Bartenders, DJ, serveurs, cuisiniers, plongeurs, physio, pompiers, danseurs…ils se réveillent quand vous sortez du boulot, rejoindre cette incroyable machine qu’est la nuit, et quand vient l’aube ils rejoignent leurs lits. Ils enfilent leurs tabliers, leurs uniformes, quand vous boutonnez vos chemises et fermez vos escarpins, ils sont les acteurs de vos gueules de bois de demain.

Pour ce troisième portrait, j’ai rencontré Eric, employé de bar aux 12 Apôtres, et concepteur rédacteur en freelance. 

Salut Eric, peux te présenter en quelques mots et nous dire comment tu t’es retrouvé à Strasbourg ?

Yes, en fait je suis originaire du Haut Rhin et j’ai débarqué à Strasbourg en 2011. Je suis venu pour des études de sciences politiques à la base, que j’ai poursuivi jusqu’en M1, puis chemin faisant, et parce que je me sentais bien dans la ville, j’ai décidé de rester.

Qu’est ce qu’il s’est passé après ton M1?

J’ai bossé en tant qu’assistant d’éducation avant de reprendre un Master 1 en marketing et communication. Par la suite, j’ai eu quelques expériences dans ce domaine, et j’en ai profité pour me bouger et intégrer quelques asso locales, notamment Longevity.

Aujourd’hui, tu travailles en tant qu’employé de bar Aux 12 apôtres, un changement de vocation ?

Non, pas vraiment. Je fais ce boulot pour payer les factures, et par ce que ça me plaît. J’aime ce contact d’un côté à l’autre du bar,  la relation avec la clientèle. En parallèle, j’ai monté mon auto-entreprise depuis peu, dans le secteur de la conception-rédaction. Je concilie ainsi travail et plaisir, sur deux activités très différentes. Dés que je passe la porte du bar, je me mets dans la peau de mon personnage. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire, c’est comme un jeu pour moi.

Selon toi, quelles sont  les compétences requises pour faire ce métier ?

L’aisance sociale, avoir un bon feeling avec les clients est essentiel. Il faut de la dextérité, être rapide et efficace et avoir une bonne mémoire. J’ai pour ma part la chance d’être assez physionomiste, du coup avec le temps je connais les clients, je sais ce qu’ils vont prendre avant même qu’ils ne le formulent, ainsi ils se sentent un peu comme à la maison.

Quelles sont les taches que tu dois effectuer lors d’une journée classique ?

Je suis chargé d’accueillir le client tout d’abord, je suis la première personne qu’il voit quand il rentre dans le bar. Ensuite, il y a la prise de commande, puis la préparation des boissons, chaudes et froides, des cocktails. La gestion et le rangement des stocks, puis bien sur le service. En cas de besoin, je sors de derrière le bar pour filer un coup de main en salle. En fait, il faut être attentif à ce qu’il se passe, de sorte à ce que le client soit toujours satisfait, il faut qu’il soit servit vite, et bien.

Justement, c’est quoi la clientèle Aux 12  Apôtres ?

L’éventail est assez large, il y a des habitués de l’ancienne formule, au départ assez dubitatifs lors de la reprise récente : ils avaient leurs habitudes et craignaient qu’on les bouscule. Au final, la plupart ont accroché au nouveau concept. Après, il y a les copains qui sont là souvent, et c’est toujours un plaisir. C’est sur que quand je viens de cleaner le bar à 23h et qu’une bande de 15 potes débarquent déterminé à se la foutre, ça fait toujours son effet, mais ça fait parti du jeu et au moins, ça anime la fin de service. On a aussi une clientèle de passage, des touristes, des strasbourgeois qu’on essaie d’accueillir au mieux et de fidéliser. 

Le bar est dans la rue Mercière, c’est une des rues, voir la rue la plus touristique de Strasbourg, comment vous vous placez par rapport à ça ?

Justement, on essaie de faire redécouvrir cette rue aux strasbourgeois qui n’avaient pas forcément le réflexe de la fréquenter. En terme de carte, on essaie de travailler des produits de saisons, d’avoir une cuisine régionale. Avant il y avait uniquement de la bière, même pas de café. Maintenant, la directrice est sommelière, elle a ainsi pu ajouter cette plus-value au niveau du vin. De notre coté, on propose des happy hour, des formules de groupe, une carte fraîche et accessible avec des cocktails actuels, tout en restant sur l’esprit des 12 Apôtres, avec un large choix de bières pressions et bouteilles, et un cadre authentique. 

Tu te projettes dans ce métier aujourd’hui ?

Non, cependant, c’est un bon équilibre actuellement : ça me permet de garder un contact avec les gens, ce qui n’est pas toujours le cas dans mon autre boulot où je suis face à mon ordinateur et ou je travaille depuis chez moi.

La dernière fois, on faisait le portait de Jules, mixologue-barman au code bar. Qu’est ce qui vous différencie selon toi ?

Ce n’est vraiment pas le même métier, tout nous différencie. Tu vois, un créatif et un exécutant dans la pub ? et bien c’est la même chose ici. Jules est vraiment sur la créa de cocktails, il doit s’adapter à son client, lui proposer une boisson personnalisée, alors que moi je ne fais qu’appliquer une formule et reproduire des basiques. Simple, basique. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le boulot que font les mixologues, ça demande une connaissance incroyable des produits et des techniques de bar.

Tu as des projets pour le futur ?

Développer mon activité en freelance, du mieux possible, et me perfectionner dans toutes mes activités. Pourquoi pas un jour monter un truc avec tous les potes aussi, on a tous plein de compétences dans différents domaines et beaucoup d’ambitions, ça serait incroyable de réussi à mutualiser tout ça. 

Qu’est ce que tu penses des nuits strasbourgeoise ?

Il y a eu une évolution incontestable ces dernières années. Entre le moment où je suis arrivé et aujourd’hui, il s’est passé beaucoup de choses. J’ai essayé d’y mettre mon grain de sel aussi. Quand tu vois que pleins de choses cool se déroulent autour de toi, t’as envie d’en être, par ce que le projet en jette et sollicite ton interêt. Quand on est au coeur de la création d’un projet, le voir naître, et vivre la soirée ou le festival pour lequel on a bossé, c’est vraiment un kiff unique. La vie nocturne à Strasbourg est dynamique, j’ai pas vraiment vécu dans d’autres villes alors je peux pas comparer, mais je pense qu’on a pas à le faire, on fait notre truc, et ça se développe à bon rythme. A Strasbourg, on a notre identité, on est reconnu pour cela et l’offre se stabilise peu à peu. Chacune des asso et structures en place savent ou elles veulent aller, il se passe plein de choses partout, et c’est tout ce qui compte à mes yeux. 

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