Le pub de la rue des Glacières à la Petite France a annoncé fermer ses portes le 1er juillet. La fin de trois ans d’aventure pour Philippe et ses deux fils, qui laissent derrière eux un bar dont l’âme perdurera encore longtemps.
« La fin d’une aventure. » C’est par ces mots que O’Brother a annoncé sa fermeture définitive, le 1er juillet dernier. Le pub convivial de la rue des Glacières met en effet un terme à son existence après 3 années remplies de Guinness, de gros burgers et de cocktails du moment, toujours prêts à emmener les Strasbourgeois(es) jusqu’à tard dans la soirée.
Un bar qui détonnait dans l’atmosphère feutrée de la Petite France, tout proche du barrage Vauban. Un bar qui avait su créer une véritable communauté de client(e)s, attiré(e)s par l’esprit du lieu incarné par Philippe et ses deux fils, Maël et Charlie. Un bar qui manquera à Strasbourg, avec sa borne d’arcade, son babyfoot et sa déco bigarrée.
L’envie d’autre chose
Au téléphone, Philippe explique que le bar a été vendu. Une décision prise notamment par contraintes économiques, entre les travaux qui ont touché le bar pendant deux ans [alors qu’ils auraient dû durer 5/6 mois selon l’ancien gérant, ndlr] mais également par un manque de fréquentation.
Une réalité liée à la baisse du pouvoir d’achat global et le fait que la consommation d’alcool, notamment chez les plus jeunes, recule. Surtout, ses fils ont voulu s’orienter vers de nouvelles aventures.
S’il est en paix avec la décision, Philippe ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour ses client(e)s : « On est triste de fermer tout de même, on a eu une clientèle formidable, le quartier est génial. Le bistrot tel qu’on l’a rêvé et tel qu’on l’a fait, c’était axé sur la convivialité. On s’est régalé et il y avait une âme ici. Les gens étaient bien reçus et ils nous l’ont vachement bien rendu. »
Un retour un jour ?
Le O’Brother désormais vendu, Philippe va d’abord prendre un peu de temps pour lui : « On va se poser un petit peu, parce que c’est un métier compliqué, je rends hommage aux gens qui font cette profession. Et après, on va réfléchir à la suite. »
Pour le lieu en lui-même, selon nos informations, cela restera un pub, dans un style bar-restauration. Changement de taille néanmoins : le nouveau propriétaire va refaire toute la déco.
On était honoré que les gens viennent chez nous, c’est ce qui a fait son succès.
Si le O’Brother n’est plus, son état d’esprit restera : un endroit à la cool, détendu, où on pouvait toujours venir manger un gros burger, savourer une bonne pinte ou se prendre un peu la tête avec ses potes pour savoir qui est le meilleur au baby.
Et peut-être qu’on retrouvera cette âme ailleurs, puisque Philippe n’exclut rien pour le futur : « Si on devait le refaire, on ne changerait pas grand-chose. On referait le même concept, sauf peut-être ailleurs. » Peut-être un jour. En attendant, farewell my friend.




Depuis des années, nombre de restos, bars, micro-brasseries, magasins de tous genres se sont installés à Strasbourg et ont ouvert leur porte à un public à la recherche de nouveautés. Hélas ! Beaucoup d’entre-eux ferment peu de temps après leur ouverture.
Pourquoi ?
Chaque propriétaire-gérant y va de son explication personnelle incriminant régulièrement le montant important des travaux engagés, les loyers élevés qui augmentent chaque année, les charges trop lourdes, le pouvoir d’achat des clients en baisse, tout ceci pèsent très lourd dans le budget de ces entreprises.
Mais toutes ces causes ne sont pas des impondérables apparus subitement par surprise mais des réalités économiques qui rythment la vie des entreprises depuis toujours.
Alors, pourquoi ces créateurs-euses tombent des nues dès lors que les difficultés financières mettent un frein à leur projet ?
Y-a-t-il un manque de réflexion, de préparation, d’étude de marché, un accompagnement et de conseil ddéfaillants de la part des banques ?
Avoir une idée, ou un concept, aussi génial et innovant que possible ne fait pas de nous un bon gestionnaire.
Gérer une entreprise même un petit établissement ne s’improvise pas , c’est un vrai métier qui s’apprend comme un autre , et tous les jours c’est une remise en question, des choix à faire, des décisions à prendre., il faut avoir des compétences et pas que des idées. Un excellent porteur de magnifique projet n’est pas un bon gestionnaire.
Je n’accuse ni accable tous ces merveilleux entrepreneurs qui ont pris des risques et se sont impliqués entièrement dans leur création, mais, en ces temps très durs où malgré tout on peut entreprendre énormément, ne faut-il pas savoir attendre, mieux étudier les situations, repousser sans nécessairement renoncer ?