Alors qu’ils et elles sont plus de 60 000 à effectuer leur rentrée à Strasbourg, la situation économique des étudiant(e)s est de plus en plus précaire chaque année. Le baromètre de l’AFGES 2026 tire un bilan inquiétant des coûts de la vie étudiante, où le loyer représente toujours la plus grande dépense, alors que le manque de résidences étudiantes se fait sentir.
3 214,84 € : selon le baromètre annuel 2026 de l’AFGES, c’est en moyenne ce que devra débourser un étudiant strasbourgeois en première année de licence, sans coloc et non boursier, lors de son premier mois à l’université. Une somme qui monte même à 3 226,40 € pour les étudiantes strasbourgeoises, quand on y ajoute les dépenses dues aux règles. Et ce coût de la rentrée ne cesse de croître depuis le covid.
Si les frais de vie courante augmentent « seulement » de 0,80% pour monter à 1 129,30 €, c’est surtout les frais de rentrée qui s’accroissent de 4,19 %, pour grimper jusqu’à 2 085,54 €. Des réalités qui poussent l’AFGES à critiquer l’inaction du gouvernement : « Il est indispensable que les pouvoirs publics se saisissent de l’état alarmant de la précarité étudiante, souvent occultée dans les débats publics. »
Le logement, première source de dépense
Si les frais de vie courante restent globalement stables, le coût du logement dans le budget étudiant ne fait lui qu’augmenter. Estimé à 631 €, il est en augmentation de près de 9% et représente surtout plus de la moitié des dépenses de vie courante pour un(e) étudiant(e).
Une situation amplifiée par le manque de logements étudiants, malgré l’inauguration récente de la résidence universitaire Crous de la Somme, et l’ambition du projet en cours sur la place d’Islande.
52% des étudiant(e)s finissent avec moins de 200€ pour vivre après paiement du loyer.
Forcé(e)s de se tourner vers le parc privé pour se loger, une majorité d’étudiant(e)s doit faire face à des prix qui ne cessent d’augmenter, notamment pour les studios. Selon les derniers chiffres de LocService, le prix moyen d’un studio de 20 à 30 m2 à Strasbourg s’établit aujourd’hui à 562 €/mois, soit une augmentation de 7,5%. L’Observatoire des loyers du Bas-Rhin remarque quand à lui une augmentation de 1,5 à 2€/m2 en 6 ans sur les appartements 1 pièce.
Face à cette situation qui s’aggrave d’année en année, l’AFGES revendique notamment la construction massive de logements étudiants gérés par le Crous, la pérennisation de l’encadrement des loyers au niveau national et le retour de l’universalisation des APL avec une réforme de ces aides à la hausse.
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Les frais d’alimentation augmentent, alors qu’un(e) étudiant(e) sur cinq ne mange pas à sa faim
Deuxième poste de dépense, l’alimentation reste une vraie problématique pour les étudiant(e)s. Si les repas Crous à 1€ représentent une bouffée d’air frais pour beaucoup, une grande partie des étudiant(e)s doivent réduire leur budget alimentaire pour boucler leur fin de mois. Ainsi, en France, près d’un(e) étudiant(e) sur cinq ne mange pas à sa faim.
Il est inadmissible de banaliser le cliché de l’étudiant(e) survivant à base de pâtes et ne pouvant pas se nourrir dignement, pour étudier sereinement.
À Strasbourg, l’AFGES estime ce budget à 177,27 € par mois, qui augmente légèrement par rapport à l’an dernier. Pour faire face à ce problème, elle demande alors la pérennisation du repas Crous à 1€ pour toutes et tous avec 2 repas équilibrés et complets à 1 € par jour, soir et week-end compris, mais également l’accès à la restauration à tarification sociale sur l’ensemble des sites de formation.
Le reste des frais, avec une grande pression mise sur les étudiant(e)s extra-communautaires
Dans son baromètre 2026, l’AFGES dénonce également les frais supplémentaires illégaux, soit l’achat de livres, matériel, logiciels ou équipements, qui s’élèvent en moyenne à 214€, une augmentation de près de 40%. Des frais qui devraient être à la charge de l’établissement, qui peuvent vite se chiffrer à plusieurs centaines d’euros pour des étudiant(e)s en médecine par exemple.
Les politiques actuelles mettent à la porte de nos Universités les étudiant(e)s extra-communautaires qui sont déjà dans une précarité inacceptable.
Enfin, elle critique la pression financière mise sur les étudiant(e)s qui viennent de l’étranger. Ils et elles doivent s’acquitter en moyenne d’un coût de la rentrée de 7 011 €, avec des frais d’inscription en licence et en master qui ont été multipliés par 16 ! Par ailleurs, les APL ont été supprimées, le timbre fiscal pour la délivrance d’un titre de séjour étudiant a doublé, passant de 75 à 150 €, tandis que le seuil de ressources minimum a été rehaussé, de 615 à 877,5 €.
Pour y remédier, l’AFGES demande « un retrait immédiat de toutes les mesures dangereuses, xénophobes et incohérentes qui touchent les étudiant(e)s extra-communautaires » et l’accès aux bourses sur critères sociaux dès leur arrivée en France.



