En plein milieu du parc Gruber, espace alternatif où se mêlent squats, collectifs et associations, La Fabrique permet à des artisans ou des particuliers de produire en menuiserie, métallerie, électronique et matériaux souples. A l’instar du FabLab, cet atelier partagé rend accessible à ses adhérents des outils comme une imprimante 3D, une découpeuse à laser ou une fraiseuse numérique. L’idée : s’émanciper, réparer, concevoir, créer tout ce qui est possible, en alliant différents domaines de production.

Une franche odeur de bois se mêle à des éclats de rire sur fond de rock’n’roll. Le dédale de caveaux remplis de machines coupantes, d’outils insoupçonnés, semble infini. Stéphane découvre La Fabrique. Il a d’abord dû parcourir les 300 mètres qui séparent l’entrée du parc Gruber, une ancienne brasserie, de la porte de cet atelier partagé. Il est alors passé à côté de l’hôtel de la rue, un squat d’hébergement de sans-abris, de la drêche qui accueille des résidences d’artistes, et du wagon souk, lieu d’échange multi-tâche ouvert à tous. En plein milieu du quartier de Koenigshoffen, au 91 route des romains, on sort du Strasbourg ordinaire pour entrer dans un autre monde : une bulle militante où collectifs et associations se côtoient, s’entraident, et participent à la vie locale dans un décor post-industriel.

Stéphane tombe rapidement sur Maude, présidente de La Fabrique, qui se charge d’organiser la traditionnelle visite du jeudi soir : l’association ouvre ses portes au public de 18h30 à 21h. « Bonjour ! Je vous suis sur internet, je bricole un peu chez moi mais je manque parfois d’expérience et de matériel… Je voulais voir comment ça se passe. » Maude, lui présente aussitôt le lieu et l’emmène dans les profondeurs de La Fabrique qu’elle connaît par cœur puisqu’elle est l’une des fondatrices :

« Le but de cette asso, qui s’est investie ici en septembre 2015, c’était de créer un endroit où il est possible de travailler avec des outils de qualité et beaucoup d’espace pour pas trop cher. On peut faire à peu près tout ce qu’on veut, en nous entraidant, avec plusieurs domaines de compétences les uns à côté des autres. Les adhérents peuvent venir avec des projets transversaux, passer d’un atelier à l’autre… Et puis c’est vraiment ouvert à tous les publics, on veut être inclusifs. »

Scies circulaires, cabines à souder, imprimante 3D, découpe à laser…

Stéphane découvre l’atelier de menuiserie, où l’on peut utiliser des scies circulaires, des ponceuses, ou encore une défonceuse. Un « club bois » s’y tient le deuxième et le quatrième mercredi du mois, avec un animateur qui forme des personnes à manier le matériel et à monter des projets en entier. À quelques mètres de là, des cabines à souder, des meuleuses et un massicot permettent de travailler le métal. Dans une pièce isolée du reste, Franz anime un atelier de réparation à côté de l’imprimante 3D et de la fraiseuse numérique. Tous les premiers jeudis du mois, la Fabrique organise des sessions où l’on peut venir sans être adhérent avec du matériel électroménager pour le réparer gratuitement.

En explorant les 1500 m² de galerie, on trouve aussi une découpe à laser, une cabine de peinture, un stock de bois, des machines à coudre industrielles pour travailler les tissus… et du matériel de récupération, à perte de vue. Pour avoir accès à tout cela, il faut payer une adhésion à hauteur de 10 euros pour l’année, et ensuite prendre des tickets ou des abonnements.

En tout, une quarantaine de bénévoles dont 15 qui sont là régulièrement s’investissent pour faire tourner le lieu. Maude en est à 15h par semaine en moyenne :

« Aujourd’hui il y a environ 250 adhérents, et la moitié viennent assez régulièrement. On doit avoir une dizaine de personnes qui sont vraiment là tout le temps. Ce lieu peut convenir autant à des artisans qu’à des particuliers. On fait régulièrement des formations qui s’adressent aux initiés ou aux débutants. Les ateliers sont ouverts le vendredi après-midi, le samedi, et sur réservation pour d’autres créneaux. »

 

« Construire, créer, on veut rendre ça possible pour tout le monde. »

Le matériel a été obtenu en mutualisant, en faisant de la récup’ ou encore grâce à des partenariats avec des collèges et des lycées professionnels qui donnent des outils. Stéphane semble conquis devant toutes ces machines que l’association rend accessibles. Accessible, c’est le mot d’ordre, le fondement de La Fabrique… qui ouvre parfois ses portes à des structures d’accueil de jeunes défavorisés. Des profs cherchent aussi régulièrement à proposer des ateliers à leurs élèves dans cet atelier partagé. « Ça montre bien son intérêt et l’éventail de possibles qu’il ouvre… c’est émancipateur de construire, de créer de ses mains ce qui sort de notre imagination… on veut rendre ça abordable pour tout le monde » déclare Maude, avant de saluer Stéphane en lui donnant des prospectus.

Pour découvrir La Fabrique, l’événement « La Fabastrophe » se tiendra le samedi 12 octobre de 9h du matin à 2h. Des ateliers Do It Yourself, un bœuf musical ou encore des formations à la couture seront proposés.


LA FABRIQUE

Page Facebook / Site Web

Liste du matériel par atelier de La Fabrique.

Prix des tickets et abonnements pour avoir accès aux ateliers :

1 ticket : 12 euros l’unité
10 ticket : 7,50 euros l’unité
1 mois d’abonnement : 50 euros par mois
6 mois d’abonnement : 35 euros par mois
1 an d’abonnement : 25 euros par mois


Thibault Vetter

   

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