Trois pains, deux steaks, de la salade, du fromage et une sauce secrètement gardée. Voilà la recette d’une habitude savamment ancrée dès l’enfance. Des boîtes colorées et pleins d’emballages à dépiauter, comme un paquet cadeau qui nous met en sécurité. Le géant au M jaune, symbole du mariage forcé entre la restauration et l’industrie, a fermé ses restaurants strasbourgeois dès le début du confinement. Ces derniers jours, certains établissements parisiens ont rouvert en drive et livraison. La semaine passée, la réouverture de l’enseigne au Luxembourg entraînait des bouchons dont les vidéos ont fait le tour du pays. Après 2 mois confinés à introspecter sur nos vies, comment réagirons-nous lorsque les McDonalds strasbourgeois feront à nouveau chauffer leurs huiles ? L’irrésistible envie de retrouver ses habitudes prendra-t-elle le dessus sur notre capacité à repenser notre modèle de société ?

Quand on est consommateur avant d’être citoyen, l’état des lieux de notre société se fait en testant sa liberté d’acheter. On retrouve ses marques en retrouvant nos marques. McDonalds, KFC, Danone, Nestle, Ferrero. Tant que le poulet continuera de frire au coin de sa rue et le Nutella d’être proposé en format familial, on se rassure, le monde continue de tourner, l’estomac d’être plein et l’austérité reste simplement un mot scandé au journal télé.

Actuellement, plus de 3 milliards de personnes sont confinées. Nous traversons une période de crise comme beaucoup n’ont jamais connu et chacun, a différents degrés bien sûr, vit actuellement une réflexion profonde sur la société que nous avons construite ou dont nous avons hérité.
Les allers-retours au supermarché sont moins faciles, les produits étrangers une galère à trouver, les restaurants rapides fermés, Amazon limité aux produits essentiels, les avions cloués sur le tarmac… Mais quelle sera la durabilité de cette prise de conscience de la fragilité de nos sociétés face à la puissance rassurante des habitudes à la sortie du confinement ? Irons-nous serrer la main du producteurs de fruits et légumes qui nous a apporté des vitamines vitales ces 2 derniers mois ou bien foncerons-nous avaler un Big Mac, une grande frite et un coca comme si le coronavirus n’avait jamais existé ?

Pour le moment, l’Île-de-France et le Luxembourg nous ont prouvé que les habitudes ont la vie dure.


Photo de couverture : CCArnaud 25

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