Il y a le visage des autres – La face des ombres – Le début de quelque chose – Un reste de rien – Les yeux imprudents, brasiers de tentations – L’embarrassante lâcheté d’un regard bleu assassin – La lame tranchante d’une pommette saillante.

Le soleil amoureux recule d’un pas, puis avance, hésitant, le cœur entre deux étoiles.

Au milieu d’un brouillard de silhouettes enivrées, une pensée éphémère perfore la banquise austère – Il neige des pétales nacrées – Là-haut, un ange mal rasé joue du piano – Des fausses notes – L’imperfection rend les destins plus beaux.

Il y a la promesse de deux étrangers trop parfumés.

Il est trop tard pour rebrousser chemin – trop tôt pour rentrer s’étreindre – Un goût trop familier d’inachevé imprègne les bouches ankylosées.

Il y a la courbe de son cou dénudé – Du Chanel n° 5 qui imprègne son chemisier. Un cygne gracieux au pays des sourds – Le feu et le vent dans les tempes – Les certitudes à genoux rampant vers un autre verre. Des regards qui se croisent et des jambes qui se décroisent – Les mains qui se frôlent en sortant des toilettes.

Comment tout cela a commencé ? Comment tout cela se finira ?

Le courage lui fausse compagnie, une fois entré dans la fosse aux lions en talons aiguilles – D’ici jusqu’à l’éternité, à se tenir en joue avec un pistolet en plastique de pudeur. Celui qui sourit le premier aura une amourette – La sortie de secours est verrouillée – L’air est étouffant – Entre les mains moites, coule une pluie de ouate.

Il y a l’obscurité de septembre – Les lunettes embuées – Le tram B qui freine trop fort – Les corps qui se touchent à tort. Il lui parle comme un enfant de six ans logé dans la carcasse d’un géant. Déstabilisé – Le vent l’emporte comme un serpent venimeux glissant entre les tables collantes.

Il y a un pont où un fantôme s’oublie – James Blake fredonne sa mélancolie – Les feuilles recouvrent les péchés honteux de l’été – Personne ne peut prédire ce qui arrivera.

Il y a des paumés qui errent, à la recherche d’un baiser contre une rambarde branlante – C’est une nuit interminable à tirer des balles dans le cœur d’un cyclone arrogant.

Il y a la beauté de la lune – Airbag rayonnant dans un monde microscopique – Un cyclope chantant l’absolution, une clope mal roulée à la bouche – Chaque chose est à sa place – La fin d’un verre de vin acide – Une frite qui partouze dans une flaque de mayonnaise – Les prémices d’une réponse décisive – L’attente interminable, accoudé au comptoir du malaise.

Le blackout pendant l’apocalypse.

Il y a une mante religieuse aux ongles rouges tranchants – La mélodie brûlante d’une autre rive, là où les funambules jouissent en allemand. Une coupe de romance se déverse sur la table en formica – Une sirène éponge le liquide d’un geste méprisant – Un point lumineux brille pour diriger ceux qui ne sont pas vraiment là – L’enseigne lumineuse clignotante d’un Norma.

Il y a ce type qui parle tout seul et les étoiles qui le blasent comme des connes – Un mojito se renverse sur le t-shirt moulant d’un dieu trop entreprenant – Les atomes fusionnent pendant que la pluie punit les fumeurs en manque de nicotine.

Il y a le latex dissimulé dans une poche trop petite – Les MST frustrées qui retournent à la recherche d’une autre bite. Les cours d’éducation sexuelle et le cœur qui palpite.

La peur de ne pas être à la hauteur et de finir trop vite. C’est l’heure du duel des voix qui chuchotent – Des lèvres qui tricotent avec la langue – Des jeux stupides à coup de shooters – Des balades à vélo en levant les bras au ciel.

Il y a du vomi sur les marches de l’escalier – Une mousse verdâtre sur un tronc desséché – Un verre de bière crasseux qui roule une pelle à une goutte de houblon – Un Kebab dépressif qui se confesse à une tranche d’oignon.

Il y a des crimes passionnels au bout de cils majestueux qui battent comme les ailes d’un colibri. Une biche déguisée en démon ondule au fond du salon. Des tentations sauvages de pizzas aux quatre fromages – Un coursier Deliveroo livrant des morceaux de vie. Le vol hasardeux d’un papillon ébloui par la promesse du rivage.

Les larmes noires coulent sur les joues trop rouges des plus émotifs.

Il y a l’intensité d’un combat de boxe entre l’esprit et un spliff. La pression de son buste – Le tango des peaux humides – Le temps qui passe trop vite – L’ébauche des premiers souvenirs – Une mèche de cheveux blonds sur un coussin de soie – Un grain de beauté dissimulé au creux de ses reins.

Il y a cette nuit et il y aura un lendemain. Les cendres de l’Ososphère tourbillonnent entre les mains.

Il y a un post-it sur son frigo et un lit vide encore chaud au milieu du chaos – DJ Shadow est au platine – Les crânes en miettes traquent les boîtes d’aspirine. Il y a le mystère d’aimer et de ne plus jamais revenir – Le poison du manque qui coule déjà dans les veines – La Gnosienne numéro 1 qui raisonne dans les pas de celui qui part en fermant la porte comme un voleur. Il y a des brebis et des hyènes. Des faiblesses et une mauvaise haleine.

Il y a les caresses qui donnent la chair de poule et les absences qui rongent de l’intérieur – L’odeur du café qui coule et une biscotte en peignoir qui se jette sur le carrelage froid.

Il y a des images floues qui reviennent – Des tickets de carte bancaire en file indienne – Un numéro de portable au feutre noir gravé sur la main – Un morceau de bretzel desséché au fond de son sac à main.

Freddy Mercury fredonne Bohemian Rhapsody à la radio. C’est la fin d’une trêve et le début du chaos.

Il y a l’envie de rire et de pleurer au même moment. De se perdre dans le blackout jusqu’à la fin des temps.


Mr Zag

Mr Zag a une voisine, un chat, des collègues, un job, il aime Lynch, Radiohead et Winshluss. Mr Zag a un Pinocchio tatoué sur le bras, quelques gribouilles en islandais, il ouvre les yeux et décrit le monde avec une vision bien à lui.

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