La poterie de Betschorf, c’est une petite célébrité alsacienne, et ce depuis le 16e siècle. Technique inventée par un potier allemand originaire du Westerwald, elle est arrivée jusqu’à chez nous avant de marquer durablement notre culture. Pour la (re)découvrir, on est parti à la rencontre de Catherine Remmy, qui revisite et perpétue la tradition. Préparez vos mirettes !
La particularité de la poterie de Betschdorf ? Les créations sont essentiellement de couleur grise, et le grès, peint avec des motifs au bleu de cobalt, est salé en fin de cuisson, pour obtenir une réaction qui forme un vernis transparent et étanche.
Technique d’origine allemande, elle a perduré en Alsace. Pour la peine, on a rencontré Catherine Remmy, héritière de cette longue tradition. En effet, dans sa famille, on est potier/ère de génération en génération depuis 1594, rien que ça ! On vous montre.
Un héritage qui tient dans les mains
La poterie, c’est parmi les premiers souvenirs de Catherine. Celle qui travaille la terre depuis sa plus tendre enfance a tenté une carrière dans la photo, avant de revenir à ses premières amours. C’est pourquoi elle s’est installée en 2019 dans un atelier à la Basse-Cour des Miracles, au Port du Rhin.
Beurriers, vinaigriers, pots à lactofermentation, pots à faisselle, théières, boîtes de conserve, cruches, bouteilles, tasses… Dans son atelier, elle nous montre comment ses mains peuvent équiper toute une cuisine, grâce à la terre qu’elle va elle-même chercher.
« Mon but est d’avoir l’impact le plus faible possible au niveau environnemental. J’utilise de la matière locale, je récupère moi-même du grès, j’extrais de la terre brute à Betschdorf sans assistance mécanique. »
Quand la terre prend vie
Elle poursuit : « J’essaie de contrôler chaque étape de l’extraction à la production. C’est aussi ce qui donne ce côté organique à mes créations. La terre de Betschdorf est naturellement pyritée, c’est-à-dire qu’elle contient des petits morceaux noirs de sulfure de fer. »
Elle nous en fait la démonstration avec la théière qui surplombe son espace de travail. « On obtient des petits impacts aléatoires. C’est toute la poésie de la chose : chaque pièce vit d’elle-même, fait son propre chemin. »
Catherine choisit ensuite les différents motifs qui vont orner ses créations. « J’aime beaucoup réinterpréter les vieux décors, ou m’inspirer des bestiaires traditionnels alsaciens. Je puise dans ce qui a été produit, et le réinterprète à ma façon. »
On vous laisse découvrir le résultat. Pour en voir davantage, vous pouvez suivre Catherine sur Instagram en cliquant ici, ou par-là sur son site web !


