L’AfD, parti d’extrême droite allemand dont les accointances avec les courants néo-nazis sont largement documentées, a refait parler de lui. Le week-end dernier, un responsable de sa branche dédiée à la jeunesse a fait part de son souhait de récupérer l’Alsace et la Moselle.
C’est une publication qui n’est pas passée inaperçue. Samedi 3 octobre, Luca Maurice Strauf, qui se fait appeler Helmut Strauf sur les réseaux sociaux, a publié une carte censée représenter « une Allemagne qui réunit l’intégralité du peuple allemand en un seul État ».
Sur la carte en question, l’Allemagne a absorbé l’Autriche, la Suisse alémanique, le Luxembourg, quelques territoires de la Belgique, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Roumanie, des Pays-Bas et du Danemark ainsi que… l’Alsace et une partie de la Moselle.
En réalité, la carte est en fait issue d’un article Wikipédia portant sur l’aire linguistique germanique.
C’est à l’occasion de la fête nationale allemande, jour de l’unité allemande, que le jeune responsable d’extrême droite nous gratifie de sa publication. Ce jour-là, le pays commémore la réunification de l’Allemagne, longtemps séparée en RDA et RFA.
Mais Strauf ne vit apparemment pas cette date comme la grande majorité de ses compatriotes. Il interprète davantage le jour de l’unité allemande de la façon suivante : « Aujourd’hui, nous commémorons une victoire d’étape menant à cet objectif. » L’objectif en question ? C’est la carte douteuse qu’il publie juste en dessous.
Après la réunification de 1990, il souhaite ainsi « réunifier » les territoires qu’il estime être habités par « le peuple allemand ». Et visiblement, il estime qu’on en fait partie. Allons bon.
Un post très rapidement supprimé
Si le post, publié sur X, a été rapidement supprimé par son auteur, un journaliste allemand du média Taz a tout de même eu le temps de prendre une capture d’écran.
Peut-être était-ce une boutade de la part de Strauf, ou bien une mauvaise interprétation collective ? L’article de Taz nous indique que l’auteur de la publication réfute avoir voulu appeler à l’annexion de territoires. Au lieu de cela, il plaide la simple volonté de mettre en avant « une histoire commune » et « un destin commun ». Tout va bien !
Sauf que ! Un autre membre de l’AfD s’était déjà fait épingler par Charlie Hebdo lorsqu’il avait posté une publication qui laissait entendre son souhait que « l’Alsace-Lorraine » revienne « en possession allemande ».
L’article de Taz nous rappelle que le même Strauf citait, en août dernier, un passage de l’hymne national allemand qui ne figure plus dans sa version officielle pour « son caractère nationaliste » et qui loue une Allemagne : « de la Meuse au Niémen, de l’Adige au Belt. ».
Le même média ajoute que le porte-parole de l’organisation de jeunesse de l’AfD a indiqué que la position défendue ici par Strauf ne « correspond ni à [leur] conception de la politique relative à l’histoire ni à [leur] vision de la Realpolitik ».
Du côté français, les publications outrées se sont multipliées sur les réseaux sociaux. On a pu voir plusieurs internautes s’inquiéter de telles insinuations à une période où l’AfD connait une percée spectaculaire en Allemagne et où nos voisins connaissent une augmentation de leur budget militaire. Quelques personnalités politiques locales ont également exprimé leur indignation.



