C’est au Graffalgar, cet hôtel novateur au design urbain, que le rendez-vous a été donné. En amont de leur concert à la Laiterie, où ils assuraient la première partie de Thérapie Taxi, Sein a livré un petit live OKLM d’une sélection de leurs sons sur ODC. C’est juste après que je les rencontre et que je discute avec Balthazar et Joseph, deux prénoms « Saints » pour ce duo divin. Ils sont jeunes, très jeunes (18 et 19 ans) et leur musique entre rap et électro met tout le monde d’accord. Sein va aller très loin… Avec leur flow implacable et leur énergie folle, ils risquent fort de tout dynamiter. Un duo à indéniablement suivre de très prés.

Pourquoi Sein?

Balthazar : Sein, pour les seins d’une femme tout simplement. Ça mettait tout le monde d’accord, tout le monde aime ça et puis il y avait un jeu de mots en plus puisqu’on s’est rencontrés en cours d’allemand, et que « sein » en allemand veut dire être. Ça marche bien.

Vous vous êtes rencontrés en cours d’allemand, à quel moment avez-vous décidé de former un groupe tous les deux?

Joseph : En fait on avait tous les deux un groupe, Balthazar de rock et moi de rap, et nos deux projets étaient entrain de se finir. On était pas super potes à cette époque-là mais on s’est dit qu’on avait envie de continuer la musique et en formant le groupe on est devenus amis.

Vous avez formé le groupe à quel âge?

Joseph : Moi j’avais 16 ans, Balthazar 15.

Balthazar : Mais il a fallu du temps pour que ça se mette en place, il nous a fallu quelques mois pour rôder.. Au début, ça restait un bon délire de lycée et puis les choses se sont accélérées.

Qui fait quoi dans le duo?

Joseph : Ça varie, en fait généralement ça part d’une base instrumentale soit de Balthazar soit de moi, et une fois cette base créée on se rejoint et on se met d’accord sur les textes. Balthazar peut écrire les textes et moi je fais l’instru, ou inversement. Dans tout les cas ce qui est concrétisé et fait par nous deux. On a fait de la musique tous les deux, moi j’ai suivi un parcours au Conservatoire et lui il a pris des cours de guitare depuis tout petit aussi.

Vous êtes considérés par Youtube comme l’un des dix groupes à suivre de près en 2019.

Balthazar : Oui, on a appris ça! Merci Youtube! On était super contents de l’apprendre, ça veut dire qu’il y a des gens qui apprécient notre travail. C’est notre but avant tout, de faire kiffer en faisant de la musique et si ça plaît aux gens c’est mortel. Là ça commence à un peu prendre, et c’est génial. Youtube nous soutient là-dessus, ils ne sont pas les seuls d’ailleurs, c’est super.

Des artistes qui vous ont inspirés?

Joseph : On nous pose souvent cette question et on ne sait pas vraiment quoi répondre car on a eu plein d’influences communes qui nous ont permis de faire de la musique mais aussi plein d’influences hyper diverses et variées, et pas communes entre nous et je pense que c’est de là aussi que vient notre style de groupe. Nos influences communes, je sais qu’on était très fans de Odezenne tous les deux, on s’est pas mal retrouvés dans des trucs comme ça, et après moi je suis plus rap américain et Balthazar c’est plus des influences rock. Disons qu’on a des influences communes qui ont permis que le groupe se forme et des influences singulières.

Si votre carrière ne marchait finalement pas du tout, vous vous tourneriez vers quoi?

Joseph : Moi je continuerais dans la musique, pas forcément en ayant un groupe, mais en travaillant pour d’autres…

Balthazar : C’est marrant on en parlait hier soir. Ce serait de la musique quel que soit le format.

Joseph : Pour ma part, ce serait éventuellement avoir un studio où j’enregistrerai des gens . Balthazar c’est surtout le live qu’il kiffe.

Balthazar : J’aime bien oui, j’aime jouer des instruments, j’ai très longtemps fait de la guitare et sur scène d’ailleurs, j’en joue

Joseph : Pour ma part, je suis plus intéressé par la démarche de créer un morceau, de l’enregistrer, que de le jouer sur scène. Bon ça nous permet aussi de nous équilibrer.

Balthazar: Quoi qu’il en soit on y va à fond dans les deux démarches.

Vous avez collaboré avec Thérapie Taxi sur le titre « Illy », comment vous êtes-vous rencontrés?

Balthazar: Au tout début on a rencontré Raph qui est le chanteur moustachu de Thérapie Taxi (rires). Il nous a envoyé un message l’année dernière, quand on a sorti un clip qui s’appelle « Légal », il nous a dit qu’il kiffait vachement le projet. C’est assez étonnant que ça se soit passé dans ce sens-là. Ils sont venus nous voir en concert à l’International, un de nos premiers après la sortie de notre premier Ep. De là est né une relation très amicale, on s’est vus, on a partagé des références en commun. Souvent on nous demande, est- ce que cette collab c’était pas aussi un peu bénéficier du succès qu’a Thérapie Taxi? Alors que ça n’était pas tellement le cas.

Joseph : Evidemment qu’on y a pensé, ça nous a forcément aidé, parce qu’ils sont connus. Mais ce qui est rigolo c’est que ce soit eux qui soient venus vers nous alors que nous on est personne et qu’eux ils ont déjà leur disque d’or quoi. C’était gros. Puis après le morceau, on est devenu potes, ça s’est fait naturellement. On voulait bosser ensemble.

Et de là ils vous ont demandé de faire la première partie sur leur nouvelle tournée?

Balthazar: Ça c’est venu après oui. C’est pas toutes les dates de leur tournée mais quelques-unes et c’est toujours un plaisir de se retrouver. On commence à vraiment bien s’entendre. On passe de bons moments.

Est-ce qu’il y a une autre collaboration que vous aimeriez faire?

Balthazar : Il y a des collaborations qui sont déjà en cours! Pour un futur album peut-être qui sortira. Mais on ne dit rien pour le moment.

Joseph : Mes collaborations rêvées, moi je suis fan de Tyler the Creator, qui est un rappeur américain, mais j’ai horreur des featurings « franglais », du coup je pense que ce ne sera pas avec lui ou alors dans un truc de composition, mais en chant c’est sûr que non. Sinon avec une voix… Bonne question. Claire Laffut qu’on a rencontré hier, une chanteuse belge qui commence à super bien marcher aussi en ce moment.

Balthazar: On jouait avec elle hier soir dans un festival en Suisse et c’était cool. Donc oui si l’occasion se présente avec plaisir. Notre ingé son l’adore alors…. (rires). Notre manager aussi.

Une petite anecdote de tournée un peu marrante ?

Balthazar: On joue aux échecs avec Thérapie Taxi dans les loges tous les soirs et on se fait battre.

Joseph : Y a tellement d’anecdotes à raconter avec eux, moi à chaque fois qu’on finit une soirée, j’ai genre mal à la tête le lendemain. C’est destroy. Ils jouent de la clarinette dans les loges, de la flûte, du pipeau ou je ne sais quoi. C’est insupportable.

Balthazar : On est souvent dans les loges de l’un ou l’autre, et à chaque fois on définit avant la date, dans quelle loge sera le fumoir. Du coup, y a une des loges qui va être envahie. C’est assez marrant parce qu’à chaque fois ça change un peu.

Joseph : Ah ouais c’est hyper drôle… C’est vrai que c’est hilarant….

C’est la première fois que vous venez ici à Strasbourg?

Joseph : Oui, en fait je me suis rendu compte que dans ma vie je n’avais jamais dépassé plus l’Est à part quand je vais à Lyon, mais Nord-est quoi, j’ai jamais dépassé Disneyland Paris. Je ne sais pas pourquoi.

C’est presque Moscou là du coup.

Joseph : Bah un peu ouais, j’ai un peu froid, je ne suis pas très très à l’aise. (rires)

Ça vous inspire quoi Strasbourg, y a des clichés sur la ville?

Joseph : La saucisse, la purée, la choucroute…

La quoi? La purée?

Joseph: Bah oui il y a pas de purée ici?

Pas plus qu’ailleurs.

Joseph: Si il y a de la saucisse, il y a de la purée non?

Balthazar: Les bretzels non? Les cigognes

Joseph : Et y a pas des gens qui chantent en faisant Aï oï Aï?

L’ingé son : Le pinard, le pinard à mort

Joseph : Puis les chants traditionnels oyouhou!

Un rituel avant d’entrer sur scène?

Joseph : Faire deux, trois petites crises d’angoisse déjà (rires). On a fait un foot la dernière fois, du coup on était déchaînés, on est entrés sur scène, genre limite on a tapé dans le ballon et on est entrés sur scène du coup on était vraiment focus.

Balthazar : Totalement décomplexés.

Si vous pouviez organiser votre festival idéal vous le feriez où, avec qui?

Balthazar : Y’aurait tous nos potes déjà. A Paris très probablement.

Joseph : Je suis allé à « We Love Green » l’année dernière, et je me suis dit que c’était vraiment, vraiment cool. Bon un peu trop hipster à mon goût genre baraque à frites à 15 euros le homard ou je sais pas quoi. Mais c’était une bonne programmation, une bonne scène, du bon son, je ne connaissais pas avant et j’ai bien kiffé. Après je suis pas hyper bien calé en festival. Tu loues un jardin, tu poses une scène, tu fais venir tes potes et voilà.

Après c’est votre festival idéal, il n’est pas obligé de ressembler à un truc qui existe déjà, vous faites absolument ce que vous voulez.

Joseph : Faut trouver un truc stylé. Genre un truc sur un radeau ! un truc qui flotte.

Balthazar : On va sur l’île du « Fire Festival » pour rattraper le fiasco de Ja Rule.

Joseph : En fait non, il ne faut pas qu’il y ait de l’eau sinon tout le monde va se noyer mec. Dans le désert les gens ils vont mourir de chaud comme fire man ou je sais pas quoi

Burning man (rires).

Joseph : En montagne! Mais il fait froid…

Balthazar : Genre Chambéry, t’as de la fondue , c’est bon ça !

Joseph : Ouais mais il fait nuit tôt!

Balthazar : Mais c’est bon ça, la nuit, le monde de la night les concerts la nuit c’est cool.

Joseph : Ouais remarque, les scènes extérieures en montagne les artistes viennent tous en doudoune, c’est un truc original, qui peut-être cool. Alors oui on le fait au ski !

Vos projets pour la suite?

Balthazar : On prévoit de sortir un morceau dès la semaine prochaine avec son clip… On va en sortir les uns après les autres et on prévoit un album par la suite, qui est en cours de finition, de création, d’élaboration.

>> Propos recueillis par Emma Schneider <<

Merci à Balthazar et Joseph de Sein, à toute leur équipe et au Graffalgar pour leur accueil.

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