Coup de cœur dans les librairies strasbourgeoises, le premier livre de Lucie Mosca cartonne depuis sa sortie en avril 2026. Roman de science-fiction, Bordure met des étoiles dans les yeux des lecteurs/rices comme de son autrice. On vous emmène à la découverte de ce bouquin imaginé en Alsace et de son univers.
Si vous fréquentez régulièrement les librairies, vous l’avez peut-être déjà croisé au détour d’un rayon. Sorti au printemps, Bordure, c’est « l’histoire de lanceuses d’alerte », explique Lucie Mosca. Plus particulièrement celle d’une jeune vétérane, Shylot, et de son amie Kass, qui tentent de déjouer les machinations du gouvernement de leur planète, Concordia.
Vaisseaux, batailles, aventures épiques, action et espace : on y retrouve tous les codes du space opera sublimés par une plume précise, fluide et poétique. La particularité de Bordure réside dans le fait que l’intrigue ne se déroule pas pendant un conflit, mais après celui-ci. Un twist narratif qui permet à l’autrice de développer son univers tout en revisitant les codes du genre.
La SF à sa sauce
Recherche et spoliation des ressources, personnages féminins stéréotypés ou absents… Si les aventures intergalactiques du space opera sont passionnantes, pour Lucie, le genre reste encore trop souvent teinté de sexisme et d’impérialisme. « J’ai écrit Bordure par frustration de lectrice », explique-t-elle.
Le défi de la romancière était donc de taille : s’inscrire dans ce genre tout en se débarrassant de ce qui la dérangeait. Sa réponse au problème ? Situer la narration à la fin de la guerre et raconter des personnages cabossés, sans jamais glorifier le conflit. Dans Bordure, Lucie explore ainsi les dimensions psychologiques des personnages, notamment en parlant du syndrome de stress post-traumatique des ancien(ne)s combattant(e)s.
Une conquête féministe ?
Depuis quelques années, le milieu de la littérature de l’imaginaire voit augmenter son nombre d’autrices. Selon l’Observatoire des imaginaires, en 2017, elles représentaient 37% des personnes écrivant de l’imaginaire, contre 55% en 2024.
Exploration de la psyché, des affects, du corps, des liens entre les personnages… Lucie affirme : « On ne traite pas les histoires de la même manière que les auteurs. En tant qu’autrices, on aborde différemment les personnages, les thématiques… »
En parallèle de son métier d’autrice, Lucie Mosca est guide-conférencière et médiatrice culturelle à Strasbourg. Elle a grandi dans les années 1990. Élevée par sa mère aux côtés de son frère, dans un mode d’éducation non genré, Lucie s’exclame : « Ça fait partie de moi depuis toujours. »
Et la science-fiction, c’est le genre parfait pour détricoter les hiérarchies, pour bousculer les normes, pour s’interroger et imaginer des « futurs autres ». Bordure, « c’est un livre féministe sans que le féminisme ne soit le sujet principal ».
De la réalité au rêve
L’histoire de Lucie Mosca, c’est celle d’une femme passionnée (et passionnante), qui déborde d’énergie et de créativité. On a l’habitude d’entendre les auteurs/rices raconter que l’écriture fait partie de leur vie depuis toujours, Lucie, elle, ne rêvait pas d’en devenir une et ne s’est d’ailleurs mise à écrire que tardivement. « Je voulais raconter les histoires qu’il y avait dans ma tête. »
À l’époque, le dessin et la musique, qu’elle pratiquait jusque-là, ne la satisfont plus à 100%. Elle cherche alors un nouveau médium pour raconter ses histoires : ce sera l’écriture.
Passionnée par les mondes fictifs et regorgeant d’imagination, elle ressent le besoin de poser des mots pour raconter les univers qui débordent d’elle et donner vie aux personnages qui l’habitent.
Le premier roman auquel Lucie s’attelle, c’est Bordure. Pendant près de 5 ans, elle le (re)travaille, le corrige, l’affine et le soumet à différentes maisons d’édition. En attendant des réponses pour une potentielle publication, l’autrice explore des formats plus courts et se tourne, par exemple, vers la nouvelle. Et ça marche plutôt bien ! La nuit où le jour mourut est notamment publiée aux éditions 1115. « Ça m’a donné la niaque de continuer, de persévérer », s’exclame-t-elle.
En août 2025, la maison d’édition nantaise L’Atalante la contacte après avoir eu un coup de cœur pour son manuscrit. « C’était la maison d’édition de mes rêves », affirme Lucie. Après quelques mois supplémentaires de travail, Bordure pointe finalement le bout de son nez en librairie en avril 2026.
Un succès inespéré
« J’étais persuadée que Bordure ne plairait à personne », s’étonne Lucie, encore surprise de l’engouement autour de son premier livre. Pourtant, on peut dire que depuis son lancement, le livre cartonne !
À Strasbourg, les librairies Kléber, Quai des Brumes et Gutenberg le placent dans leurs coups de cœur. Dans les salons, Lucie rencontre les lecteurs/rices et réalise peu à peu : « Mon univers et mes personnages vivent dans la tête des gens. C’est incroyable. » Et sur les réseaux sociaux, elle est également contactée par des personnes qui ont aimé le roman ou qui veulent discuter du livre. « J’ai eu du mal à réaliser que c’était concret. »
Lauréate du festival Faërix en 2023, nominée pour le prix Utopiales 2026, ce n’est que le début d’une grande histoire de littérature pour Lucie Mosca, qui travaille d’ores et déjà sur son prochain roman !
Si vous aimez l’aventure, la SF et les lectures rafraîchissantes, on vous invite à aller découvrir Bordure par vous-même (émotions garanties) ! Et pour suivre les aventures de Lucie Mosca, c’est par ici, sur Instagram !


