’est en tout cas l’expérience qu’a vécu cette Strasbourgeoise :

« Je n’ai jamais osé échanger des sextos avec personne, et il a fallu que ça se fasse sur Tinder avec un mec que je ne connais pas du tout… On est vite passé sur Messenger parce que je me faisais harceler par d’autres mecs. Après il m’a donné son numéro et depuis on n’arrête pas. Je sais même pas si je vais oser le rencontrer. En fait j’ai un peu honte de m’être lâchée comme ça sans le connaître. Du coup je vais attendre un peu, j’ai l’impression que j’en ai trop fait trop vite, si ça se trouve c’est un mec louche. »

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est logotinder-1024x640.jpeg.


Prudence ou lâcher prise : comment va se passer l’après ?

Le virus continuera bien évidemment de se propager après le 11 mai, le retour à la normale n’est pas pour tout de suite. Pourtant les rencontres seront possibles à partir de cette date, si votre don Juan ou votre dulcinée habite à moins de cent kilomètres, bien-évidemment.

Pour autant, aucun bar ni aucun resto ne pourra accueillir les futurs couples, ceux qui sont juste pressés de se rencontrer ou ceux qui veulent s’envoyer un verre, par principe, avant de s’envoyer en l’air. Les rencontres se feront donc au bon vouloir de chacun, dans un lieu inédit ou au bord du lit mais surtout, en pleine conscience des risques sanitaires, qui resteront évidemment très présents dans les prochains temps.

Il y aura donc ceux qui vont vouloir tout donner et qui vont juste baiser sans réfléchir, avec passion ou mécanisme. Il y aura ceux qui attendront encore quelques semaines, pour plus de sécurité. Il y aura aussi ceux qui auront conversé avec un(e) inconnu(e) et dont la curiosité les poussera à se retrouver, quelque part sur un banc, dans un jardin ou autour d’un plan d’eau pour s’essayer aux ricochets, comme pour Alex S :

« J’ai rencontré Iza sur Facebook : je lui ai juste envoyé une demande parce que je m’emmerdais et que je la trouvais canon (je sais que ça ne se fait pas trop). Je ne pensais pas qu’elle allait accepter. Mais depuis on parle, on parle parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait une passion commune (je t’en dis pas plus ^^). On a prévu de se retrouver le mardi 12 au soir pour faire un pique nique. Mais j’espère qu’il ne fera pas trop froid pour l’instant c’est pas gagné ! Je vais passer la chercher et on ira se poser dans un endroit secret… »

©  Jelena Volkov et Jerome Werhle

Vous l’avez compris. Que l’on ai été en couple ou non, le confinement a progressivement poussé les Strasbourgeois à la découverte, à l’ouverture, au changement. Il a même poussé certains à dépasser leurs propres limites et à accepter ce qu’ils pensaient inacceptable. Mais le temps a passé et la solitude de certains s’est creusée. Alors nombreux sont ceux qui se sont laissés tenter par Tinder, Happn, Grindr, et toutes les applications de rencontre, qui avaient mauvaise réputation. Peut-être sont elles rentrées un peu plus dans les moeurs désormais ? Celles et ceux qui s’y sont inscrits, pour essayer ou pour fantasmer, y ont peut-être trouvé un tout nouvel intérêt, très personnel, qui les a poussé à s’ouvrir aux autres d’une différente manière. En effet, à travers les témoignages de ces Strasbourgeois, on se rend compte que ces applications ont souvent été utilisées pour parler, se connaître et créer un échange réel plutôt que juste pour baiser.

Ça pourrait vous intéresser

+ d'articles "Strasbourg"

À la une

Tinder, Happn et Grindr : les Strasbourgeois ont-ils pris plus le temps de discuter ?

Commentaires (1)

  1. C’est quoi ces photos ? Toujours cette étouffante utilisation du corps féminin pour intensifier les sous-entendus érotiques… Et le corps de l’homme dans tout ça ? Un peu de parité dans la sexualisation du corps… Ou alors aucune !

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Répondre

En réponse à :

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Illustrations prolonger la lecture

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

Tous les articles “Strasbourg”
Contactez-nous

Contactez-nous

C’est par ici !