Le 11 juillet dernier, la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole, la Région Grand Est et le Groupe SNCF ont remis le projet de la gare à 360° sur les rails. Nouveau parking, quais routiers, modernisation de la gare et aménagements urbains : c’est tout le secteur qui va être bouleversé à l’horizon 2030-2032 dans une première phase, puis à l’horizon 2040-2045.
À Strasbourg, avec l’échec du tram Nord qui met l’avenir de son avant en pause, la future gare à 360° assure ses arrières. Alors que le parking à vélo géant et la promesse d’une gare sans voiture ont pour le moment déraillé, la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole, la Région Grand Est et le Groupe SNCF continuent de travailler sur l’ouverture de la gare vers l’arrière.
Le 11 juillet dernier, tous les partenaires se sont réunis afin de signer un nouvel avenant au protocole d’accord et d’études, afin de consolider le projet à court terme, soit à l’horizon 2030-2032. Une volonté de transformer en profondeur le secteur, alors que la gare de Strasbourg doit se préparer à accueillir 100 000 voyageurs/ses par jour d’ici 2030.
Parking, quais routiers et modernisation de la gare : le projet pour 2030-2032
Selon la Ville de Strasbourg, les premiers aménagements ont pour but de « ne plus faire de cet espace un quartier confidentiel, à l’abri des regards, mais de lui faire porter son rôle de pôle de gare ». Concrètement, ils se divisent en plusieurs catégories :
- la construction d’un parking en ouvrage, de 500 à 700 places,
- la création de quais routiers permettant la desserte de la gare par des cars interurbains et autres services de cars, qui ne passeront pas par le secteur des Halles,
- l’aménagement urbain du secteur des Wagenhaus, rue du Rempart, où se trouvent notamment le Wagon Souk et la Grenze,
- la modernisation de la gare existante et de ses accès avec l’aménagement d’un cheminement piéton via la rue Georges-Wodli et le long des voies ferrées, l’accessibilité tous modes au pôle d’échanges multimodal via la rue du Rempart et l’ouverture du tunnel des Postes.
À plus long terme, un franchissement de l’arrière vers l’avant gare
Si l’horizon 2030-2032 est le premier abordé quant au futur de la gare à 360°, son avenir est également prévu sur le très long terme. Cette deuxième étape se déroulera entre 2040 et 2045, et aura comme avancée majeure un franchissement de l’arrière vers l’avant gare.
En d’autres mots, l’arrière gare aura une nouvelle entrée à destination des voyageurs/ses à l’ouest donnant sur la rue du Rempart, créant ainsi une ouverture vers les quartiers ouest de Strasbourg. Trois hypothèses sont aujourd’hui sur la table et seront développées dans un temps ultérieur. Par ailleurs, cette deuxième étape intègrera le passage de 9 à 19/20 voies car la gare de Strasbourg est aujourd’hui saturée, ainsi que la réorganisation globale de l’arrière-gare et un nouveau parvis Ouest.
Quelles réactions politiques ?
Alors que la gare s’apprête à rentrer dans une nouvelle ère, les réactions politiques sont contrastées, selon que l’on se place dans la majorité ou l’opposition.
On a pu le voir lors du conseil municipal du 23 juin dernier, où Pierre Jakubowicz critiquait un « manque d’une vision globale pour l’arrière gare », tandis que Catherine Trautmann fustigeait un projet insuffisant, « très loin de ce qui avait été évoqué ». Si leurs membres n’ont pas tous pris part au vote, les groupes d’opposition se sont surtout abstenus, avec les voix de leurs chef(fe)s de groupe.
Côté majorité, on se félicite de « reconnecter les quartiers ouest au centre-ville » pour former « un carrefour du 21e siècle, qui relie au lieu d’enfermer », selon Floriane Varieras. Seule Hülliya Turan met en garde contre une possible gentrification du secteur, une crainte à laquelle répond Jeanne Barseghian, assurant vouloir garder les activités culturelles dans le secteur, avec La Grenze, Le Wagon Souk, La Semencerie et même La Laiterie. Une gare et son secteur qui vont radicalement changer de visage dans les années à venir.


