Cet après-midi, Strasbourg était noyée sous un flot de soutiens aux lycéen(ne)s et à leurs revendications. Pendant ce temps, à Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la libération de plages horaires à la fin de cette semaine pour permettre aux personnels des lycées « d’avoir un temps de démocratie interne au sein » de chaque établissement. On fait le point sur ce que ça implique.
C’est à l’Assemblée nationale que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé cet après-midi la libération de « temps » à la fin de cette semaine. « Dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée. »
La formulation est floue. Très floue. Si bien que chacun(e) l’interprète différemment.
Beaucoup relaient, sur les réseaux sociaux, une suspension des cours intégrale jusqu’à la fin de la semaine. D’autres comprennent plutôt l’obligation, pour chaque établissement, de banaliser une demi-journée dédiée à ce « temps de démocratie interne » avant la fin de la semaine.
Les personnels pas au courant
Lorsqu’on interroge des agent(e)s strasbourgeois(es) de l’Éducation nationale, c’est aussi le flou complet. Du côté du rectorat, un cadre soupire : « C’est toujours un peu comme ça, il y a l’annonce nationale, puis ensuite ils donnent des consignes. »
Une cadre d’un établissement n’était pas au courant de la nouvelle lorsqu’on lui a posé la question : « Ça veut dire quoi ‘temps de démocratie interne’ ? C’est un nouveau terme de l’Éducation nationale, ça ! »
Du côté du rectorat, on nous confirme cependant être au travail. « On devrait avoir davantage d’informations bientôt. » Dans un établissement strasbourgeois, on évoque une visioconférence qui se serait tenue aujourd’hui entre les chef(fe)s d’établissement et le recteur, et qui aurait mentionné la possibilité d’organiser des temps pour « traiter ces questions ».
Laurent Feisthauer, secrétaire académique de la CGT Educ’Action Alsace, est très perplexe : « Je viens de l’apprendre. Il y aurait un temps dédié pour le dialogue, avec des professeurs qui ne sont même pas au courant. »
Il reste très dubitatif sur les conditions d’organisation de ces temps de « démocratie interne » qu’il estime tout de même, s’ils ont lieu, être une « bonne chose » mais insuffisante : « Ça ressemble à de l’enfumage. Il y a le feu au lac. »
« Personne n’est au courant, donc pour la mise en œuvre ça va être coton » ironise le syndicaliste, qui pointe enfin la position inconfortable dans laquelle vont se trouver les proviseur(e)s en charge de l’organisation de ces temps : « Le bâti relève de la Région, les postes relèvent des moyens donnés par le ministère au rectorat, les proviseurs ont très peu de moyens d’action. »



