Chez Pokaa, on aime vous faire visiter Strasbourg et ses alentours, de préférence d’une façon originale ou marrante. Après la ligne 50 en 2024, on tente cette fois la C1, de Lingolsheim à la Robertsau. Avec, sur le chemin, plusieurs surprises de taille… Allez, en route !
Tout a commencé par un coup d’oeil à la carte tentaculaire des lignes de bus de Strasbourg. Parmi plus de 40 itinéraires proposés par la CTS, laquelle nous permettrait de visiter le plus d’endroits inédits tout en passant par le centre-ville ?
La C1 nous est apparue comme l’une des plus prometteuses : elle s’étend du nord-est, depuis la Robertsau, jusqu’au sud-ouest, dans une commune voisine de Strasbourg, Lingolsheim. En tout, 37 arrêts répartis d’un bout à l’autre de notre ville préférée, en passant à la fois par des coins urbains qu’on a un peu tendance à oublier comme le Conseil des XV et par des zones a priori plus vertes, quasiment rurales… Voilà pour le programme. On a choisi de commencer par le côté qui nous intrigue le plus, sans jamais marcher plus que 10 minutes depuis chaque arrêt.
De Lingolsheim Alouettes à Kastler : la balade des étangs secrets
En attendant le bus, on jette un regard circulaire autour de la station de départ de la ligne C1 : d’un côté, les barres d’immeubles de la cité de Lingolsheim, de l’autre, quelques bureaux puis le bâtiment du conseil départemental du Bas-Rhin. Rien de bien excitant, à première vue.
Pourtant, notre ami Google Maps nous oblige à fouiller un peu : il y aurait deux étendues d’eau dans le secteur.
On traverse la rue d’Ostwald. Un portail vert, solidement cadenassé, nous empêche de poursuivre. On se faufile alors derrière un grillage, sur un petit sentier visiblement emprunté par d’autres promeneurs curieux.
Nous ne sommes pourtant pas sur un terrain privé, puisque très vite apparaît une vieille pancarte : « Ville de Lingolsheim, plan d’eau Schott », avec simplement plusieurs interdictions, dont celle de se baigner ou de pêcher. Un peu plus loin, un joli étang s’offre à nous, avec même une petite plage de galets de l’autre côté.
L’étang Schott n’est pas le seul du secteur. Il y a l’étang Bohrie, que l’on n’a pas visité car un poil trop loin de l’arrêt Alouettes (mais recommandé par un habitant croisé sur la route), et l’étang Zimmer, plus petit que Schott mais mieux aménagé et apparemment plus fréquenté par les sportifs/ves du quartier.
Il se trouve en face de l’arrêt Kastler, le troisième de la ligne. Pas du tout indiqué lui non plus, il faut emprunter un petit sentier qui se trouve de l’autre côté de la rue Alfred-Kastler, pour rejoindre le « parcours sportif de la Ville de Lingolsheim ». L’eau nous a cependant semblé moins cristalline et profonde que notre première découverte de la journée.
On poursuit notre balade en pénétrant cette fois au coeur de la ville de Lingolsheim, aux arrêts Lingolsheim Mairie, Lingolsheim Centre et Cité Russi. Les abords de la rue du Maréchal-Foch n’ont malheureusement pas grand intérêt, la ville étant essentiellement résidentielle à cet endroit.
En revanche, si vous avez un petit creux après les balades sportives du début de parcours, et que vous aimez l’audace et l’originalité culinaire, on vous recommande un arrêt au restaurant laotien Seun Sèp, où se retrouvent à midi les salarié(e)s des entreprises du secteur. Vous pourrez y goûter la traditionnelle salade de papaye laotienne. Attention aux palais sensibles, c’est piquant, mais très savoureux.
Le bus C1 – encore relativement vide à ce stade – sort ensuite du centre-ville de « Lingo » pour rejoindre très vite la frontière avec Strasbourg. C’est finalement juste avant la pancarte indiquant « Strasbourg », donc à la sortie de la commune de Lingolsheim, à l’arrêt Prés, qu’on peut observer plusieurs jolies maisons à colombages. On a ensuite l’entrée du parc des Tanneries.
Des tanneries modernisées à une mare aux grenouilles
Pourquoi « Tanneries », alors qu’on n’aperçoit là qu’une succession de bureaux à l’architecture moderne ? C’est que Lingolsheim fut, aux XIXe et XXe siècles, particulièrement connue pour ses activités de tannerie, notamment avec l’usine Adler-Oppenheimer, l’une des plus grandes d’Europe, qui contribua « grandement à l’essor démographique et économique de la ville », comme l’indique le site de l’office du tourisme de l’Eurométropole.
Les sites historiques ne sont malheureusement plus visibles, en tout cas pas depuis les arrêts de la ligne C1. Rien de bien fou à voir donc aux arrêts Tanneries et Molkenbronn, à moins que vous ne vouliez aller prendre le pouls de ce quartier au café-brasserie Au Molken, où gravitent les ancien(ne)s et les nouveaux/lles résident(e)s. Si ce n’est pas le cas, arrêtez-vous en revanche place d’Ostwald : c’est le départ d’une assez longue balade qui vous mènera à la mare aux grenouilles.
C’est une petite entorse à notre règle des 10 minutes autour des arrêts, mais cette mention d’une « mare aux grenouilles » sur Google Maps nous intriguait trop pour qu’on n’y fasse pas un tour. Et on a bien fait.
Attention, rien de bien spectaculaire ou photogénique ici. Vous aurez plutôt droit à une expérience quasi-méditative, assez rare en pleine ville. Après cinq minutes de marche sur un sentier de promenade, on tombe sur deux mares un peu tristes.
Mais on vous invite à vous y poser au moins 10 minutes, et surtout à écouter le paysage sonore : de loin, on entend les concerts de croassement. On s’approche, puis, plus rien. Les grenouilles et tous les autres animaux se sont tus. On se demande alors si on n’a pas rêvé. Mais non : vous verrez qu’à chaque pas, des grenouilles surgiront de la tourbe. Et si vous attendez le retour du silence, le concert reprendra.
Un moment de connexion avec la nature que Pokaa vous recommande chaudement, même si vous n’êtes pas batrachologue (spécialiste des batraciens).
De la Bruche à la grande mosquée de Strasbourg
On retrouve le bus C1, place d’Ostwald. Aux arrêts Gliesberg, mais surtout Bruche, il faut aussi s’attarder si vous êtes un(e) amoureux/se de la nature. De nombreuses balades existent sur les bords de la Bruche et du canal de la Bruche. Au printemps et en été, des familles viennent se prélasser sur l’herbe, à l’ombre des nombreux chênes et platanes qui agrémentent les rives de part et d’autre du cours d’eau.
Nous avons même fait la rencontre d’un pêcheur amateur, Christian, 83 ans, qui nous a raconté quelques anecdotes et souvenirs personnels « du temps où il n’y avait pas de routes carrossables ici ».
On arrive ensuite à la Montagne Verte et on se rapproche du centre-ville. Avant de passer aux quartiers plus connus des Strasbourgeois(es), une dernière descente est nécessaire à l’arrêt Lycée-Pasteur, au moment où le bus se remplit à ras bord. À gauche, les bâtiments de l’hôpital civil, dans lesquels on peut visiter la cave historique des hospices de Strasbourg.
À droite, on aperçoit la grande mosquée de Strasbourg. Construit entre 2007 et 2009, le bâtiment forme une sorte de fleur, symbole d’ouverture et d’élan vers le ciel. Il est possible de la visiter en dehors des heures de prière.
N’hésitez pas à rejoindre les prochains arrêts à pied s’il fait beau, car la promenade le long du canal du Rhône au Rhin vaut le coup. Les berges enherbées sont souvent prises d’assaut par les Strasbourgeois(es) quand il fait beau et chaud.
On termine avec le Conseil des XV et l'église orthodoxe
On passe ensuite par le quartier de l’Esplanade, bien connu des Strasbourgeois(es), pour se retrouver à l’autre bout de la ligne C1, et bientôt au terminus. Aux arrêts Ypres, puis Conseil des XV, nous sommes dans les rues parmi les plus cossues de Strasbourg, à commencer par celles encadrant la place du Conseil-des-XV.
Il y a bien sûr le magnifique parc de l’Orangerie un peu plus loin. Mais si on veut rester dans les perles un peu moins connues, on vous recommande de traverser la route et d’aller du côté de l’église orthodoxe russe, encore plus récente que la grande mosquée puisqu’elle a ouvert ses portes en 2018.
Le bâtiment, à l’esthétique chatoyante, mesure 41 mètres de haut, fait 30 mètres de long et possède un dôme de 10 mètres, surmonté d’une coupole dorée, selon le site Archi-Wiki. N’hésitez pas à pousser les portes : l’intérieur est certes moins impressionnant, mais les formes et l’architecture sont surprenantes.
Il ne reste que trois arrêts avant le terminus, Robertsau Lamproie. La ligne C1 s’arrête devant une rangée de maisons individuelles, à l’opposé du parking, des barres d’immeubles et des étangs sauvages de la première station. À 15 minutes de marche, vous pouvez terminer votre journée au parc et château de Pourtalès.
On est donc passé d’un monde à l’autre – c’est le propre du voyage – et tout ça, seulement en prenant le bus pour un billet à la journée : 4,60 €. En termes de voyage éco-responsable et de proximité, qui dit mieux ?


Ces endroits sont certe des havres de nature dommage qu ils ne soient pas respecté comme ils le méritent, après un week-end de beau temps l etang schott est devenu un véritable dépotoir vraiment dommage pour ceux qui aiment en profiter au quotidien